03-11-2015 11:11 - Fatmata et Ramata : Deux mauritaniennes victimes d’un trafic d’êtres humains accusées de vol, gardées à vue au Caire
Fatmata Adama N’Doye et Ramata Lô, deux mauritaniennes victimes d’un trafic d’êtres humains, ont été accusées de vol et mises en garde à vue au Caire en Egypte. Du moins c’est cela qu’on a appris auprès de la mère Fatimata Adama N’Doye qui n’est autre que Néné Thiam qui réside à Nouakchott dans le quartier Netegue.
Comment Fatmata - qui est aujourd’hui âgée de 33 ans - et son amie Ramata se sont retrouvées dans un tel pétrin. Néné raconte par le menu l’histoire de deux victimes. Tout a commencé en juin 2015. A cette date Fatmata apprend auprès de Boye une dame qui exerce comme restauratrice non loin de la mosquée dite de Qatar qu’un dénommé Ali est en quête de bonne pour travailler en Arabie Saoudite.
Chez qui Ali allait compter envoyer la domestique ? Chez un homme qui dit s’appeler Sultan Chihab qu’il présente comme membre du corps diplomatique saoudien en fin mission en Mauritanie.
Fatmata (qui ne voudrait pas se retrouver seule dans un pays où elle ne connaît personne) se déclare prête à travailler mais à condition que Sultan accepte d’engager également son amie Ramata.
De son côté sa mère Néné se lança dans une enquête afin de voir plus clair. Puisqu’elle connait du monde elle remonte jusqu' à Coumba Sy et surtout à l’époux de Coumba Sy en l’occurrence Sogo Abou, un Mauritanien en poste en Arabie Saoudite qui dit connaître Sultan Chihab. Rassurée elle souscrit au voyage de sa fille.
Le 6 juin le processus de signature de contrat est engagé. «Fatmata ; Ramata ; Ali et moi sommes partis ensemble au ministère des Affaires étrangères, Ali entra seul dans les locaux. A sa sortie nous prîmes la direction de l’ambassade de l’Arabie Saoudite où nous attendait Sultan Chihab pour la signature du contrat », affirme Néné.
Fatmata tout comme Ramata s’engage à travailler comme domestique pour Sultan Chihab contre un salaire mensuel de 200 dollars. Elle s’engage également à suivre Sultan au cas où ce dernier sera muté en dehors de l’Arabie Saoudite. Le Saoudien consent à lui verser une avance sur salaire afin qu’elle puisse préparer leur voyage.
Dans les jours qui suivirent la signature du contrat les liant au Saoudien, Fatmata et Ramata s’envolent pour Djeddah. «Sultan étant resté à Nouakchott, c’est son fils qui est venu les accueillir à l’aéroport. Ça je l’ai su grâce à Sogo Abou qui était venu récupérer un colis que ma fille devait lui remettre», affirme Néné, la mère de Fatmata.
«Quelques jours plus tard le même Sogo rend visite aux domestiques dans leur lieu de travail, tout allait bien, cela m’a davantage rassurée», confie Néné. Après le mois de ramadan 2015, Sultan voyage sur l’Egypte avec sa famille et ses deux bonnes, c’est là que tout a commencé à aller de travers.
« Ma fille et son amie travaillaient sans relâche du matin jusqu’au soir, sans salaires. Et si elles se révoltaient, les coups suivaient. La femme de Sultan Chihab trouvait cela normal. «Mon époux a dépensé beaucoup d’argent sur vous», c’est cela qu’elle disait pour justifier l’exploitation de Ramata et Fatmata», affirme en substance aujourd’hui Néné.
Devant la résistance de deux dames, Chihab et son épouse finissent par prendre l’initiative d’accuser Fatmata et Ramata de vol. La police les embarque pour une garde à vue dans un commissariat au Caire.
A-t-elle trouvé des indices qui accablent les deux dames ? «Elle n’a rien trouvé, absolument rien», tonne Néné. Les services consulaires mauritaniens au Caire - alertés - entrent en jeu.
«C’est un homme dénommé Mohamed Moustapha qui s’est présenté comme membre du corps diplomatique mauritanien qui est entré en contact avec ma fille et son amie. Et c’est grâce à lui que j’ai pu rétablir contact avec elles.
Cet homme leur apportait à manger. Et quand il n’était pas là elles devaient se contenter de restes de repas des autres personnes gardées à vue où des policiers», dit Néné.
Mais cet homme (Mohamed Moustapha) fera malheureusement preuve de mauvaise volonté en allant prétendre que le cas de Ramata et Fatmata n’est pas du ressort des services consulaires mauritaniens.
«Le 17 octobre dernier nous avons retrouvé Ali qui a envoyé nos filles en Arabie Saoudite. Ali et Mohamed Moustapha ont communiqué au téléphone devant nous et depuis nous n’arrivons plus à avoir l’un et l’autre au téléphone, et nous ne savons pas ce que sont devenues nos filles», affirme Néné.
Aujourd’hui cette mère éplorée appelle les autorités à tout mettre en œuvre afin que Fatmata et Ramata - puissent recouvrer la liberté et rentrer chez elles en Mauritanie auprès de leurs. Et les autorités ont beaucoup à gagner à s’activer en faveur de deux dames Après tout Fatmata Adama N’Doye et Ramata Lô sont victimes d’un trafic d’êtres humains. A bon entendeur…
SC
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