21-06-2016 10:35 - CADRE/Déclaration : Journée Internationale des Réfugiés

CADRE/Déclaration : Journée Internationale des Réfugiés

CADRE - En ce 20 juin 2016, alors que le monde célèbre la journée internationale du réfugié, des dizaines de milliers de négro-mauritaniens, victimes de l’épuration ethnique des années de braise continuent à être les oubliés de l’Histoire au Sénégal, au Mali et même en Mauritanie.

En effet, alors que la Mauritanie, le Mali et le HCR viennent de signer un accord tripartite pour un retour digne et organisé dans leur pays des réfugiés maliens, notre pays continue à traiter les déportés mauritaniens rapatriés dans le cadre d’un autre accord tripartite foulé aux pieds, comme des réfugiés sur leur propre terre.

Les rapatriés mauritaniens sont en effet regroupés dans des camps d’infortune à côté de leurs villages d’origine et de leurs terres de culture occupées par d’autres.

Privés donc de leurs terroirs et de leurs terres qui leur sont interdits, les rapatriés ne bénéficient même pas de leurs droits les plus élémentaires : les adductions d’eau potable, les centres de santé pour les soins primaires, la scolarité des enfants demeurent un mirage pour beaucoup. Pire encore, 9.000 des 24.000 rapatriés sont exclus de l’état-civil et donc de tous les droits y afférant.

Dans le même temps des dizaines de milliers de nos compatriotes continuent à croupir dans des camps de misère au Sénégal, exclus de l’enrôlement du retour organisé de 2008 et victimes de la décision unilatérale du régime raciste et esclavagiste de Mohamed Ould Abdel Aziz de mettre fin au rapatriement volontaire des déportés. Ce même régime qui a choisi purement et simplement d’ignorer ceux de nos compatriotes réfugiés au Mali et dont l’Etat avait pourtant reconnu officiellement l’existence.

Les organisations signataires exigent de l’Etat :

- Le rétablissement total des rapatriés dans tous leurs droits y compris les plus élémentaires : droits d’accès à l’eau potable, aux soins primaires, à la scolarité des enfants et à l’état-civil.

- Le retour digne et organisé de ceux des déportés laissés sur la touche au Sénégal et ceux abandonnés à leur sort au Mali.

- La régularisation et le rétablissement dans leurs droits de ceux des déportés qui avaient choisi de rentrer d’eux-mêmes.

Nous rappelons que l’unité nationale et la paix sociale tant chantés par les pouvoirs publics resteront de vains mots tant que le problème des déportés restera entier. L’unité nationale et la paix sociale ne peuvent en effet être construites sur le déni.

Nouakchott, le 20 Juin 2016

Les signataires

Coalition Action contre la Discrimination Raciale et l’Exclusion –CADRE

Coordination des Organisations des Victimes de la Répression –COVIRE

Afrique Renaissance

Club UNESCO dialogue des cultures

Collectif des anciens fonctionnaires de la Police victimes des évènements de 1989

Collectif des Orphelins des Victimes Civiles et Militaires -COVICIM

Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés -CRADPOCIT

Collectif des Veuves

Collectif des Rescapés Militaires –COREMI

Collectif Mooyto Koota

Kawtal Ngam Æ´ellitaare

Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie –MAPROM Organisation contre les Violations des Droits Humains en Mauritanie - OCVIDH Touche Pas à Ma Nationalité –TPMN



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Source : CADRE
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Commentaires (3)

  • lass77 (H) 21/06/2016 17:59 X

    (***) On ne peut plus compter sur les satellites onusiennes. Une plainte doit être déposée au tribunal contre taya là où Habré a été jugé.

  • a.bennan (H) 21/06/2016 15:03 X

    Ramassis de menteurs racistes.Rassurez-vs: le peuple et l'Etat Mauritanien n'accepteront jamais de servir de depotoiredes peuplades de la cdao.Le danger est tres perceptible.

  • mouftahe (H) 21/06/2016 12:33 X

    HCR, préfère traiter des nouveaux cas comme les maliens et les syriens. Aussi, cela les interessent , HCR, ACF et les autres ont reçu beaucoup de financement. Les rapatriés n'ont pas de chance, depuis les syriennes et touaregs sont venu en Mauritanie, le réfugiés blanc, rougeâtre et plus important le citoyen noir en plus forte raison le rapatrié. HCR, organismes, expat ils sont pire que les mauritaniens et le système, la réinsertion des rapatriés doit être une priorité.