22-02-2022 18:11 - Mauritanie: réactions après l'interdiction aux chauffeurs étrangers d'exercer dans le secteur des transports

Mauritanie: réactions après l'interdiction aux chauffeurs étrangers d'exercer dans le secteur des transports

Le360 Afrique - Un document de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), publié il y a quelques jours, interdit aux étrangers résidant au pays, d'exercer les activités de transport de personnes et de marchandises. Voici les réactions des principaux concernés par cette décision.

Cette circulaire demande «aux forces de police, surtout celles se trouvant sur les points de passage et les accès des villes, une application rigoureuse des instructions», justifiées par «des raisons sécuritaires» et une revendication des syndicats.

La nouvelle directive devrait toucher particulièrement des chauffeurs de taxis sénégalais et de nombreux Maliens conducteurs de tricycles spécialisés dans le transport de marchandises, estiment les observateurs.



Abdallahi Ould Mohamed, dit Naha, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), une des plus grandes centrales syndicales du pays, rappelle que cette décision n’est pas nouvelle. Elle revient régulièrement sous la pression sociale du chômage.

Par ailleurs, le leader syndical estime que cette annonce devrait être faite par le ministère du Transport dont elle relève du champ de compétences.

Sur le fond de la décision relative à la préférence nationale, il est d’avis que celle-ci peut comporter des avantages, mais aussi avoir un contre coup, dans un contexte largement informel comme celui du transport public dont les employés ont besoin d’un cadre légal.

Modou Fall, chauffeur de taxi, de nationalité sénégalaise, vivant en Mauritanie depuis l’âge de 7 ans, désireux de continuer à exercer son activité professionnelle «dans un pays frère», sollicite un assouplissement de la mesure, tout en exprimant ses dispositions à se conformer à la légalité, en cas de maintien de cette loi.

Fatou Diop, cliente, active au sein de la Société civile, coupe la poire en deux. Elle s’interroge d’abord sur l’existence suffisante d’une main d’œuvre nationale pour assurer toutes les tâches de transport, et envisage la possibilité d’une formule permettant aux ressortissants des pays frères de continuer à travailler dans le secteur. Cependant, elle comprend la démarche comme une mesure de préférence nationale, comme il est possible d’en voir un peu partout ailleurs chez les pays voisins.

Mamadou Kouyaté, conducteur de tricycle, de nationalité malienne, travaillant dans le transport de marchandises, soutien avoir entendu parler de cette nouvelle mesure, «mais le patron nous a dit qu’elle ne vise que le transport de personnes et non celui des marchandises. Nous travaillons ici dans un pays frère, cela devrait continuer».

Par De notre correspondant à Nouakchott
Amadou Seck




Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 2
Lus : 2658

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • Noha24 (H) 23/02/2022 14:17 X

    Ces lois bidons et racistes qui sont sorties dans le seul but de porter préjudice aux personnes qui ne fond que travailler honnêtement une seul personne décide d'interdire aux autres pratiquer leur activité. Les pays voisins devraient appliquer la réciprocité d'interdire à tous mauritanien de faire du commerce leur seul activité. Les pays inventés de toute pièce par les anglais pour piller les richesses tel: Qatar,Bahreïn etc ne voient pas le bout de leur nez ,de plus ils ne connaissent rien en dehors de leur pays et chez-nous presque 60% sont à l'étranger qu'est ils font la bas?

  • Buwuelm (H) 22/02/2022 23:17 X

    La DGSN (Direction Générale de la Sûreté Nationale) interdit aux étrangers résidant en Mauritanie, d'exercer les activités de transport de personnes et de biens. J’espère que cette décision qui pourrait être lourde de conséquences, ne fera pas tache d’huile dans les pays de la sous-région, et pour d’autres domaines. Aussi, la préférence nationale, pour être adéquate, doit être basée sur les aptitudes morales et professionnelles que requièrent les postes convoités. Il y a deux catégories de chauffeurs de taxi, ceux qui sont employés et moyennant salaire, et ceux qui sont propriétaires de leurs automobiles. Pour le second groupe, le problème ne se pose pas. Par contre, pour le premier, les Employeurs préfèrent confier leurs véhicules aux chauffeurs étrangers, plus faciles à gérer que les chauffeurs mauritaniens qui souvent, donnent du fil à retordre à leur patron, se considérant eux-mêmes comme des décideurs, au même titre que le chef. Voilà qui pourrait entraver le développement de la filière « taxi ».