07-02-2016 23:15 - Sommet sur la vaccination: VACNET plaide pour une « une participation effective» à la Conférence Interministérielle d’Addis-Abeba
Le Quotidien de Nouakchott - Le réseau de la société civile d’appui et de soutien à la vaccination en Mauritanie (VACNET), a tenu une conférence de presse, dans ses locaux, ce vendredi 05 février à Nouakchott.
Objectif, appeler les ministres mauritaniens des finances et de la santé à participer à la 1ère conférence interministérielle sur la vaccination, prévue les 24 et 25 Février, à Addis-Abeba en Ethiopie.
Président de VACNET Mauritanie, Isselmou Ould Hanefi a d’entrée souligné « le rôle important que joue la société civile dans les structures de gouvernance de GAVI Alliance ». GAVI Alliance est un partenariat des secteurs public et privé sur les questions d’immunisation. Selon Ould Hanefi, le rôle de la société civile africaine est « d’approcher ces ministres et leur expliquer les enjeux » de cette conférence interministérielle pour assurer « un financement durable de la vaccination ».
Les trois requêtes de VACNET
Par la voix de son président, VACNET formule trois demandes à l’endroit des autorités. La principale attente est « la présence du ministre de la santé et celui des finances à la Conférence Interministérielle les 24 et 25 Février ». La seconde appelle les autorités mauritaniennes à « s’engager à mettre en place et financer complètement le Plan Pluriannuel complet du Programme de Vaccination (PPAC) ». La troisième et dernière requête du VACNET est « un engagement (du gouvernement) à vacciner tous les enfants, y compris les plus difficiles à atteindre, les plus vulnérables ».
Des progrès
Ould Hanefi souligne néanmoins que la Mauritanie a « fait des progrès important » en éliminant le tétanos maternel et néonatal au premier trimestre 2015 et introduisant le vaccin polio inactivé dans le programme élargi de vaccination en Novembre 2015.
Appel de l’OAFRESS
Par ailleurs, Isselmou Ould Hanefi qui parlait au nom de l’Organisation d’Afrique Francophone pour le Renforcement des Systèmes de Santé et de la Vaccination (OAFRESS), a rendu public un appel à participation à l’endroit des ministres de la santé et des finances des 17 pays membres de l’OAFRESS, dont la Mauritanie.
Une participation effective
L’appel de l’OAFRESS lancé à partir de Nouakchott en prélude de la conférence d’Addis-Abeba, demande aux gouvernements des pays francophones d’Afrique d’être représentés à cette conférence par leurs ministres de la Santé et des Finances, pour « une participation effective» et plaide pour la « mise en place des stratégie appropriées dans le but d’atteindre l’indépendance vaccinale pour chaque pays », entre autres recommandations.
En outre, le VACNET qui a vu le jour en 2012, a plaidé pour plus de « collaboration avec les autorités sanitaires » du pays. Ould Hanefi rappelle que la structure qu’il préside repose sur des organisations de société civile « qui ont contribué à l’éradication de la polio en Mauritanie » et est soutenue par l’OMS et d’autres réseaux qui œuvrent dans le domaine sanitaire.
Amadou SY
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Voici le texte intégral de l’OAFRESS :
Appel à participation des ministres de la santé et des finances des pays francophones à la conférence africaine de haut niveau sur la vaccination – 24 et 25 Février Addis-Abebba (Ethiopie)
A Mesdames, Messieurs, les Ministres de la Santé et des Finances des pays d’Afrique Francophone.
Les 24 et 25 février prochains, les ministres de la santé et les ministres de finances d’Afrique vont se réunir à Addis-Abeba, sous l’égide du Bureau Régional de l’OMS, à l’occasion de la 1ère conférence ministérielle sur la vaccination en Afrique. L’objectif de cette réunion de haut niveau est de discuter des moyens à mettre en place afin d’assurer à tous les habitants du continent, un accès équitable à des vaccins capables de sauver des vies.
Cette conférence réunira plus de 500 dirigeants politiques, experts techniques et autres participants originaires d’Afrique et du monde entier, au même où trois (3) millions de personnes meurent encore dans le monde de maladies évitables par la vaccination.
Pendant ce temps, la plupart des pays francophones d’Afrique réservent au mieux 5% de leurs budgets nationaux à la santé, les plaçant ainsi dans une posture de non respect des engagements pris à Abuja en 2001, d’allouer au moins 15% du budget des Etats à la santé. Ces pays sont pourtant confrontés à des défis majeurs dans le domaine de la santé maternelle et infantile avec, des couvertures vaccinales disparates au sein des pays. Ainsi, l’Union Africaine a indiqué que les dépenses publiques de la santé en Afrique subsaharienne s’élevaient actuellement à 25-27 dollars par habitant en moyenne, mais 32 des 53 Etats membres de l’Union investissement moins de 20 dollars par habitant.
• Considérant le rôle indispensable des Etats, pour la pérennisation des systèmes de vaccination solides et efficaces ;
• Considérant que 5% du budget national d’un Etat alloué à la santé ne constitue que le 1/3 des engagements d’Abuja ;
• Considérant que l’augmentation rapide de la population dans nos pays et les besoins de santé de plus en plus croissants ;
• Considérant les ressources mondiales disponibles pour la santé de plus en plus faibles, menant au retrait prochain de la plupart des bailleurs des grands programmes verticaux ;
• Considérant l’engagement universel pour les objectifs de développement durable (ODD) ;
La société civile issue de 17 pays d’Afrique Francophone réunie au sein de l’OAFRESS appelle les états, représentés par leurs ministres de la santé et leurs ministres des finances à :
- Participer personnellement à cette réunion de haut niveau ;
- Préparer un nouveau plan pour atteindre dans les prochaines années les objectifs d’Abuja, soit 15% du budget alloués à la santé. Ceci en se basant sur le fait qu’il est aujourd’hui démontré que l’investissement dans la santé procure des bénéfices de santé individuelle et collective et des bénéfices économiques ;
- Un réengagement à mettre en place les moyens nécessaires pour les objectifs de développement en rapport avec la santé ;
- Respecter les échéances de payement des contreparties pour l’achat des vaccins ;
- Mettre en place les stratégies appropriées dans le but d’atteindre l’indépendance vaccinale pour chaque pays ;
La société civile s’engage à :
• Contribuer aux côtés des ministères de la santé, à la mise en œuvre des programmes de santé publique, particulièrement de la vaccination, avec comme cible principale les enfants les plus difficile à atteindre ;
• Promouvoir la santé pour tous comme droit humain, en collaborant à l’élaboration de politiques de santé, au contrôle des résultats et de leurs application au niveau local, national et international ;
• Veiller au respect des engagements qui seront pris par les états issue de la conférence africaine de haut niveau sur la vaccination (février 2016) à Addis-Abeba ;
• Promouvoir le Contrôle Citoyen de l’Action Publique (CCAP) en matière de santé et de vaccination.
Ont signé :
ROBS (Bénin)
SPONG (Burkina Faso)
PROVARESSC (Caméroun)
FENOSCI (Côte d’Ivoire)
Collectif des Eglises Evangéliques (Gabon)
COMARESS/ASOS (Madagascar)
VACNET (Mauritanie)
UONGTO (Togo)
POSVIT (Tchad)
Médecins d’Afrique (Congo)
ASSOMESCA (Centrafrique)
SANRU (RDC)
POSSAV (Guinée)
FENASCOM (Mali)
ROASSEN (Niger)
RESSIP/CONGAD/ACDEV (Sénégal)
CARITAS Comores (Comores)
Secrétariat de l’OAFRESS
