15-01-2016 10:35 - Dilapidation des biens de l’état : un exemple concret à l’œil nu à Kaédi

Dilapidation des biens de l’état : un exemple concret à l’œil nu à Kaédi

OCVIDH - Tous les kaédiens sans exception aucune connaissent bel et bien la grande et luxueuse résidence du gouvernorat héritée du colonialisme surplombant la ville sur une colline, bâtiment appelé par les habitants de cette historique et emblématique lieu : en soninkè « Kumandan gide » et en pulaar « dow kaaje ».

Cette résidence qui date de la colonisation est pourtant stratégiquement bien installée et domine tous les quartiers de kaedi ,selon les ingénieurs que nous côtoyons tous les jours , elle serait d’une qualité et d’une solidité extraordinaire , de par la constitution de matériaux en pierre et en tuiles qui faisaient de cet endroit un lieu non seulement luxueux et sûr mais une partie de l’histoire de cette ville coloniale de Charbonnier et de Queneau.

Le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz et ses acolytes dans leur style et méthode qui ne trompent plus personne, de dilapidation des biens et de réalisations trompe-l’œil croient pouvoir tromper notre vigilance et notre attachement à certains symboles de nos villes surtout quand il s’agit de priver les Mauritaniens des millions d’ouguiyas au profit des chantiers sans rendement, dans le seul but d’enrichir des proches ou des sociétés fantômes.

Une simple rénovation avec une très belle couche de peinture de l’ancienne résidence du gouverneur suffisaient largement à notre autorité locale à s'y installer paisiblement , ainsi permettre , à travers ces sommes faramineuses qui se chiffrent à des millions sans contrôle adéquat, la réhabilitation et la modernisation des écoles Kaédiennes qui souffrent de manquements graves de tables bancs d’explosion d’effectifs dans les classes , d’encadrements et de fournitures scolaires sans naturellement parler de la nécessité d’une vraie réforme de l’éducation nationale, véritable entorse à l’épanouissement social et culturel de tous nos enfants en Mauritanie.

Au lieu de vrais chantiers pour rénover cette ville meurtrie par des politiques anachroniques, nous voilà juste derrière le canon qui a servi aux colons de mater les populations du sud, une construction qui s’écroulera dans une dizaine d’années, pendant que l’ancienne résidence ,qui date de l’époque coloniale continue de résister comme d’ailleurs les seules écoles issues de la période coloniale, aux vents à la pluie , aux intempéries et aux canons de tous putschs militaires en Mauritanie ,une preuve de leur longévité .

Notre ville, a besoin d’écoles, elle a besoin d’usines pour faire travailler sa jeunesse en errance, elle, a besoin d’écoles professionnelles et d’apprentissage à des métiers d’avenir, elle a besoin d’une administration soucieuse du bien public et de la bonne gestion des ressources allouées à la région et non à la bureaucratie peu soucieuse de l’avenir et du progrès de la ville dans le seul but de compter des réalisations électoralistes sans lendemain pour le pays.

Il est incontestable que travailler dans un environnement saint et agréable est le souhait de tous, mais les priorités s’imposent à nos administrateurs de veiller à la chose publique, au lieu des marchés chiffrés à des millions à l’origine des enrichissements illicites et de la mauvaise gestion au vu et au su de tous .

Non notre ville ne mérite pas d'être abandonnée et ces cadres sont majoritairement à l'origine de la création de la Mauritanie d'aujourd'hui et continuent partout dans le monde à briller par leurs compétences et apport à la civilisation de l'universel.

Nos voix doivent servir désormais à quelque chose, c’est le développement et c’est le choix économique et culturel de cette région abandonnée par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, et merci de ne plus s’attarder sur les hommes car ils passent et la région restera toujours.

Veillons à ce que toutes les régions de notre chère Mauritanie fassent rapidement le constat de la mauvaise gouvernance et d’y trouver une solution urgente car l’exemple de Kaédi est aussi celui de Néma, d’ Aouin, de Sélibaby de Kiffa…., que sais-je encore ?.

Diagana Mamadou Youssouf dit Ibnou
Ex officier de l'Armée

Militant des droits de l’Homme



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Source : OCVIDH
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Commentaires (4)

  • pyranha (H) 16/01/2016 08:35 X

    Merci Mr DIAGANA de ce cri de cœur.ces gens incultes et foncièrement racistes s'en foutent des valeurs que vous défendez .comme on ne choisit pas ses parents ,eh bien les colons nous ont triplement pénalisés par ce maudit tracé des frontières qui font cohabiter deux ensembles aux valeurs culturelles et morales diamétralement opposées.Mille fois dommage...

  • Dangerous (H) 15/01/2016 14:51 X

    L'objectif est clair, ne pas laisser à la jeunesse des traces de l'histoire chez ses gens tout est preparer ils prévoit de neutraliser toute l'histoire de la communauté noire pour le nier et éviter de l'enseigner aux enfants à leurs enfants, est ce que un Kaedien ou un homme du sud peut se permettre d'aller à Atar et de détruire la plus petite maison historique, même s'il est le Wali avec ordre du ministère de l’intérieur (***) c'est grave.

  • causeur1 (H) 15/01/2016 11:20 X

    Un militaire , ex soit-il ne peut pas être militant des droits de l'homme. Il peut-être encolère à juste titre contre tous les crimes qui se sont passés , mais de là à être militant des droits de l'homme , il y'a une marge. Quand à ce que vous dites, cela n'a pas commencé avec AZIZ. Depuis longtemps , on brade tout dans ce pays. Ce n'est pas qu'à Kaedi et les villes que vous citez .Non partout , du Nord au Sud . Que faire? S'unir et lutter au lieu d'amuser la galerie, par internet, ou des rencontres, réunions stériles....

  • gaaryfouta (H) 15/01/2016 10:49 X

    Il ne faut surtout pas oublier le comportement d'un certain SEJAD un arriviste en complicité avec l'administration dans la dilapidation des terrains et des maisons de particulier. Les Kaediens doivent prendre leur responsabilité à s'opposer à toute forme de spoliation