02-09-2016 10:35 - Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) : Formation aux outils internationaux
L'Authentique - Un atelier de formation à l’intention des membres du Mécanisme national de prévention contre la torture sur les mécanismes internationaux a eu lieu mardi 23 août 2016 à l’hôtel Monotel Dar-el Barka à Nouakchott.
C’était sous l’égide de l’Association pour la prévention de la torture (ARP) fondée en 1977 et basée à Genève.
Une délégation de ce mécanisme conduite par Walter Stinguer et Yasmine Chams avait été reçue auparavant par le Premier ministre Yahya Ould Hademine.
Parmi ces objectifs, le renforcement des cadres juridiques et politiques, l’amélioration des pratiques de détention et le renforcement de la surveillance publique, toutes démarches qu’ils ont tenu à inculquer aux nouveaux membres du Mécanisme mauritanien qui a été mis en place lors de la visite il y a quelques mois du Rapporteur spécial des Nations Unies chargé des questions de torture.
Cet atelier a été marqué par un échange de discours au cours duquel, le président du Mécanisme national, Ould Khaless a salué l’initiative du gouvernement mauritanien dans la prévention des tortures, après la ratification de la Convention internationale contre les traitements inhumains dégradants et son Protocole facultatif. La Mauritanie a également élevé, a-t-il rappelé la torture au rang de crime contre l’humanité.
Pendant deux jours, les membres du Mécanisme ont suivi les exposés des experts de l’ARP avec lesquels les échanges ont été fructueux selon l’avis de certains participants.
Pour Boubacar Ould Messaoud, membre du Mécanisme national de prévention de la torture, le gouvernement mauritanien a été bien inspiré pour avoir mis en place un tel outil de surveillance et de prévention.
Par rapport aux cas de torture soulevés récemment par plusieurs détenus au cours des dernier procès, en particulier celui des jeunes du M25 et des militants d’IRA, Boubacar estime que le MNPT aurait dû agir en amont, dès les premières arrestations pour prévenir tout acte de torture. Il déclare avoir cru que la mission qui leur était dévolue devait commencer dès l’instant où ils avaient prêté serment. «J’ai été surpris de constater que les autres membres du Mécanisme avaient une autre interprétation » a-t-il souligné, comme pour expliquer le refus du parquet de l’autoriser à rendre visite à certains détenus dès leurs premières arrestations.
Cheikh Aïdara
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ENCADRE
Sidya Ould Ahmedi, président ONG «Anciens Esclaves Nouveaux citoyens » :
«Il faut mettre chacun dans son droit pour prévenir certaines situations»
En marge d’un atelier de formation à l’intention des membres du Mécanisme national (MNP) de prévention contre la torture qui a eu lieu mardi 23 août 2016 à l’hôtel Monotel Dar-el Barka à Nouakchott, atelier auquel plusieurs activistes de la société civile avaient pris part, nous avons recueillis quelques avis.
Selon Sidya Ould Ahmedi, président de l’ONG «Anciens Esclaves Nouveaux citoyens », des avancées considérables ont été réalisées par la Mauritanie dans le respect des droits de l’homme, par rapport notamment à son environnement africain et arabe. Il estime cependant que le monde rural et semi-urbain a besoin de programmes de lutte contre la pauvreté, mais surtout d’une éducation soutenue en matière d’information sur les droits de l’homme.
Ce qui reste, selon lui, revient à la société civile qui est encore handicapée par le manque de renforcement des capacités en vue de la formation citoyenne des populations pour un changement des mentalités. C’est dans ce cadre qu’il a salué la caravane qui a sillonné récemment l’Est du pays et séjourne actuellement au Tagant pour sensibiliser les citoyens sur leurs droits, en particulier les victimes des séquelles de l’esclavage.
Par rapport aux fâcheux évènements qui ont eu lieu dans la gazera Bouamatou, Sidya Ould Ahmedi, estime que ces incidents étaient prévisibles au regard de la non prise en considérations des revendications citoyennes et l’absence de solutions aux questions cruciales posées par l’extrême précarité de certaines couches sociales. «Il faut mettre chacun dans son droit pour prévenir ce genre de situation », a-t-il déclaré.
S’agissant du MNP, il considère qu’il s’agit d’un outil important pour la surveillance des droits de l’homme et qu’il dénote de la volonté du président de la république à mettre fin aux pratiques inhumaines et dégradantes, ainsi que les tortures dans les lieux de détentions, des pratiques qui étaient courantes selon lui, dans notre pays. «Je suis très rassuré par le travail attendu du Mécanisme et je suis sûr que son président ainsi que ses collaborateurs sont capables de mener leur mission à bon escient, eu égard à leur bonne moralité et à leur expérience dans le domaine des droits de l’homme».
Enfin, Sidya Ould Ahmedi considère que «nous devons tous œuvés pour une Mauritanie juste, égalitaire et réconciliée avec elle-même, pour mieux consolider l’unité nationale et la cohésion sociale loin des ambitions politiques des uns et des autres ».
