14-11-2016 18:48 - Des malades mentaux abandonnés à eux mêmes à la prison de Dar Naim

Des malades mentaux abandonnés à eux mêmes à la prison de Dar Naim

Mauriweb - Après avoir tiré la sonnette d’alarme sur la situation des malades du Sida en prison, le QDN se penche cette semaine sur celles des malades mentaux qui dans cette même prison de Dar Naim à Nouakchott, vivent dans des conditions inhumaines.

Ils sont trois, Touhami Dieng, Doudou et Ahmedou à arpenter, à longueur de journée, les couloirs du plus important établissement pénitentiaire du pays. L’un d’eux a été mis en prison pour tentative de vol et les deux autres pour consommation de produits psychotropes en fait pour avoir inhalé du diluant de peinture sur la voie publique.

Ces trois détenus, malades mentaux notoires, ne bénéficient d’aucun régime spécial ni d’une assistance médicale adéquate. Pourtant le code pénal mauritanien, inspiré de la Chariaa, admet que le malade mental n’est pas seulement non punissable, il est irresponsable, ce qui est d’ailleurs le cas dans la majorité des pays européens.

Le défaut de discernement est par ailleurs une cause d’irresponsabilité. La personne atteinte d’un trouble mental n’est donc pas seulement non punissable, elle est pénalement irresponsable. Même si on peut distinguer les "fous" qui ont "dérapé", par la faute de leur pathologie et ceux, sains d'esprit à leur entrée, que la prison a cassé et qui sont devenus "fous" à cause de l'enfermement et des conditions de détention, le résultat est le même. Leur place est à l’hôpital psychiatrique, voire dans une unité de soins spéciale.

Comme nous l’avions souligné, la situation des prisons en Mauritanie demeure préoccupante. Avec plus de trois milles détenus répartis entre la Maison d’arrêt de Dar-Naïm, la Prison Centrale, la Prison des femmes de Sebkha, le centre de détention des mineurs, la prison d’Aleg, celle de Bir Moghrein et Nouadhibou. Les capacités d’accueil de ces structures pénitentiaires sont très largement dépassées. La promiscuité le dispute à l’insalubrité, à la sous alimentations et aux ravages des maladies comme le SIDA, la tuberculose et les troubles mentaux.

Il faut souligner que la Mauritanie a ratifié les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de la personne humaine qui reconnaissent dans leurs dispositions le respect de la personne humaine en situation de détention. Ainsi, l’article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dispose que : « Toute personne privée de sa liberté est traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérent à la personne humaine ».

Les prisonniers malades mentaux entrent dans le cadre de l’Article 10 concernant les personnes incarcérées atteintes de pathologies graves.

C’est pourquoi les autorités Mauritaniennes, les ONG et les structures internationales concernées doivent se saisir de ce dossier afin de pallier les insuffisances éventuelles du système.




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