25-04-2016 21:00 - Mobilisation internationale pour la fin des MGF
Les Mauritanies - 71% des mauritaniennes ont été victimes de la pratique des Mutilations Génitales Féminines (MGF). Au niveau régional, 200 millions de jeunes à travers 30 pays ont subi la même douloureuse expérience, selon des statiques distillées en marge de la consultation annuelle du Programme Conjoint UNICEF/UNFPA sur le fléau, organisée à Nouakchott du lundi 18 au mercredi 20 avril.
Ces chiffres, qui font froid au dos, justifient la mobilisation de la communauté internationale pour créer les conditions d’une rupture définitive avec une pratique basée sur des croyances issues de la nuit temps, dont la conservation aujourd’hui est contraire aux exigences liées à la santé, aux droits humains et à l’évolution de nos sociétés.
Devant la nécessité d’un nouveau paradigme de comportement face à cette équation douloureuse, l’assemblée générale des Nations Unies adopté une résolution visant « un changement total de mentalités et de comportements sur les modes sociaux soutenant la pratique des Mutilations Génitales Féminines (MGF) ».
L’adoption en septembre 2015 des Objectif de Développement Durable (ODD) est venue donner une dimension supérieure au combat universel contre les MGF.
C’est dans cette logique que l’UNICEF et le Fonds Mondial pour la Population (UNFPA) ont lancé il y a quelques années un programme conjoint pour l’éradication des MGF.
La rencontre régionale de Nouakchott a réuni une soixantaine de partis venus de 17 pays d’Afrique de l’Ouest, du Centre, de l’Est , du Maghreb et du Yémen, avec l’objectif d’un large échange d’expériences et une évaluation de la mise des actions inscrites à l’agenda international et au niveau des états.
Lignes budgétaires contre les MGF
A l’issue de 3 jours de travaux, les participants à l’atelier technique d’évaluation de Nouakchott ont formulé plusieurs revendications portant notamment sur « la création au niveau des états, de lignes budgétaires spécifiques dans le cadre des mesures visant à combattre les Mutilations Génitales Féminines (MGF), des pratiques dangereuses pour la santé et contraires aux droits humains » expliquait Mme Nafissatou Diop, coordonatrice du Programme Conjoint UNICEF/UNFPA, basé à New York, présente à Nouakchott pour la consultation annuelle régionale.
Cette revendication de la revue technique annuelle tenue dans la capitale mauritanienne relative au nerf de la guerre est justifiée par le fait que les états bénéficient annuellement de l’appui de différents partenaires à hauteur 20 millions de dollars us pour la lutte contre les MGF, depuis 2008 dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Conjoint UNICEF/UNFPA.
Ce conclave a également produit d’autres recommandations relatives « à la création de cadres législatifs pour les états qui en sont encore dépourvus (à l’image de la Mauritanie et du Mali) et une application diligente de la loi pour les pays ayant légiféré sur la question des MGF ».
Par ailleurs, les participants à l’atelier de Nouakchott souhaitent la mise en place dans tous les pays d’un mécanisme de suivi évaluation des différentes actions entreprises en direction de l’éradication des Mutilations Génitales Féminines (MGF).
AS.
