12-04-2017 22:30 - En Libye, on vend des migrants africains sur des « marchés aux esclaves »

En Libye, on vend des migrants africains sur des « marchés aux esclaves »

Jeune Afrique - Le dernier rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), rendu public lundi, met en avant plusieurs témoignages glaçants, selon lesquels un certain nombre de migrants sont vendus, tels des esclaves, sur des marchés au sud de la Libye.

Lundi 11 avril, l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM) a publié un rapport, qui signale l’existence dans le sud de la Libye de « marchés aux esclaves », où des migrants seraient vendus par des trafiquants d’être humains.

« Les migrants parlent de marchés au milieu des villages, où l’on vient acheter des hommes et des femmes migrants », indique Giuseppe Loprete, chef de mission à l’OIM Niger, à Jeune Afrique.

Au sujet des réseaux qui se livrent à cette traite humaine, il explique que « c’est la première fois qu’on obtient une vision aussi complète » de leur fonctionnement.

Dans son rapport, l’OIM met notamment en avant le témoignage d’un Sénégalais, SC, passé par ce type de marchés. Au cours du périple qui le mène à Agadez, au Niger, ce dernier est contraint de verser à des passeurs la somme de 200 000 francs CFA (304 euros) pour poursuivre son chemin. Le début du calvaire commence pour lui. Trompé, il atterrit dans un véritable marché d’être humains au sud-ouest de la Libye.

« Des migrants subsahariens y étaient vendus et achetés par des Libyens, avec l’aide de Ghanéens et de Nigériens qui travaillaient pour eux », peut-on lire dans le rapport de l’OIM. « Ce sont des situations similaires à l’esclavage tel qu’il était pratiqué avant », estime Giueseppe Loprete. « Certains disent que c’est pire. Nous avons des photos qui ne sont même pas publiables. »

Demande de rançon aux familles

Une fois vendus, les migrants sont parqués dans des maisons. SC emploie le terme de « prison » pour qualifier les lieux dans lesquels il a vécu alors. Pendant cette détention, beaucoup sont contraints d’appeler leurs familles. Au cours de ces appels, détaille le rapport, ils sont frappés pour faire comprendre à leurs proches qu’ils sont torturés. Et que leur libération a un coût.

« Nous avons déjà vu des migrants à qui l’on avait coupé les doigts et les mains », se souvient Giuseppe Loprete. « L’un d’eux nous a raconté qu’un trafiquant avait tiré sur lui quand sa famille avait indiqué au téléphone ne plus avoir d’argent. »

Pour obtenir sa libération, SC a dû payer 300 000 francs CFA (456 euros). Une libération de courte durée, le migrant étant ensuite « acheté » par un autre Libyen. D’après Giuseppe Loprete certains migrants comme SC, travaillent plusieurs mois sans être payés avant de finir dans une autre maison.

Puis un jour, moyennant la somme de 600 0000 F CFA (912 euros), déboursée par sa famille, SC est libéré. Son calvaire de SC prend aussi fin grâce au sauvetage du bureau de l’OIM au Niger.

Un risque confirmé

« Les migrants que nous avons rencontré ces derniers jours ont tous confirmé le risque d’être vendu comme esclaves sur des places ou dans des garages à Sabha, soit par leur chauffeur, soit par des locaux, qui recrutent les migrants pour des travaux journaliers en ville, souvent dans le bâtiment », peut-on lire dans le rapport de l’OIM.

« Au lieu de les payer, [les « recruteurs »] vendent leurs victimes à de nouveaux acheteurs. Certains migrants, principalement nigérians, ghanéens et gambiens, sont forcés de travailler pour [les acheteurs] en tant que garde dans les maisons [où sont détenus les migrants vendus] ou même au « marché » « , détaille encore le document.

L’OIM facilite le retour volontaire des migrants venus de la Libye et de l’Algérie dans leur pays d’origine. L’année dernière, l’organisation a aidé 5 000 personnes et depuis le début de l’année, 1 500 sont rentrées dans leur pays avec l’appui de l’agence.

Par Jacques-Alexandre Essosso



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : Jeune Afrique
Commentaires : 3
Lus : 2299

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (3)

  • lass77 (H) 14/04/2017 17:17 X

    @kemetseth88@ Les voeux maudits que tu souhaites peuvent tomber sur ton pays, rappelles toi que ton propre pays pratique également les memes crimes , les memes injustices qui sont insurportables. Par ailleurs, je fais parti des gens qui croient que la Mauritanie aussi connaîtra sa tragedie à la syrienne ou la libyenne si les gens ne cessent pas de se comporter comme des Kouffars. La sanction des musulmans déguisés en kouffars est trés rapide c'est un des malheurs des nations musulmanes dans ces fins des temps.

  • Bertrand (H) 13/04/2017 10:28 X

    Kemet sath, ce genre d'article cherche des gens niais comme toi. JEUNE EUROPE (COLONIALE) diffuse des informations pour animer la haine entre pauvres. Les arabes de ne sont pas pire que les autres, je ne dirais pas qu'ils sont meilleures. N'as tu pas entendu parler du génocide rawndais, de hutu de tutsi. Le plus grave crime c'est le meurtre, l'assassinat, ils sont commis regulièrement par tous les peuples. Les européens colonisateurs vous feront détesté jusqu'à vos pères et mères et vous feront manger votre prgéniture, parce que vous êtes maléables à volonté. Qui a mis la lybie ou tous les afriacins avaient une seconde patrie, dans l'états de désordre et de destruction oul'homme est parfois obligé de se nourrir sur la chaire de son voisin pour suivre? Soyez intelligents posez vous des questions.

  • Kemet-Seth88 (H) 12/04/2017 23:12 X

    que la honte et la malédiction s’abat sur les dirigeant de l'Afrique noire jusqu’à la 7em génération, comment peut t-on concevoir des telles pratiques au 21em siècle sur notre continent et dont les victimes ne sont autres que les notre ? les arabes malgré l'islam sont les individus de la pire espèce humaine. le malheur de la Libye est mérité, pourvu que leurs souffrance dure encore une éternité