28-02-2016 13:23 - Rencontre à Dar Naim pour promouvoir l’abandon des MGF [PhotoReportage]
« A ceux qui continuent de croire que l’excision protège la femme contre la débauche, nous répondons que seules l’éducation et la bonne moralité aident à se retenir et à contrôler ses désirs. » Ainsi parlait Madame Fatimata Oumar Diop, sage femme et Secrétaire Générale de l’Association pour la Promotion de la Santé à Dar Naim (APSDN).
Intervenant à la faveur d’une journée d’échanges sur la promotion de l’abandon des mutilations génitales féminines organisée par son association en partenariat avec l’ONG CARITAS/Mauritanie, Mme Diop a expliqué que la pratique des MGF a des conséquences sur la santé de la petite fille et de la jeune femme.
Ainsi, entre autres conséquences, l’exposition à des infections graves, des douleurs abdominales permanentes ou récurrentes chez la jeune fille en période de menstrues, sans compter les fistules et même la stérilité, a-t-elle souligné.
Présent à cette rencontre, Elhadj Daoud, imam d’une mosquée de Riyadh, a soutenu que nulle part dans le Coran ou dans les Hadiths, il n’est conseillé de faire exciser les filles. Bien au contraire, dira-t-il, « Il ne fait pas partie de l’Islam de déshonorer l’être humain. »
Or, poursuivra-t-il, « l’excision touche à l’honneur de la femme. » Rappelant que l’excision est une pratique très peu courante, voire inexistante, dans le Maghreb et dans les contrées musulmanes, Elhadj Daoud invitera à s’interroger si Marie la mère de Jésus ou si Fatima la fille du prophète ont été objet de cette pratique.
L’imam a ainsi tenu un discours fort argumenté devant un auditoire de plusieurs dizaines de femmes rassemblées à Dar Naim samedi 27 février. Ces femmes sont les représentantes de 57 coopératives qui vont bénéficier de programmes de sensibilisation relativement à la thématique.
Selon Madame Yaye Lena Bâ, animatrice et responsable du volet de gestion des Coopératives de Dar Naim, deux femmes relais ont été formées et auront la charge de vulgariser les informations liées à la sensibilisation. S’adressant aux participantes, elle a dit en substance : « Parler de la santé de la mère, c’est parler de la santé de l’enfant. Nous vous demandons de vous engager davantage.»
A l’ouverture de la cérémonie présidée par M.Ahmed Abdel Kérim, chargé des affaires sociales et culturelles de la mairie de Dar Naim, M. Yacouba Kissima Tandia, chef de projet urbain de CARITAS/Mauritanie a rappelé que la Mauritanie célèbre chaque année la journée du 6 février inscrite journée internationale de tolérance zéro en MGF.
« Les MGF constituent un fléau qui touche une frange importante de la population que sont les filles et les femmes. En réalité ce fléau touche toute la communauté », dira M.Tandia.
KD







