28-07-2016 16:33 - Santé | Vidéo. La cécité soignée gratuitement en Mauritanie. [PhotoReportage]
L’Hôpital Ophtalmologique de la Fondation Bouamatou est « d’un genre unique du fait de la gratuité des soins ». Des soins curatifs, aux soins préventifs, sans bourse déliée, le patient y est simplement roi.
C’est en juillet 2001 que cet hôpital a ouvert ses portes au public toute obédience confondue au point que même les malades de la sous-région n’hésitent plus à faire le déplacement à Nouakchott voir et se faire traiter à ce qui s’apparente à un hôpital de la miséricorde.
Dans des pays sahéliens comme le nôtre où le soleil est présent toute l’année, la cataracte y est l’une des premières causes de consultations. Mais avec « l’hôpital Bouamatou » comme on l’appelle, (du nom de son fondateur) une lutte clinique s’est engagée pour faire face à la cécité, le trachome, la cataracte, le glaucome et autres pathologies visuelles. Cridem était au cœur de l’univers de la vision réduite.
L’œil !, 20 opérations au quotidien, 70 le mois, « toutes opérations confondues et un rythme soutenu de 350 à 400 opérations l’année, des centaines de patients ont retrouvé la vue », confie M. Dahane Abdel Dahim, le directeur, chargé de la gestion de l’hôpital ophtalmologique. Ici tout est gratuit, consultations, hospitalisation, jusqu’à la prise en charge du malade et de son accompagnant.
On ne saurait aller au-delà de la grandeur de l’initiative. Mais la première chose qui frappe le visiteur, c’est l’accueil. Mme Rama Gueye le sourire aux lèvres nous fait guider vers les bureaux de l’étage. Là aussi une autre secrétaire avec la même disponibilité, nous introduisait.
Dans les couloirs de cet univers des blouses blanches, pouvoir contempler de nouveau la magie des couleurs est devenu une affaire de professionnels qui n’ont pour satisfaction morale qu’une main secourable à leurs prochains. « Sept médecins se chargent de cette tâche, note M. Dahame, trois autres consultent avec un technicien supérieur de santé ».
L’homme est revenu sur la formation que concède la structure hospitalière par le biais de la fondation, poursuit M. Dahane, qui cite son fondateur en ces termes : « je veux partager ce que j’ai avec mon peuple ». Il est ensuite revenu sur le succès de l’hôpital en 2005 avec « la greffe de la cornée…8 cas avec une totale réussite ».
C’est en effet, des ophtalmologistes de renom qui sont régulièrement invités à pratiquer dans cet hôpital, et plusieurs étudiants en médecine de l’œil y font leur stage. Sénégalais, marocains, nigériens, tunisiens et mauritaniens, la liste n’est pas exhaustive.
Face à tant de disponibilité, l’hôpital ne désempli pas, dès les premières heures de la matinée, ses différents services sont assiégés, et au fil des heures, l’espace s’est vite transformé en une véritable fourmilière. Mais le tout est vite organisé par les explications du personnel. Par groupes, c’est des malades confiants qui savent qu’un jour pas lointain ils vont passer au bloc opératoire sans payer une ouguiya.
Des personnes d’âge avancé pour la plupart se reposent sur les bancs de la vaste salle d’accueil, plus loin des jeunes frappé par la myopie guettent les lunettes sur mesure, une logistique disponible et gratuite.
Le directeur de l’hôpital, le Dr Sidi ELemine Ould Hamahouallah, médecin de son état qui nous a reçus dans son bureau, venait juste de sortir de la salle d’opération. Il nous a parlé de la cataracte (voir vidéo) avant de faire un bref survol sur les mesures prises dans ce lieu où la disponibilité à l’endroit du patient semble être la première des thérapies.
« Ici aucun mesure de sécurité n’est négligée. Nous prenons toutes les précautions requises. Avant l’opération, nous faisons un diagnostic et un bilan pour vérifier l’acuité visuelle, la tension oculaire mais également le taux de sucre pour les diabétiques, parce qu’il peut y avoir des risques glaucomes et d’hyperglycémie ».
Le médecin avec un autre compatriote revenaient de la France ou ils ont assisté à un séminaire de la Ligue Française contre le Trachome, où ils ont présenté des contributions de hautes factures, avec au menu une prime.
La présence d’un équipement de pointe grève les yeux. Affection curable, la cataracte constitue aujourd’hui la première cause de cécité en Mauritanie. Viennent ensuite le trachome, cette pathologie causée par la mouche et la promiscuité, et le glaucome, qui sont deux autres préoccupations majeures de santé publique.
C’est pour venir à bout de ce problème et faire en sorte que la cécité ne soit plus « une fatalité » que l’hôpital « Bouamatou » se singularise par les nombreuses politiques et actions, mises en place à cet effet. Si l’opération de l’œil coûte cher à des patients déjà précarisés, ici ils ont ce qui leur est nécessaire pour recouvrer la vue, sans donner un centime.
C’est cette gratuité des soins oculaires disponibles et accessibles, qui en fait la direction de tous les mal voyants de la sous-région. Une initiative qui s’inscrit en droite ligne dans la dynamique de « Vision 2020, le droit à la vue », une initiative lancée par l’OMS visant à éliminer la cécité évitable en 2020.
Pour l’heure une visite dans les couloirs de la structure médicale, avec les photos de hautes sommités, atteste que la fondation a depuis sa création, toujours gardé les yeux grands ouverts sur la question.
ADN
©Cridem 2016





















