05-02-2016 14:30 - Dr Haimida Ahmed Salem, chirurgien cardiovasculaire au Centre National de Cardiologie (CNC): "Au CNC, on prend actuellement en charge toutes les pathologies cardiaques nécessitant une intervention à cœur ouvert"

Dr Haimida Ahmed Salem, chirurgien cardiovasculaire au Centre National de Cardiologie (CNC):

Le Calame - Le Calame : L’unité chirurgicale du centre national de cardiologie a démarré, depuis avril 2015, la chirurgie cardiaque. De quels moyens humains et matériels vous disposez pour effectuer ces opérations réputées lourdes et coûteuses?

Dr Haimida Ahmed Salem : D’abord comme vous avez bien dit, le 20 avril 2015 reste une date phare qui marque le début de la chirurgie cardiaque en Mauritanie, en réalisant la première opération à cœur ouvert effectué par une équipe 100% mauritanienne. Et depuis lors, on prend actuellement en charge toutes les pathologies cardiaques nécessitant une intervention à cœur ouvert.

Ceci est fruit des efforts menés par le CNC depuis sa création, et nous disposons actuellement d’une équipe chirurgicale mauritanienne complète, et aussi le matériel nécessaire pour ce genre de chirurgie.

-Quelles sont les différents types d’interventions que vous réalisez ?

Les interventions réalisées sont les remplacements valvulaires (fréquentes dans notre pays) et les pontages des artères coronaires. Notre bilan est très satisfaisant Elhamdollilah

-Quand on entend une opération à cœur ouvert, le citoyen lambda frémit. Dites-nous ce que vocable recouvre ?

-C'est-à-dire qu’on ouvre le cœur pour réparer ou remplacer des valves et pendant ce temps, le travail du cœur est assuré par une machine externe (circulation extracorporelle)

-Jusqu’à une date récente, les malades du cœur sont généralement évacués à l’étranger, ce qui coûte très cher à l’Etat mauritanien. Peut-on dire que la pratique de la chirurgie cardiaque a permis de soulager le budget de l’Etat?

On peut dire aujourd’hui, qu’en matière de chirurgie cardiaque,, tous les actes peuvent être pris en charge par notre équipe localement.

-Combien coûte une intervention de chirurgie cardiaque chez nous ?

-Le coût reste très abordable par rapport au coût à l’étranger. Les assurées de la CNAM payent 10% et le prix social est de 600.000 pour un remplacement.

-Le CNC reçoit plusieurs missions médicales. Quelles sont les retombées de ces missions pour le CNC et pour les citoyens mauritaniens ?

-Ces missions contribuent à la formation de notre personnel médical et paramédical dans le domaine de la cardiologie, la chirurgie et l’interventionnel. Ce qui permet d’améliorer nos compétences et nos prestations spécialisées pour que notre citoyen y accède chez lui et dans les meilleures conditions.

Le CNC et sa direction font du partenariat avec les équipes étrangères, ce qui constitue un exemple à suivre avec une stratégie bien définie.

Lors de ces passages, de nombreux mauritaniens accourent vers l’unité chirurgicale logée à Cheikh Zayd pour bénéficier de ces prestations. Sur quels critères sont sélectionnés les bénéficiaires?

Ces missions chirurgicales sont rares actuellement, vu qu'on est maintenant autonome. Elles s'adressent surtout aux enfants atteints des cardiopathies congénitales ou bien des cas extrêmement complexes.

Propos recueillis par DL



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Commentaires (1)

  • welnerefouta (H) 05/02/2016 21:45 X

    En temps que personnel de santé et même si je ne suis pas dans la spécialité de chirurgie cardiaque je ne peux pas ne pas réagir à ce type de propos. La chirurgie cardiaque est une spécialité lourde dont la formation est exigeante et assez longue. Comment ce très jeune médecin dont la formation est encore en cours peut prétendre à dire qu' en Mauritanie 100% des pathologies nécessitant de la chirurgie cardiaque y sont prises en charge? Plus de 30 ans après le début de la chirurgie dans le Maghreb, plusieurs dizaines de patients algériens, tunisiens et marocains sont encore soignés chaque année en Europe et jusqu'à maintenant la coopération avec leurs homologues étrangers continuent. La chirurgie, surtout cardiaque, englobe non seulement une expertise du chirurgien mais surtout la compétence d'une grande équipe d'anesthésistes, de réanimateurs et d'infirmiers spécialisés que la Mauritanie n'a pas encore. Décidément on est toujours pressé dans ce pays. Et ce qui compte ce ne sont pas les moyens que l'état peut ou va mettre à disposition mais le sérieux, la rigueur pour ne pas abréger la vie des patients par une courbe d'apprentissage et de l'inexpérience. je pense que nos jeunes chirurgiens devraient continuer à apprendre leur métier et ne pas brûler les étapes afin d'arriver à une expertise louable dans quelques années et arrêter de trop parler dans les médias et de dire n'importe quoi.