03-12-2016 17:33 - Purges au sein de l’armée 89-91 : Les veuves marchent contre l’impunité

Purges au sein de l’armée 89-91 : Les veuves marchent contre l’impunité

Le Calame - Le collectif des veuves et orphelins des exactions commises dans les casernes militaires des années 89-91 ont organisé une marche spontanée, le 28 novembre à Nouakchott.

Elles ont battu le pavé depuis l’hôtel Khatter jusqu’au siège de leur organisation au robinet Sarkollé de Sebkha, chez mère Houleye Sall. Cette marche est intervenue après la cérémonie commémorative du 28 novembre, date de l’indépendance du pays.

Au cours de cette cérémonie, le collectif a réitéré son opposition à l’impunité et réclamé la traduction devant un tribunal des auteurs des crimes commises entre 1989 et 1991 contre les militaires négro-mauritaniens. En effet, pour marquer cet anniversaire, en en 1990, 28 militaires issus de la communauté négro-africaine ont été pendus dans la base d’Inal par leurs frères d’armes maures, ont affirmé les rescapés.

Au cours de cette cérémonie commémorative, les veuves, orphelins et des organisations de défense des droits de l’homme et des rescapés ont écouté des témoignages poignants et atroces des rescapés d’Inal et de J’Reida sur les dernières heures de leurs compagnons d’infortunes.

Sortis très remontées pour n’avoir pas été entendus depuis bien longtemps par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, des dizaines de veuves , orphelins et sympathisants ont marché de l’hôtel Kharer en passant par le carrefour de la BMD, l’hôpital national, le ministère de l’équipement et des transports où des forces de l’ordre sont intervenues pour les disperser.

L’objectif de cette marche spontanée était de réclamer la traduction devant un tribunal des auteurs des tueries opérées dans certaines casernes du pays entre 1989 et 1991, indique au Calame, Aissata Diary Sall, chargée de l’organisation du collectif.

Et d’ajouter: "la police est intervenue à l’entrée du 5eme arrondissement pour nous disperser, mais face à notre détermination, elle n’a pas pu nous arrêter et nous disperser, nous l’avons affrontée pour continuer notre marche jusqu’à notre siège au 5eme ; elle n’a pas pu user des grenades lacrymogènes parce que nous avions séquestré entre nous deux de ses éléments".
Poursuivant son propos, elle explique : nous disons au président de la République de ne pas protéger les bourreaux qui sont connus de tous et se promènent au vu et au su de tout le monde, aussi bien ici qu’en dehors du pays; nous exigeons qu’ils soient traduits devant un tribunal pour connaître la vérité sur ce qui s’est passé en cette période sombre de l’histoire du pays ; nous voulons connaître les motifs qui ont conduit à ces tueries pour que nous puissions faire le deuil de nos maris, frères et fils. Et enfin Aissata Sall de regretter que le projet de cartographie des sépultures promis par le président de la République ne soit pas concrétisé.



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 5
Lus : 3078

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (5)

  • lass77 (H) 04/12/2016 19:13 X

    @a.bennan@ Honte toi, qui te parle de coup d'État ? Il n'a jamais eu de coup pour qu'on exécute des pères de familles.Et les autres assassinats dans l'armée ? Tu parles du coup : d'État de 2003 ? Quelqu'un a t il:a été exécuté ? Certains sont devenus des hommes politiques alors tais toi et j'espère tu ne couvres pas ces!kouffars criminels qui ont tué les vrais fils de ce pays.

  • a.bennan (H) 04/12/2016 13:44 X

    @lass77@ pourtant il n'y a ue aucun tam tam au sujet des victimes du precedent poutch et qui n'appartiennent pas a une meme tribu Arabe...alors pouquoi ce deversement gratuit et immodere de haineet de racisme de ta part.

  • lass77 (H) 04/12/2016 12:31 X

    Je souhaite que désormais les manifestants brandissent sur des pancartes les visages des kouffars qui sont encore vivants dont on connait leurs noms et actuellement en poste dans des fonctions étatiques. Il nous faut des visages et des noms de ses criminels : kouffars dans les manifestations qui doivent êtres mensuelles jusqu'à au Aziz bouge.

  • kalidou gueye (H) 04/12/2016 01:08 X

    Tant que ce probleme ne sera pas regler, nous continuerons a reclamer nos droits et ce pays n ira null part.

  • lass77 (H) 03/12/2016 22:08 X

    Du courage, il faut mettre la pression sur les kouffars criminels qui ont tué leurs concitoyens, les vrais fils de ce pays à cause de la folie des hommes. Il faut multiplier ces actions tous les mois en plus de la date anniversaire correspondant à l'indépendance de ce pays.Honte à ces kouffars qui se cachent derrière les privilèges hypocrites. Ça vous dit quoi de priver une mère de son fils unique ? Ça vous dit quoi de priver une épouse de son époux ? Ça vous dit quoi de priver un enfant de son père ?