12-12-2015 15:51 - Exportations agroalimentaires marocaines : Les défis et opportunités de l’Afrique
Nouvelle Tribune - Les exportations agroalimentaires marocaines vers l’Afrique ont enregistré une dynamique croissante durant la période 2000-2013, avec un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 15%. Ces exportations ont été prédominées par des produits transformés, avec une montée récente des produits frais.
Les produits de base (farines, gruaux, semoules et agglomérés de céréales, extraits et essences de café ou de thé et fromage) sont également beaucoup exportés, avec une tendance haussière de la demande africaine d’autres produits alimentaires (légumes frais, congelés ou en saumure, agrumes, tomates fraiches et fruits frais).
C’est ce qui ressort dans la note de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) récemment publiée et intitulée «Défis et opportunités des exportations agroalimentaires marocaines sur le marché».
L’analyse des exportations agroalimentaires marocaines démontre que les pays les importateurs du Maroc sont la Guinée, la Mauritanie, l’Algérie, la Tunisie (8,5%), le Sénégal et la Libye.
Le Maroc enregistre une dynamique croissante de ses exportations agroalimentaires vers l’Afrique. Depuis 2000, les exportations marocaines ont enregistré une forte croissance annuelle moyenne pour l’Afrique et l’Asie avec une hausse respective de 7% à 15% et de 3% à 7%.
Selon la DEPF, le développement des exportations agroalimentaires marocaines rencontre plusieurs contraintes, notamment la multiplicité des frontières nationales qui font obstacle au commerce intracontinental.
En effet, l’obligation de traverser plusieurs frontières et de se conformer à des régimes commerciaux différents entraîne une faible intégration des marchés, facteur qui entrave le commerce intra- africain et le maintien en deçà de son potentiel.
Les coûts de transaction très élevés en Afrique, qui entravent la croissance du commerce intracontinental, sont également cités parmi les obstacles au développement des exportations agroalimentaires. Et enfin, la faiblesse des infrastructures et de la logistique liant le Maroc au reste des pays africains constitue une réelle faiblesse.
En effet, en plus de l’insuffisante des infrastructures routières en Afrique, le transport maritime n’est pas suffisamment exploité entre les deux parties. De plus, l’absence d’accords de facilitation de transit vient aggraver ces carences.
L’analyse de la DEPF propose un ensemble de mesures à mettre en œuvre pour tirer profit du potentiel des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique. Il s’agit en l’occurrence de cibler des partenaires commerciaux prioritaires en fonction des potentialités de leurs marchés, d’améliorer le cadre juridique et réglementaire des accords de commerce et d’investissement conclus avec les pays de cette région, d’adapter l’offre agroalimentaire marocaine aux spécificités de ces pays, de renforcer la logistique commerciale liant notre pays à ses partenaires africains et de coordonner les stratégies d’action des pouvoirs publics avec les opérateurs privés.
Ces actions contribueraient à l’amélioration du positionnement du Maroc sur le marché africain de l’agroalimentaire, en renforçant la compétitivité du secteur agroalimentaire marocain dans le cadre du Plan Maroc Vert, et ce, à travers l’adaptation de l’offre de matière première, en valorisant les produits agricoles et en diversifiant l’offre exportable.
Selon la note, les infrastructures intra-africaines de transports routier, maritime et aérien devraient être renforcées, ce qui permettrait d’atteindre d’autres espaces de la sous-région Ouest-Africaine et celle d’Afrique Centrale.
AL
