10-09-2016 09:54 - Un militant anti-esclavagiste mauritanien en tournée pour obtenir le soutien de l’Afrique noire

Un militant anti-esclavagiste mauritanien en tournée pour obtenir le soutien de l’Afrique noire

Lebabi - Un militant anti-esclavagiste mauritanien a dénoncé jeudi à Abidjan "l'esclavage domestique" dans son pays et espère mobiliser les pays d'Afrique noire contre ce qu'il qualifie de "racisme d'Etat".

Il espère que la "société civile africaine va faire pression sur les gouvernements du continent afin qu'ils puissent s'acquitter de leur devoir vis-a-vis des populations noires de Mauritanie comme ils se sont acquittés de leur devoir envers les populations noires en Afrique du Sud du temps de l'apartheid", a dit Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA).

"On assiste à un apartheid non écrit implanté en Afrique de l'Ouest contre les Noirs par une minorité en Mauritanie" a ajouté M. Abeid, libéré en mai sur décision de la Cour suprême après environ 18 mois de prison pour avoir dénoncé la survivance de pratiques.

M. Abeid, dont l'ONG n'est pas reconnue par l'Etat, a entrepris une tournée africaine qui l'a déjà conduit au Mali, au Sénégal et prochainement au Burkina et en Afrique du Sud pour obtenir l'appui des sociétés civiles africaines contre les "crimes esclavagistes" dans son pays.

"20% de la population mauritanienne sont toujours des esclaves par ascendance qui sont attachés à la famille des maîtres, astreints à travailler sans repos, sans soins, sont privés d'écoles, de mariage et de propriété"
, a-t-il dit.

Cette tournée est également destinée à obtenir une "condamnation de la Mauritanie" lors de la session de la Commission africaine des droits de l'Homme et du peuple, prévue en octobre prochain à Banjul en Gambie, a précisé M. Abeid, candidat malheureux à l'élection présidentielle de juin 2014

3 militants anti-esclavagistes mauritaniens de l'IRA ont été condamnés le 18 août à des peines de 3 à 15 ans de prison par la Cour criminelle de Nouakchott. Ils étaient accusés de "rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue".

L'esclavage a officiellement été aboli en 1981 en Mauritanie, mais certaines de ses pratiques perdurent, une situation dénoncée avec véhémence par l'IRA. La situation a néanmoins évolué récemment, avec l'adoption en août 2015 d'une nouvelle loi faisant de l'esclavage un "crime contre l'humanité", réprimé par des peines allant jusqu'à 20 ans de prison, contre cinq à dix ans auparavant.



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Commentaires (2)

  • sidi009 (H) 11/09/2016 08:45 X

    Entre la prison gratuite et la campagne présidentielle prise en charge à tous points de vue ; financements et conseillers municipaux offerts , Ould Abdel Aziz aura tout donnè à Biram pour asseoir sa celebritè, nuire irrémédiablement à l'image de ce pays et causer les plus grands torts à la cause des centaines de milliers de haratines laissés pour compte dans ce pays au profit de cet égocentrique personnage.

  • ahmed12b (H) 10/09/2016 16:01 X

    Biram n'est pas un antiesclavagiste! il travaille pour sa poche, sa notoriété et sa panse. Sa tournée en Afrique c'est pour mettre la pression en vue de négocier son retour sans être arrêté vu son implication prouvée dans les émeutes du 29 juillet où 12 policiers ont été blessés. Au Senegal il aurait pu parler des milliers de Talibés (almoudos) réduits en esclavage et de la discrimnitation menée contre les Casamancais. Au Mali il aurait du parler du racisme d'Etat anti-touareg et anti- Peulhs. En cote d'ivoire il aurait pu parler des exactions des ex-Forces Nouvelles. Au Burkina osera t-il parler de la chasse aux sorcières contres les Mossi? Que Nenni! Opportunisme et cynisme quand tu nous tiens! Biram peut berner les Toubabs incrédules mais pas les sahéliens qu sont très intelligents