07-03-2016 23:35 - Nouakchott : Les femmes africaines de la pêche artisanale à l’honneur
Lumières du Nord - Un atelier de trois jours (6 ; 7 ; 8 mars) concomitant à la journée internationale de la femme prévue le 8 mars prochain est ouvert ces jours cités haut à Nouakchott à l’hôtel TFEILA.
Il a pour objet de discuter des droits de la femme et les réformes des pêches en Afrique.
Près de 47 pays africains sont aujourd’hui représentés dans cet atelier organisé par la Confédération Africaine des Organisations Professionnelles de la Pêche Artisanale (CAOPA) présidée par M Sid Ahmed ould ABEID et le Bureau de l’Union Africaine le Bureau Interafricain des Ressources Animales (BIRA-UA) Représenté par M Aboubacar SIDIBE et en partenariat avec la Fédération Nationale des Pêches (FNP) représentée ici par M Mohamed Mahmoud ould SADEGH.
Cet atelier est remarquablement dominé par des femmes travaillant dans le cadre de la pêche artisanale et l’aquaculture car il s’agit de discuter de leurs problèmes. Près d’une soixantaine de femmes issues de la Mauritanie et des autres pays de l’Afrique Noire et du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc) ont traité durant les deux journées des problèmes inhérents à l’accession de la femme de la pêche artisanale aux moyens de production, aux crédits, aux infrastructures pouvant les aider à promouvoir leurs activités. La première activité présentée par M. Aboubacar SIDIBE du BIRA-UA a pour thème « Objectifs et résultats attendus de l’atelier ».
Il a mis en relief le rôle économique social et politique de la femme comme pilier de la pêche artisanale. La femme intervient dans plusieurs activités maitresses qui entrent dans toute la chaîne, de la capture, la commercialisation, la transformation à la consommation. Mais ce rôle, dit-il, est sous-évalué dans ce domaine et il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de promotion, de protection, des droits de la femme pour qu’elle accède aux ressources halieutiques. Pour ce faire, il faut identifier les actions prioritaires, analyser et évaluer les impacts de développement pour améliorer les droits des femmes.
Pour renforcer ces droits et ainsi entreprendre des actions appropriées le président de la CAOPA M. Sid Ahmed ould Abeid a depuis deux ans plaidé pour qu’il ait une année africaine de la pêche artisanale dédiée à la femme africaine artisanale. Cet atelier de Nouakchott 2016 (Mauritanie) en est l’illustration. Et ce sera une tradition car la prochaine session des femmes africaines issues de la pêche artisanale est prévue en 2017 en Ouganda sous le même thème « Cadre politique et stratégie de réformes de la pêche et de l’aquaculture en Afrique ». Avec un ajout, à savoir : Quel(s) rôle(s) pour la femme africaine?
La deuxième activité a eu pour thème : « Les droits de femmes et pêche en Afrique ».
Pour cette première journée, les participantes et participants ont relevé plusieurs problèmes sous-jacents freinant les activités des femmes artisanales. Les problèmes tels que le manque d’infrastructures de travail, de marchés de transformation ainsi que les difficultés de commercialisation, l’accès au renforcement des capacités des femmes africaines, l’absence de priorité donnée à la femme pour accéder à la ressource. Tout cela regroupé est un véritable frein à la promotion de la femme africaine artisanale. Un mécanisme de recherches de leurs droits devient de plus en plus nécessaire.
A noter que plusieurs panels de discussion présentés par des membres de l’UA-BIRA et la CAOPA ainsi que le MPEM sont prévus pour les 6 et 7 mars sur successivement l’accès aux ressources financières (crédits) ainsi que l’accès aux ressources non financières (foncières, infrastructures, poissons, marchés). Deux sessions de groupes de travail sont prévues pour identifier les contraintes, les opportunités, les actions prioritaires afin d’améliorer l’accès des femmes aux ressources tant financières que celles non financières dans le secteur des pêches.
A l’issue de ces deux journées d’activités, les groupes de travail ont présenté leurs conclusions afin de préparer des recommandations pour sortir de cet atelier avec des choses concrètes qui pourront améliorer l’accès des femmes artisanales africaines dans la vie active.
Signalons que cet atelier dont l’interprétation réussie dans les quatre langues que sont l’arabe, le français, l’anglais et la portugais s’est déroulé sous le haut patronage du ministre de la pêche et de l’économie maritime M Nani ould Chrougha en présence de la ministre des affaires sociales de l’enfance et de la famille, de la maire de Nouakchott-Tevragh Zeina.
Le président de la section artisanale Sud de la FNP M Mohamed ould SAleck dit Baye Pekha, des représentants des mareyeurs et des capitaines de la pêche artisanale et côtière, 6 femmes représentant les villages Immraguen étaient là aussi.
La présidence de la séance était confiée à Mme Bowba mint El Khaless, conseillère du MPEM. Rappelons aussi qu’à l’origine de cet atelier, utile à plus d’un titre, pour avoir regroupé à Nouakchott des dizaines de femmes de la pêche artisanale représentantes de près de 47 pays d’Afrique francophone, anglophone et lusophone, il y a le président de la CAOPA M Sid Ahmed ould ABEID qui est aussi président de la section artisanale et côtière Nord à la FNP mais aussi représentant de l’Afrique au forum mondial des populations de pêcheurs (WFPP) et vice-président de la plateforme maghrébine artisanale.
Les travaux de cet atelier rare basé singulièrement sur le genre continueront jusqu’au 8 mars. A cette occasion, il est prévu un discours de la vice-présidente de la CAOPA Mme Antonia Adama DJALO suivie d’un mot du représentant des partenaires au développement et du représentant des autorités.
A.S
