16-09-2017 09:12 - Calamités…. Calamités…. Calamités…

Calamités…. Calamités…. Calamités…

Le Calame - Le gouvernement mauritanien vient de refuser le visa à un groupe de militants des droits civiques américains. Les activistes américains auraient ainsi fait l’aller-retour Chicago-Nouakchott, dix-huit heures de vol, pour rien.

Un peu comme nos mêmes autorités nationales avaient refusé, presque dans les mêmes conditions, le visa au grand penseur musulman Tariq Ramadan et à sa famille, il ya un an de cela. Selon le porte-parole du gouvernement, la délégation américaine prévoyait des rencontres contraires aux dispositions légales nationales, notamment en voulant s’entretenir avec des dirigeants d’organisations non reconnues.

D’ailleurs, ajoute le ministre, les autorités auraient bien prévenu l’ambassade américaine de Nouakchott que ses compatriotes n’auront pas de visas pour séjourner, comme prévu, du 8 au 15 Septembre en Mauritanie. Mais à détailler le programme des rencontres avec les personnalités nationales, il n’y a que Birame Ould Dah qui corresponde à la catégorie des dirigeants d’organisation non reconnue.

Visiblement, il semble loin le temps où ce militant des droits humains sillonnait le pays, pour battre campagne aux couleurs et aux emblèmes de son organisation (non reconnue), en qualité de candidat à la présidence de la République. Un extraordinaire exemple de l’hypocrisie officielle qui manipule les affaires au gré des circonstances.

Le refus de donner des visas à des militants des droits civiques venus échanger, avec quelques organisations nationales, sur les expériences de lutte contre les pratiques et les séquelles de l’esclavage, est une nouvelle erreur qui vient s’empiler aux bourdes que le gouvernement mauritanien accumule, depuis quelques temps.

Et qui dénotent de l’improvisation et de la légèreté avec lesquelles ce pouvoir expédie les choses, sans tenir compte des conséquences que ces agissements maladroits peuvent engendrer, sur l’image du pays et la crédibilité des politiques et programmes qu’il prétend concevoir, dans la promotion de la démocratie, des droits humains et de la bonne gouvernance.

La Mauritanie est signataire de toutes les conventions internationales, de tous les traités et de toutes les chartes possibles et imaginables promouvant le respect des droits humains. Mais entre ces engagements et les pratiques, quotidiennes, de la violation des dispositions qu’ils impliquent, « raconte, sans gêne » ce que tu voudras.

Les injonctions de la Communauté internationale et ses interpellations, envers la Mauritanie, à l’occasion des examens périodiques universels ou des présentations des rapporteurs des Nations Unies, lors des sessions internationales, n’ont jamais servi à rien.

Les rapports les plus accablants comme celui de Philip Alston ne constituent, pour le pouvoir, qu’une occasion de persévérer, d’une part, dans le déni des réalités incontestables, comme l’exclusion de certaines communautés, le racisme ambiant, les pratiques esclavagistes, la marginalisation, la mauvaise gestion et l’inégalité du partage des ressources nationales, et, d’autre part, dans la diabolisation et la criminalisation des militants des droits humains.

Depuis la déconvenue du rejet des amendements constitutionnels par le Sénat, le 17 Mars 2017, suivi de la cinglante déroute du forcing référendaire et des rebondissements politico-judiciaires, sur fond d’indiscrétions croisées à la base de l’affaire Bouamatou/Ghadda, le pouvoir est dans la plus totale confusion.

Et les informations sur un probable vote « négatif » des militaires aura été la goutte qui a fait déborder le vase, déjà plein de rage contre des sénateurs accusés d’être corrompus, du manque de confiance en une majorité dont de hauts responsables commencent à essayer de décrypter le profil du futur homme fort du pays et d’irritation contre une opposition « virtuelle » qui fait feu de tout bois, en continuant à dénoncer, insolemment, les petits dérapages en tout genre d’un pouvoir qu’elle croit aux abois.

Confusion ou panique ? Peut-être. Peut-être pas. Les jours à venir promettent de retentissants rebondissements. Attendons de voir plus clair…. dans cette aveuglante confusion.

El Kory Sneiba



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Commentaires (6)

  • medabdul (H) 16/09/2017 13:16 X

    CALAMITES, CALAMITES y'a que des oiseaux de mauvaise augure dans ce pays, souhaitez du bien a ce pays même merdique,le renvoi de ces negros américains qui ont des millions d'esclaves chez eux, qui dorment dans les rues et qu'on en tue quotidiennement douze;12 chaque jour que DIEU fait ne mérite pas tout ce boucan, les harratines et autres esclaves doivent se battre chez eux et non pas amener des juifs et autres athées pour régler leurs problèmes, si ce pays se désintègre tout le monde perdra.

  • abouth (H) 16/09/2017 11:21 X

    Du point de vue de l'opposition vocale, le gouvernement mauritanien a toujours tort!! Cette opposition prend toujours parti en faveur des adversaires de la Mauritanie, qu'ils soient politiques, économiques ou culturelles. C'est une opposition anti-mauritanienne; raison pour laquelle elle va d'échec en échec...

  • sraghaa (H) 16/09/2017 11:00 X

    SNEIBA ,tu sais fort bien qu'il n y'a plus d'esclavage chez nous,tu sais aussi que ces pseudo ONG ne peuvent regler aucun problème ,ils sont juste des outils politiques et propagandistes à la solde du "qui paye mieux" .Qu'est-ce-qui te chagrinent alors?SOS ou BIRAME partagent avec toi le profit qu'ils tirent de cet "esclavage" inexistant ?en tout cas ,ils n'en donnen rien aux descendants des anciens esclaves

  • Socrateplaton (H) 16/09/2017 10:46 X

    Les petit dictateur peuvent s'en prendre à leurs compatriotes . Il peuvent les emprisonner, les torturer, leur interdire de voyager, les persécuter de toutes les manières possibles et imaginables à condition de ne pas provoquer les Usa. Cela peut leur coûter cher. A bon entendeur salut.

  • La Baronne Noire (H) 16/09/2017 10:44 X

    Rebondissement sur rebondissement, la presse se déchaine en Mauritanie et les journalistes n’ont plus leurs langues dans leurs poches, ils ne gardent plus de secret et n’ont plus peur et sont prêt à verser dans la diffamation contre le pouvoir, alors que le pouvoir pouvait s’évité les foudres des journalistes qui s’étaient jusque là eux aussi garder de dénigrer le système qu’ils connaissaient les failles, aujourd’hui la solidarité est de chaine avec les journalistes et le soutient du peuple intellectuel est mise en rude épreuve, entre la liberté de s’informer et le soutient au système, ceux qui font les commentaires pour le système sont les mêmes qui ont plusieurs pseudo et malheureusement ils n’ont pas beaucoup d’argument pour contrer les articles étincelants contre Aziz et son gouvernement, les commentaires pour Aziz ne sont pas argumentés pour convaincre, ils sont faibles et nuls d’ailleurs, Aziz doit se réconcilier avec les journalistes et la presse faute de quoi son pouvoir vacillera et va s’effondré sous peu, les journalistes ne feront aucun cadeaux, la liberté est sacrée chez eux. Comme on dit un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une foret qui pousse.

  • habouss (H) 16/09/2017 10:28 X

    "Attendons de voir ...." C'est le constat d'un incapable qui a tous les éléments de son désarroi, sauf les solutions. Entre un homme qui sait qu'il est sur un bateau face un iceberg avec aucun choix d'éviter une collusion et une opposition de jour en jour réduite à sa portion la plus extrémiste, il ne reste au peuple mauritanien que la PRIÈRE.