28-07-2015 21:00 - Rosso : Le mirage de la nouvelle ville
L'Authentique - La ville de Rosso offre aujourd’hui aux visiteurs le visage d’une ville qui lutte pour sa survie. Ville frontalière avec le Sénégal, Rosso n’est plus le plus important point de transit du pays dans le fret et le transport des passagers. La ville a perdu de son entrain, depuis les évènements d’avril 89.
Jamais en effet, elle ne s’est remise de cette époque. Connue après l’indépendance du pays pour être le plus important carrefour d’échanges commerciaux, culturels et sociaux entre le Sénégal et la Mauritanie, Rosso se meurt à présent à petits feux.
Certes, cet aspect de la perte de vitesse de la ville de Rosso est dû à l’émergence d’autres axes de contact et d’échanges tels la route de l’espoir et l’axe Nouakchott- Maroc mais il est rendu plus complexe aujourd’hui par les crises intermittentes du transport entre la Mauritanie et le Sénégal.
La dernière en date a conduit les autorités de Nouakchott à demander aux camionneurs sénégalais à ne plus " dépasser la frontière " et à laisser le soin à leurs homologues mauritaniens d’acheminer la cargaison jusqu’à la Capitale. Bien évidemment, la réciproque est appliquée de l’autre côté de la rive.
Mais Rosso n’a pas été seulement un site commercial. La ville a marqué de ses empreintes l’histoire des sports et de la culture dans le pays. Grenier du sport national, Rosso a donné au pays des générations de footballeurs, de basketteurs, de volleyeurs et d’athlètes de renom.
Tahara, Hamza pour le foot, Feu Tatoum, Gaye pour le Basket, Salem, Sidi, pour le volley, Dieng pour l’athlétisme… voilà , entre autres, des noms qui ont marqué l’histoire sportive du pays. A côté, on peut citer la troupe des Sbeyniyatt, les groupes de Sabar de Escale, les clubs de jeunes qui savaient animer la légendaire salle de la maison des jeunes de la ville. Tout cela, relève aujourd’hui du passé, révolu à jamais.
Si Rosso n’a pu conserver son statut privilégié de ville commerçante et de centre d’attractions, elle peine également à devenir un pôle de production agricole. Les milliards de capitaux publics et privés investis depuis le milieu des années 80 du siècle dernier n’ont pas réussi à stopper la lente dégénérescence de la vie économique dans cette ville sur laquelle s’abattent aussi, de temps en temps, les catastrophes naturelles.
Renaissance
Il faut reconnaître que malgré tout, Rosso essaie de revivre et surtout de lutter pour redevenir la ville phare du sud du pays. Depuis près de cinq ans, des chantiers naissent au quatre coins de la ville. Dans le centre ville comme dans ses périphéries, des aménagements ont été réalisés (terrassement, traçage des voies urbaines, réseaux d’eau et d’électricité…) Les nouvelles infrastructures créent de nouvelles conditions urbanistiques assez intéressantes.
Le nouveau plan d’urbanisme de la ville de Rosso est conçu comme un programme d’habitat social à l’image de ce qui a été réalisé à Nouakchott et à Nouadhibou. Au même moment, les aménagements agricoles sont de plus en plus nombreux et tendent à imposer l’agriculture comme la future grande activité de la ville.
Parent pauvre de cette résurrection : le sport et la culture. L’unique stade de la ville est en train de s’écrouler ; et le projet d’installation, par la FIFA, sur les lieux d’un gazon synthétique n’est plus. L’opération a été retirée de la ville pour être transférée à Zoueratt.
Seule explication : la Fédération mauritanienne de football, maitre d’ouvrage, ne voyait plus d’intérêt dans la réhabilitation de l’infrastructure cible. Même son de cloche au niveau de la Maison des jeunes dont on dit que le bâtiment qui l‘abrite pourrait être affecté à d’autres tâches.
Ahmed. B
