12-11-2016 08:00 - La cour d’appel doit annuler les condamnations injustifiées et libérer 13 militants anti-esclavagistes, exige Amnesty International

La cour d’appel doit annuler les condamnations injustifiées et libérer 13 militants anti-esclavagistes, exige Amnesty International

Le Calame - La cour d’appel de Zouérate doit annuler les peines d’emprisonnement allant jusqu’à 15 années qui ont été prononcées contre 13 militants anti-esclavagistes et les libérer de prison immédiatement, a déclaré Amnesty International avant leur audience lundi 14 novembre.

"Les autorités se servent de cette affaire dont la solution est évidente pour tenter de faire taire les militants anti-esclavagistes en Mauritanie", a déclaré Kiné Fatim Diop, chargée de campagne pour l'Afrique de l'ouest à Amnesty International.

« Depuis le début, ce procès est entaché d’irrégularités, et des allégations de torture n’ont pas donné lieu à une enquête. Les autorités n’ont pas réussi à prouver la moindre responsabilité pénale pour les actes de violence dont ces personnes sont accusées. La cour d’appel doit mettre un terme à cette mascarade», selon elle.

Amnesty International considère ces 13 militants comme des prisonniers d’opinion. Ils ont été condamnés le 18 août à des peines allant de trois à 15 ans d’emprisonnement pour des faits de rébellion, de recours à la violence, d’agressions contre des policiers et des représentants de la justice et d’appartenance à une organisation non reconnue.

Ces accusations, forgées de toutes pièces, faisaient suite à une manifestation contre l’évacuation d’un bidonville qui a eu lieu dans la capitale, Nouakchott, en juillet. Pourtant, aucun des 13 militants n’était présent à cette manifestation et l’organisation dont ils sont membres, l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste, n’y a pas apporté son soutien.

L’un d’entre eux, Mohamed Jarroulah, se trouvait à 1 200 kilomètres de Nouakchott le jour de la manifestation. Malgré cela, il a été condamné à trois ans d’emprisonnement.

Un autre militant, Moussa Biram, affirme avoir été torturé en détention par des policiers le 16 août. Le tribunal a refusé d’examiner sa plainte, en prétendant ne pas avoir compétence pour la traiter, alors que la législation mauritanienne en matière de torture oblige les juridictions nationales à statuer immédiatement sur toutes les plaintes pour torture et à invalider tout élément obtenu sous la torture.

« La répression visant actuellement les militants antiesclavagistes et les défenseurs des droits humains en Mauritanie n’a aucune justification légale. Si la cour d’appel n’annule pas ces condamnations injustifiées, ce sera un affront aux centaines de milliers de personnes dans le monde qui militent pour l’abolition réelle de l’esclavage», a déclaré Kiné Fatim Diop.

"Ces militants sont des prisonniers d'opinion accusés à tort et incarcérés en vue d'entraver leur travail légitime. Régulièrement pris pour cibles en raison de leurs opinions, ils doivent être libérés immédiatement et sans condition", a-t-elle déclaré.

« Cette persécution de longue date n'a aucun fondement légal. Les autorités doivent mettre fin à leur règne de la peur et cesser de réprimer les militants anti-esclavagistes. »

Amnesty International a un observateur au cours de ce procès en appel. Amnesty International et les organisations signataires exhortent les autorités à mettre fin à la répression croissante contre les militants anti-esclavagistes et à veiller à ce que les défenseurs des droits humains puissent faire leur travail dans un climat favorable et sûr.

La Mauritanie a récemment adopté une loi qui définit l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.



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