14-07-2021 07:00 - L’assurance agricole peut elle contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire ?
Mohamed Lemine Naty - La plus grande partie de la population mauritanienne subsiste grâce à des activités agricoles et d’élevage. Ces deux secteurs constituent une source de revenus essentiels et un moteur clé de développement économique.
Les zones rurales regroupent prés de 41% de nos 4 millions d’habitants. Au cours des dernières années, le milieu rural a représenté 28% du PIB dont 4,6% pour l’agriculture et 23,4% pour l’élevage. Malgré ces résultats et les importants investissements réalisés, ce milieu regroupe, selon les dernières statistiques disponibles 77% des pauvres du pays.
Cette situation d’ensemble explique la priorité qui lui est accordée par les pouvoirs publics notamment dans le Programme Prioritaire Elargi du Président de la République (PROPEP) et la Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP).
C’est dans ce cadre qu’il faut saisir l’appel lancé lors de l’ouverture, à Rosso, de la campagne agricole 2021 – 2022 par M. le Président de la République pour redoubler d’efforts en vue d’assurer l’autosuffisance dans le domaine des fruits et légumes et des céréales essentielles. Pour atteindre cet objectif, des défis majeurs restent à relever en matière particulièrement de financement, de protection de la production et d’assurance agricole.
Cette dernière mérite une attention particulière car la mise en place d’une compagnie d’assurance spécialisée en la matière permettra de réduire les fluctuations du revenu des producteurs , sécuriser le mécanisme de financement accordé par la caisse de dépôts et de développement (CDD) et renforcer la résilience des agriculteurs aussi bien au niveau de l’agriculture irrigué qu’au niveau de l’agriculture sous pluie.
Au niveau de l’irrigué, l’assurance doit garantir une indemnité payable à l’assuré si les dégâts causés à la culture sont liés aux inondations et aux dommages causés par les oiseaux granivores et les rongeurs.
La police d’assurance doit se faire dans le cadre d’un contrat collectif des producteurs souscrit par leur fédération.
L’assurance indemnisera les agriculteurs dans le secteur irrigué sur la base de la perte réelle, suite à la survenance d’un événement assuré et d’une expertise diligentée sur le lieu du sinistre. Quant à l’agriculture sous pluie, elle bénéficiera d’une assurance indicielle.
Les indemnisations relatives aux assurances indicielles reposent uniquement sur un indice et sans aucune référence à un quelconque dommage. L’indemnisation peut être enclenchée dés que le niveau pluviométrique est inferieur à la normale dans la zone géographique couverte par l’assurance.
En Mauritanie, on peut retenir l’assurance indicielle climatique ou l’assurance indicielle basée sur un rendement moyen par zone d’agriculture sous pluie.
Mohamed Lemine Naty
Economiste
