20-05-2016 05:39 - Toile De Fond: Renforcer le sentiment d'appartenance à une même nation

Toile De Fond:  Renforcer le sentiment d'appartenance à une même nation

" L'espoir est au combattant de la liberté, ce que la bouée de sauvetage est au nageur, la garantie qu'il ne se noiera pas, qu'il restera à l'abri du danger". Nelson Mandela. L'Etat mauritanien, enfin sensible au sort de Birama et Brahim Bilal.

La cour suprême a tranché cassant la condamnation de deux hommes dont l'univers carcéral n'a jamais altéré la motivation. Victimes d'une cabale judiciaire, emprisonnés, persécutés, intimidés, ils n'ont pas fléchi, acceptant de prendre conscience de la responsabilité de ce qui leur est arrivé.

Le gouvernement mauritanien qui se trouve depuis leur interpellation dans un tourbillon, face à la communauté internationale, vient de lâcher du lest. M. Philip Aston, rapporteur spécial des Nations Unies à la suite de la mission qu'il a effectué dans le pays, tire sur la sonnette d'alarme.

Selon lui, le gouvernement mauritanien doit "fournir davantage d'efforts pour tenir sa promesse de lutter contre les séquelles de l'esclavage". Pour lui, cette lutte pour la liberté est une mission sacerdotale et une bénédiction pour tous ceux qui continuent comme eux en Mauritanie, à subir tant de vicissitudes au cours de leur vécu. C'est à dire le droit et les moyens d'une existence libre propre à eux parmi leurs semblables.

C'est, ce que l'envoyé onusien désigne, par "une approche qui reconnait que chaque mauritanien a un droit fondamental à l'eau, à la santé à l'éducation qui a pu entamer sa stabilité...44% de la population vivent dans une extrême pauvreté". Dans ce prisme, ce sont les haratines et les négro africains que l'on trouve.

Ceux a qui l'Etat mauritanien n'a pas pu trouver une once de culpabilité et qui viennent de humer l'air de la liberté, avec les ONG qui les ont défendu efficacement, contre la différence du statut social, érigé en code de conduite en Mauritanie.

Nous devons nous faire une religion et savoir qu'en ce troisième millénaire où le monde est devenu par la magie du net, un village planétaire, la dictature mauritanienne ne peut plus dénier aux haratines et aux négro mauritaniens, les mêmes droits qu'aux autres mauritaniens. Il n'y a plus le lien de soutenir la prépondérance de l'un sur l'autre.

C'est le sentiment de la Coordination des Associations des Réfugiés Mauritaniens qui ont fêté sur les berges du fleuve la libération des deux hommes, à leur tête les frères et les veuves de quelques soldats tués à Inal "et que Birama a réhabilité par son pèlerinage sur les lieux du drame".

RIM, ce sigle qui résonne comme une rime, n'a vu que deux hommes, feu Bouddah Ould Bousseyri, ancien imam de la première mosquée de Nouakchott et Cheikh Yahya, dirent le vrai face aux dérives de leurs compatriotes sur de propres musulmans.

Face à cette différence de traitement entre gens d'une même religion, ils seront les seuls à essayer de rétablir la connectivité entre deux systèmes qui se sont écartés dangereusement l'un de l'autre à savoir, la gestion étatique du pays et les réalités mauritaniennes.

Tout mauritanien averti, se doit de renforcer le sentiment d'appartenance à une même nation. La Mauritanie de par sa superficie est trop vaste pour à peine trois millions d' habitants et son rayon de soleil ne doit pas être sans horizon pour ses fils.

Refuser cette réalité, c'est accepter la banalisation de son propre pays. La haine mène à l'abîme, car un conflit sans fin en ravive un autre, car si vous gouvernez loin de l'humilité, dans le parti pris, l'arrogance et l'iniquité, vous serez tout le temps critiqué. Songez au Pharaon, à Hitler, la libération de l'Afrique du Sud.

ADN

©Cridem 2016-------







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