21-06-2016 15:51 - Les réfugiés Mauritaniens au Sénégal crient leur ras-le-bol
Les Mauritanies - Le président de l’association des réfugiés Mauritaniens au Sénégal, Aldiouma Cissokho a vivement condamné l’attitude de l’état Sénégalais et Mauritaniens dans le règlement s du dossier des réfugiés Mauritaniens.
Il s’exprimait ce 20 juin en marge de la célébration de la journée mondiale des réfugiés.
Aldiouma a soutenu ne pas comprendre la passivité du Sénégal et de la Mauritanie sur ce dossier.
Il a fait savoir ne pas comprendre, le Sénégal qui se dit démocratique, qui a signé les différentes conventions des nations- unies, celles de 1951, de 1963 sur les réfugiés et que jusqu’à présent les réfugiés Mauritaniens n’ont pas de papiers d’identification. Et cela est d’autant plus grave que notre pays est limitrophe du Mali où il y a du terrorisme et dans les portes mêmes de la Mauritanie, poursuit-il.
Cissokho a laissé entendre qu’il n’est pas normal dans ces petites régions de l’Afrique de l’ouest que des noirs continuent encore à être considérés comme des apatrides. Nous sommes des Mauritaniens et nous continuons à l’exiger, précise-t-il.
Nous dénonçons l’attitude du gouvernement Mauritanien qui fait des discriminations agressives contre des populations qui ont des ancêtres, une histoire, une religion dans ce pays. Nous considérés comme des étrangers, est un crime.
Aldiouma a souligné, que les autorités Sénégalaises avec toute cette solidarité qu’ils ont pour d’autres problèmes dans d’autres continents. On se rappelle de l’Afrique du sud, d’autres pays mais pour le dossier Mauritanien, ils sont silencieux comme des carpes et on ne comprend pas pourquoi.
Et je pense que les êtres humains dépassent les licences de pêches, se désole le militant pour la cause des réfugiés Mauritaniens. Nos dirigeants doivent comprendre que l’émergence africaine, c’est d’abord l’émergence des peuples et tant que nous vivons ces calvaires, nous allons toujours avoir une pensée très difficile par rapport aux comportements, aux actes de l’Etat sénégalais, au silence assourdissant.
Et nous pensons par rapport à la démocratie émergente du Sénégal, c’est un échec. Nous le proclamons très haut l’Etat Sénégalais a eu un échec sur le dossier des réfugiés Mauritaniens.
Les autorités avancent que nous sommes à peu près à 10000 à 20000 réfugiés et que nous ne sommes pas nombreux. Ce que nous demandons, ce n’est pas de s’aventurer à des chiffres mais seulement que le retour se fasse d’une manière organisée et les gens retrouvent leur droit.
Pour le haut-commissaire des réfugiés (HCR), nous condamnons son silence sur cette affaire. Le HCR doit œuvrer pour assurer la sécurité humaine.
« Nous vivons au Sénégal pendant plus de 25 ans et nous vivons difficilement au Sénégal », conclut-il.
Rappelons que l’Afrique reste le premier continent d’accueil des réfugiés. Ainsi sur les 10 pays qui accueillent plus de réfugiés, 5 sont situés en Afrique subsaharienne. Le continent africain accueille à lui seul près de 4,5 millions de réfugiés.
Ibrahima Dia
