18-10-2015 11:11 - Fièvre de la Vallée du Rift et fièvres diverses : Le gouvernement joue enfin à la transparence
L'Authentique - La malencontreuse politique de l’Autruche adoptée par les autorités mauritaniennes face à l’épidémie de fièvre a nourri la rumeur qui a brodé ses propres horreurs pour semer la panique non seulement au sein des populations, mais aussi au sein même du corps médical. Entre les centaines de cas de fièvre hivernale qui font déborder actuellement les centres de santé et les rares cas de fièvre dite de la Vallée du Rift qui aurait déjà fait huit morts, la peur continue de faire son chemin.
Selon l’Agence France Presse (AFP), citant l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la fièvre de la Vallée du Rift aurait déjà fait huit morts en Mauritanie depuis le mois de septembre dernier. Il s’agirait d’une maladie qui touche principalement les animaux et se transmet à l’homme par la piqûre d’insectes infectées.
En tout, ce seraient quelques 25 cas qui auraient été détectées par les services sanitaires mauritaniens, contraints aujourd’hui de jouer à la transparence, face à la vigilance de la population et de l’OMS qui veille au grain. Les responsables de l’organisation mondiale se sont félicités de « la forte mobilisation du gouvernement mauritanien pour la prise en charge des malades suspectés de la fièvre de la Vallée du Rift dans toutes les régions touchées ».
La fièvre de la Vallée du Rift aurait fait son apparition en 1931 dans une région du Kenya du même nom. En 2012, elle aurait déjà tué 17 personnes en Mauritanie. Selon l’OMS, elle transmise par des moustiques, et que dans la grande majorité des cas, l’infection se produit chez l’homme à la suite d’un seul contact direct ou indirect avec du sang ou des organes d’animaux contaminés. Aucun traitement contre elle n’est à ce jour homologué, mais des candidats vaccins seraient à l’étude, d’après l’OMS.
Une récente étude réalisée sur la base de l’apparition dramatique de la fièvre, note que des cas sont recensés dans TREIZE départements en Mauritanie. L’information serait contenue dans une lettre que les autorités sanitaires ont adressée à l’OMS et dans laquelle elles affirment que la fièvre de la Vallée du Rift serait présente à Djiguenni et à Timbédra au Hodh Charghi, à Aïoun et Tamcchakett au Hodh Gharbi, à Moudjéria et Tijikja au Tagant, à Kiffa en Assaba, à Maghta-Lahjar et à Aleg au Brakna, à Boutilimit au Trarza, à Nouadhibou, à Dar Naîm et à Riadh à Nouakhott. Sur un total de 25 cas identifiés, 8 seraient morts. Alors que ces informations étaient déjà disponibles depuis le 7 octobre 2015, le ministre de la Santé, dans une déclaration faite deux jours plus tard, a cependant lâché sa terrible phrase qui fait actuellement le buzz dans les réseaux sociaux « la situation est sous contrôle » allant jusqu’à ramener le nombre de morts à 6 au lieu de 8.
En effet dans le courrier portant le n°001739 du 7 octobre 2015 adressé au bureau de l’OMS à Nouakchott, le Secrétaire général du ministère de la Santé y notifiait l’existence d’une épidémie de la Fièvre du Rif (FVR), constatée dans certains districts du pays et confirmée par l’Institut Pasteur de Dakar. L’épidémie se serait déclarée, selon la note, depuis le 11 septembre 2015 au centre de santé de Moudjéria au Tagant.
Il s’agissait d’un berger de 22 ans en provenance d’une localité voisine, Tourguellile. Il présentait une fièvre avec asthénie, maux de ventre, saignement des gencives et selles colorées de sang. Le malade fut conduit à Maghta-Lahjar où soupçonnant une maladie hémorragique, le personnel le plaça en isolement après avoir effectué des prélèvements. Les analyses furent envoyées à l’Institut Pasteur de Dakar qui confirma le 8 septembre 2015 la maladie du FVR. Le 6 octobre 2015, le ministère de la Santé avait dressé un bilan de 25 malades de FVR dont 8 décès, alors que 13 autres analyses sont en cours à l’Institut Pasteur de Dakar.
La note signale que les investigations du ministère vétérinaire n’ont enregistré aucun cas de mortalité dans le bétail à Moudjéria. Et de rappeler que la Mauritanie a connu deux épidémies de FVR, en 2010 et en 2012, que c’étaient des années de fortes pluviométries et que Moudjéria était encore l’un des principaux foyers.
Après la langue de bois et la politique de l’Omerta, le gouvernement semble être revenu à la transparence. Des mesures draconiennes auraient été prises pour freiner la progression de l’épidémie. Après confirmation de l’existence de la FVR, une mission commue Ministère de la Santé-Ministère de l’Elevage s’est rendue à Moudjéria le 14 septembre dernier pour faire le bilan médical du cheptel et les conditions de vie des populations. Des conseils ont été prodigués sur la prévention ainsi que des apaisements face à la panique qui commençait à se répandre dans la région.
Une cellule permanente de surveillance a été ainsi mise en place par les deux départements concernés pour intervenir à tout moment. Des brigades médicales ont également été créées au niveau des grands centres médicaux de Nouakchott. Des salles d’internement pour l’isolement des cas suspects auraient été instituées dans ces centres, en plus de l’existence d’équipes de surveillance épidémiologique dans les zones les plus touchées du pays. Elles ont pour mission d’organiser des campagnes de sensibilisation et les moyens de prévoyance, ainsi que les bons comportements face aux cas suspects de maladie.
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