08-08-2015 07:00 - Petit crachat du ciel :Nouakchott sous les eaux

Petit crachat du ciel :Nouakchott sous les eaux

L'Authentique - Décidément la ville de Nouakchott est allergique à la pluie. Il a suffi d’un petit crachattombé dans la soirée de samedi dernier du ciel pour que la ville soit paralysée au grand malheur de ses populations.

La ville de Nouakchott a connu la nuit du samedi à dimanche son premier crachat : une fine pluie est tombée du ciel qui a toutefois perturbé la cité. Dans les rues le train de vie des Nouakchottois a vite changé.

Ce n’était pourtant, selon les services de la Météo que 16 mm ! Cela a en tout cas suffi pour étouffer la capitale ! Que ça soit les piétons ou les hommes au volant des voitures, tout le tout le monde devait se frayer un chemin à travers les marées boueuses des rues, pour se déplacer.

Partout, les rues sont impraticables. La situation est ainsi la même à El Mina Sebkha, Tevragh Zeina, Socogim PS ; Socogim plage, mais aussi, une fois n’est pas coutume, dans à Arafat et Ryadh, des quartiers qui avaient toujours été épargnés des eaux de pluies.

Le pire, est que dans les quartiers relativement bas par rapport au niveau de la mer, les eaux de pluies se sont mélangées aux eaux stagnantes qui envahissent désormais les maisons.

Triste image que celle que donnent ces familles entières à Sebkha, El Mina ou à la Socogim Baghdad qui la nuit entière, alors que la pluie battait, elles ont affronté les eaux, usant de seaux voire d’ustensiles de cuisine aux fins de dégager les eaux qui avaient commencé à envahir leurs chambres.

Il a fallu ainsi veiller jusqu’aux premières heures de l’aube, pour sauver ce qui pouvait l’être. Toutefois, avec le très timide lever du soleil, le sommeil n’était pourtant pas permis : il fallait rincer les habits mouillés, tenter de sauver les documents qui se trouvaient dans les valises, sécher les tapis et les matelas, et finalement créer de petites diguettes pour se protéger de l’écoulement des eaux.

Dehors, la situation n’était pas meilleure : les eaux de pluies, mélangées au sol argileux, avaient envahi routes et trottoirs. Partout des flaques s’étaient formées sur des monticules de déchets, des cadavres d’animaux et des eaux souillées, le tout dégageant une odeur pestilentielle et de pourrissement.

Dimanche est ainsi restée une journée de calvaire pour les populations de Nouakchott laissées seules face aux eaux de pluies. La journée durant, les services de la SNDE sont restés au chapitre des abonnés absents, ceux de l’office national de l’assainissement aussi, dont les motos pompes sont restés muets. Mais pouvaient-ils fonctionner quand on sait que plus de la moitié de la ville a subi des délestages ?

Malaise Si le centre-ville comme les quartiers périphériques ont été asphyxiés la journée durant, c’était pire dans les marchés de la ville. A El Mina, le fameux marché « Euf » qui doit son nom de l’odeur suffocante qu’il dégage, l’atmosphère était répugnante : les eaux de pluies se sont ajoutées aux eaux stagnantes et aux restes pourris de poissons envahissant aussi bien le goudron que les aires des étals.

Commerçants et acheteurs s’étaient chaussés en sachets plastiques pour se déplacer. Et pour respirer, tous avaient opté pour des protées nez. Même cas de figure au marché marocain où l’odeur de fruits pourris, de crottes et de bouses envahissaient les airs.

Il faut dire que contrairement aux autres villes du pays, la ville de Nouakchott n’est pas préparée pour résister aux plies. En effet, rien n’a été fait à l’effet ; les dernières infrastructures routières ont certes permis de favoriser le trafic, mais leur impact sur la ville est vain. Et il le restera tant que des canalisations de conduites d’eau de pluies ne sont pas édifiées.

Cheikh Oumar NDiaye



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Commentaires (1)

  • Moutalli (H) 08/08/2015 22:19 X

    Vous voulez dire crachin peut-être!