25-08-2015 09:12 - Dans l’univers carcéral de Birama

Dans l’univers carcéral de Birama

Le véhicule de notre guide est sorti d’Aleg de son côté EST. Nous roulâmes sur la piste sinueuse d’un hameau avant de voir de loin une immense bâtisse ocre. Une forteresse perdue dans les prairies solitaires du Brakna, dans un monde de silence et d’immobilité.

Que dire de la canicule ambiante de son environnement ? Ici vivent des détenus de droit commun et des prévenus de la justice. Le leader abolitionniste Birama Dah ould Abeid et son compagnon Brahim Ould Bilal se trouvent dans cet univers. Guantanamo-Brakna, c’est le nom trouvé par notre confrère Thiam du Calame à ce lieu lugubre.

Après que le procureur Diallo, eût signé notre autorisation, les formalités de notre entrée ont un peu tiré en longueur par la faute d’un adjudant haratine dont le train train quotidien est la fouille et les questions. Cette étape franchie, un garde nous mène à travers la grande cour du pénitencier, il est grand comme un stade, en dehors du personnel de service, on y dénombre plus de 300 pensionnaires de droit commun qui se trouvent dans son bloc droit.

Nous retrouvions dans le hall du côté gauche les deux compères en pleine causerie avec des confrères. Nous eûmes droit à l’accolade amicale des deux ermites et d’une solide poignée de main avec les journalistes.

L’ambiance était joyeuse dans cet univers carcéral, malgré la présence de deux gardes, couchés à deux mètres de nous, l’oreille tendue. Ici toute conversation est écoutée et relayée à la hiérarchie. Autour d’un thé, les deux hommes n’en ont cure, ils étaient visiblement détendus et répondaient à toutes questions. C’est ici qu’ils ont affirmé qu’ils ne seront pas au tribunal, aux journalistes.

Sur les problèmes de famille, les deux hommes ne se plaignent pas. « Ma femme est à Aleg, elle était partie juste à Nouakchott pour accoucher, mais elle est de retour et loge chez des proches…j’ai vu mon dernier trois fois », confie le président de l’Ira.

Un infirmier fît son entrée avec une boite rectangulaire bleue et une seringue à la main, il salue tout le monde. Birama se leva et entra dans sa chambre avec lui, suivi d’un garde qui assiste à l’injection. Visiblement amaigri, le leader abolitionniste serait diabétique. Brahim Ould Bilal, la calvitie large, comme son sourire est lui au top, et comme son compagnon, lui aussi ne souffre de solitude.

« Je me suis marié très jeune, mes enfants sont grands et à l’université, ils prennent soin de leur mère, ils sont venus trois fois ici nous voir Birama et moi, s’il y a une chose que je regrette, c’est leur encadrement scolaire », souligne le professeur de philosophie.

Autre avantage pour nos bagnards, le régisseur de Guantanamo-brakna, est le cousin de Brahim ould Bilal, un homme d’une haute stature à la poigne solide. C’est dans cet univers où la forte chaleur bat tous les recors, que l’on veut abattre le moral de deux hommes. Peine perdue, ils sont comme le roseau qui plie mais sans jamais ne rompt.

ADN

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Commentaires (5)

  • lumiere (H) 25/08/2015 16:06 X

    "Je ne suis pas un raciste. Je suis contre toute forme de racisme et de ségrégation, toute forme de discrimination. Je crois en l'être humain, et que tous les êtres humains doivent être respectés en tant que telle, indépendamment de leur couleur." MALCOLM X

  • lumiere (H) 25/08/2015 16:04 X

    "Pouvoir dans la défense de la liberté est plus grande que le pouvoir en faveur de la tyrannie et l'oppression." -------------------------------------------------- ------------------------------ «La vérité se trouve du côté des opprimés." -------------------------------------------------- ------------------------------ "Vous ne pouvez pas séparer la paix de la liberté parce que personne ne peut être en paix à moins qu'il ait sa liberté." MALOCOLM X

  • lumiere (H) 25/08/2015 16:00 X

    "The price of freedom is death." MALCOLM X "Respect me, or put me to death." "I am neither a fanatic nor a dreamer. I am a black man who loves peace, and justice, and loves his people."

  • OULDOUMOU (H) 25/08/2015 12:38 X

    Nelson Mandela a vécu dans des conditions mille fois plus durs............ à coté Aleg c'est le club Med.........il y a un prix à payer pour tous, les haal-poular entoum vem.

  • KANTAKI (H) 25/08/2015 10:41 X

    En 2015, Biram et ses copains ont réussi à recréer une société esclavagiste autour du peuplement arabophone du pays et en excluant les négro africains du champ de leurs investigations. Et cela marche! LES journaux étrangers avides de ce type de scoops relaient et les "idées" et les infos sur les prétendus esclaves recensés. Où va Biram? IL 'arrivera pas à créer une tribu nommée hatatines, ni même recréer un peuple sur une base aussi maigre que peu crédible comme regroupement sociétal. Malcolm X est mort sans savoir pourquoi et seul les "leaders" aussi naïfs peuvent ignorer la réalité de leur combat et ses réelles motivations nourries du reste par l'Etranger.