09-10-2017 16:33 - Interdiction par les autorités du lancement des activités du "Groupe Ensemble pour un plan Marshall pour les Harratines"
Ahmedou Vall Messaoud - Le hakem de Tévragh-Zeina vient de nous notifier que sur les instructions des autorités suprêmes du pays que la conférence de presse qui devait se tenir ce mardi 10 Octobre 2017, au Café de Tunis, à 11h, ne pouvait se tenir sauf si nous changeons le thème de la conférence qui était : "Un plan Marshall pour les esclaves et anciens esclaves de Mauritanie financé par le Gouvernement français".
Le but de la conférence était de sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale sur l’extrême pauvreté, l’ignorance et la discrimination dont sont victimes de nos jours encore les esclaves et anciens esclaves de Mauritanie qui sont qualifiés de pauvres des pauvres et auxquels l’Etat, par l’entremise de l’Agence Tadamoun, n’apporte que du replâtrage sans impact sur le lendemain.
Au demeurant, cette situation peut être vue à l’intérieur du pays, dans les Adwaabas, même ici à Nouakchott dans les quartiers périphériques, où ces populations semblent être abandonnées à leur triste sort.
Notre initiative pense que la France du fait de son rôle historique en Mauritanie, responsable et coupable de cette situation, avec d’autres partenaires, pouvaient aider à l’amélioration de cet état de fait lamentable en plein 21ème siècle.
Néanmoins, nous rappelons aux autorités suprêmes de ce pays en l’occurrence le président Mohamed Ould Abdel Aziz que la Constitution mauritanienne dont il est le gardien consacre la sacralité des libertés d’opinion, d’expression, d’association, de réunion, de déplacement et de manifestation.
Ces énoncés constitutionnels s’imposent à tous les acteurs de l’espace public, à toutes les autorités politiques et administratives de ce pays. Aucune raison ne saurait être évoquée pour suspendre les droits et libertés des citoyens que celle prévue par la Constitution en cas de crise politique majeure.
Cette interdiction illégale, sans fondement et sans raison, s’inscrit en droite ligne dans la négation de la persistance de l’esclavage en Mauritanie et participe au refus de laisser une délégation d’ONGs américaines des droits de l’Homme se rendre compte de la situation des droits de l’homme en Mauritanie, récemment expulsés du pays manu militari.
Nous continuerons à rechercher les voies et moyens d’édifier la communauté internationale sur la persistance de la pratique de l’esclavage en Mauritanie.
Nouakchott, le 09 Octobre 2017
Par le Groupe Ensemble pour un plan Marshall pour les Harratines
