31-07-2015 07:00 - Carnet de voyage (suite) : Le département de Podor [PhotoReportage]
La région de Saint-Louis fait 19.000 kilomètres carrés, dont les deux tiers se trouvent dans le département de Podor, soit 13.000 km2. Dagana et Saint-Louis se partageant les six kilomètres carrés. C’est le département le plus septentrional du nord du Sénégal, il se situe au juste milieu entre la région de Matam (200 kms et la ville de Saint-Louis située à aussi à 200 kilomètres).
Cette position géographique lui a toujours conféré un statut bien particulier pour abriter tout ce qui concerne les régions de St-Louis et de Matam.
Navigable en toute saison, le département de Podor est aussi le grenier nord du pays car il recèle à lui seul 58% du quota sénégalais des barrages de Diama et Manantali de l’Organisation de la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal –OMVS-.
En plus du fleuve Sénégal, il est traversé par quatre marigots : le Doué, le Gayo, le Ngalenka et le Bourbodjia.
On y trouve quatre arrondissements : Thillé-Boubacar, Gamadji-Saré, Cas-cas et Saldé. C’est le département qui a vu naître Cheikh Oumar Tall Al Foutiyou.
Podor-comme est une ville bien urbanisée avec des rues rectilignes et asphaltée, elle abrite un fort construit par Louis Faidherbe en 1854, de grandes sommités sénégalaises y ont enseigné, à l’image de Lamine Gueye, premier président de l’Assemblée Nationale du Sénégal, Médoune Fall ancien Ministre, Iba Der Thiam et son premier maire, feu Boubou Sall.
La commune de Podor est présentement dirigée par la députée socialiste Me Aïssata Tall Sall, figure de proue de la nouvelle génération de leaders politiques qui hantent le sommeil du président sénégalais Macky Sall. Son aura est incontestable. Cridem l’a rencontré sur le sujet de la cohabitation entre les habitants de Lexeiba II, village tributaire de Podor en tout.
Elle s’insurge sur la dime que verse les sénégalais à la police mauritanienne pour rentrer chez eux et ne partage pas le point de vue des autorités préfectorales de son département sur le cas, car estime-elle « en présence du Préfet, nous en avons débattu en conseil municipal, c’est un problème récurrent.
A plusieurs reprises, nos populations, en tout cas celles qui sont ressortissantes de la commune de Podor ont attiré notre attention sur le fait qu’on leur faisait payer une somme forfaitaire de mille francs par personne et par traversée.
Nous avons voulu savoir quel est le fondement de cette demande, parce que quand la personne paie son droit de traverser à la pirogue, quand elle paie ses droits de traverser que nous, nous encaissons via le trésor public, il n’y a plus d’autres charges.
Nous ne comprenons pas cette somme forfaitaire qui est mise sur la tête de chaque personne qui traverse. Maintenant nous avons posé ce problème au niveau du conseil municipal et je crois que si ma mémoire est bonne c’était à l’occasion de notre examen budgétaire, c’était à le vote de notre budget 2915.
Les conseillers municipaux ont été interpellés par les populations et ont relayé cette interpellation au préfet du département qui était là et qui assistait à cette séance en tant qu’autorité administrative, nous l’avons saisi.
Lui-même ne semblait être au courant de ce problème-là . » L’édile de Podor de poursuivre, « au moment où je parle, j’ai initié une correspondance officielle à monsieur le préfet, puisqu’on nous dit que c’est la police qui encaisserait cette somme, sans pour autant délivrer de quittance, nous voulons connaitre le fondement légal de cette demande-là . Et s’il n’y a pas de fondement légal, faire cesser cette pratique-là ».
Selon toujours Me Tall, « Il n’y a pas de raison que les populations des deux pays payent le droit de traversée qui revient aux différentes communes riveraines et qu’on leur propose un surcoût indu, parce que illégal, çà , on ne saurait le tolérer parce que nous aussi ici pour l’intérêt des populations, et croyez-moi, en tant que maire Podor, cette question, j’en fais mon affaire pour que le trouble cesse, car c’est un véritable trouble au niveau de la frontière de deux pays condamnés à vivre ensemble ».
Le député maire est très au fait de la pratique du racket sur les berges du fleuve Sénégal, et compte faire servir d’exemple pour combattre le crime financier le long des rives. « Je vais sensibiliser tous mes collègues maires de la vallée, afin de prendre à bras le corps cette question-là » a-t-elle conclu.
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