21-01-2017 10:12 - Rencontre | Le docteur Hamahoullah Ould Mohamed Sid’Elemine, ou la modestie d’une blouse blanche
On a l’habitude de dire que les grands hommes sont loin de l’univers du paraitre. Modeste et pas pasionaria pour un sou, le Docteur Hamahoullah Ould Mohamed Sid’Elemine, concède tout juste l’art d’aimer sa profession. Portrait d’un médecin témoin de son temps à travers l’abécédaire d’une vie au service de l’autre. Cridem l’a rencontré.
Ce natif d’Aïoun est venu au monde en 1965, c’est dans ce Hodh qu’il fait son cursus primaire. Après des études secondaires sanctionnées par un bac, cap pour l’Université de Constantine en Algérie. Nous sommes en 91.
Il passe avec brio toutes les étapes qui vous mènent au diplôme de médecin. De retour au bercail, il exerce au Trarza de 1991 à 1995 comme médecin traitant, avant de devenir le médecin chef de la moughataha.
Mais le goût des études est toujours présent, se spécialiser dans un domaine précis, en 1998, l’Institut d’ophtalmologie tropicale de Bamako – Mali, alors dirigé par une main de fer par les coopérants militaires français à l’époque, l’accueille pendant 4 longues années, dont le dernier semestre se passe au service d’ophtalmologie du CHN de Bordeaux en France, sous la direction du célèbre Professeur J.F. Korobelnick.
En Tunisie, il fait un stage d’une année chez le Pr Leila El Matri qui lui permettra de réussir le concours d’assistanat en ophtalmologie en septembre 2003. Avec un C.V on ne peut plus élogieux en bandoulière, l’homme se trace un nouveau sillon dans sa vie de médecin, l’ophtalmologie, l’univers de l’œil, qui achève son parcours atypique.
Chez lui en Mauritanie, il rend un hommage appuyé à la ville qui l’a vu naître, en y ouvrant le premier centre d’ophtalmologie. Un épisode qui aura duré le temps d’une rose.
L’homme n’est qu’à une étape de ses ambitions ; en 2004, il se trouve à l’hôpital de la Fondation Bouamatou où il gravit les échelons pour en devenir le directeur en 2014. Un directeur qui ne s’enfonce pas dans le fauteuil moelleux d’un bureau, mais c’est face à des patients qu’il passe la plupart de son temps.
A la fondation Bouamatou, il partage son temps entre le suivi de ses patients et la formation des cadres de santé spécialisés en ophtalmologie. A son actif, la formation de deux premières promotions de médecins résidents en ophtalmologie dont deux médecins nigériens, boursiers par la fondation Bouamatou, ainsi qu’une d’une promotion de techniciens supérieurs en ophtalmologie.
L’agrégation en ophtalmologie survint en 2010. Après avoir enseigné en Tunisie, et la faculté de médecine de Nouakchott, lui passe le témoin. Quand c’est le directeur qui donne l’exemple par l’abnégation, il entraine nécessairement des collègues. Voilà une belle manière de les motiver dans la pratique de l’exercice de leur fonction. Ils sont quatre médecins, huit techniciens supérieurs en ophtalmologie, quelques infirmiers, qui vous comblent la lacune médicale, surtout celle de l’œil.
Marié et père d’une fratrie de quatre bouts de bois de Dieu, le Docteur Hamahoulah, président de la société mauritanienne d’ophtalmologie est revenu sur la distinction que son collègue le docteur Abdallahi Ould Minnih a reçue l’année dernière à la société française d’ophtalmologie. Prix décerné à un médecin qui s’est le plus affirmé dans la lutte contre certaines pathologies de l’œil, à l’image du trachome.
ADN
©Cridem 2017


