12-09-2022 18:16 - Boghé : le GIE DYNN tient sa 8e assemblée générale - [Photoreportage]

Boghé : le GIE DYNN tient sa 8e assemblée générale - [Photoreportage]

Brakna-Infos - Le GIE-DYNN (Groupement d’intérêt économique-Dental Yaakaare Ndema e Ngaynaaka) qui réunit 18 coopératives du Casier Pilote de Boghé, a tenu sa 8e assemblée générale ordinaire ce dimanche 11 septembre 2022, dans les locaux de la Direction Régionale de la SONADER.

Parmi les points inscrits à l’ordre du jour, la présentation et la discussion du Rapport moral et financier du Conseil d’administration du 31 août 2020 au 30 août 2022 et l’élection d’un nouveau Conseil d’administration.

Après la lecture de quelques versets coraniques et l’allocution de bienvenue prononcée par M. Dia Mamoudou, le 1er Adjoint au Maire de Boghé , les 54 délégués des coopératives ont suivi la lecture du rapport moral et financier du CA du GIE présenté par son président M. NGaïdé Ibrahima Kayyou.

Ce document de 16 pages y compris les annexes, dresse d’abord un chronogramme des activités du CA et du comité de pilotage mixte GIE DYNN/INMA-AGRO. Il fait état d’une demande de financement d’un montant de 9.614.000 MRU soit 96.140.000 MRO adressée à l’ONG américaine USADF à la suite d’une rencontre avec cette institution dans les bureaux du GIE DYNN à Boghé et des CR des réunions du CA durant l’année 2022.

Trois commissions de travail avaient été mises en place par le Conseil d’administration pour faire le diagnostic de l’organisation effective des coopératives, proposer un plan d’action, faire des investigations sur les « 800 parcelles » et faire un inventaire exhaustif du patrimoine du GIE.

Sur un autre chapitre, le rapport fait un diagnostic des causes exogènes et endogènes des déficits élevés cumulés d’un montant de 15.636.534 MRU durant les années 2020 et 2021. Parmi les causes exogènes de cette débâcle financière, le rapport mentionne entre autres, la mauvaise qualité des aménagements, l’absence du soutien financier ou matériel des pouvoirs publics et les effets néfastes de la pandémie du COVID 19.

Quant au causes endogènes, elles sont diverses : grève jugée « irréfléchie » des employés qui a mis en péril les cultures en pleine campagne (une superficie emblavée de 1000 ha a été réduite à 300 ha seulement dont 40% ont été dévorés par les oiseaux granivores) ; un défaut de trésorerie du partenaire INMA-AGRO ; Le déficit de compétences agricoles réelles pouvant garantir une planification adéquate et un suivi régulier et correct des cultures ; des dysfonctionnements dans la gestion et l’exploitation du projet ; l’action néfaste des animaux divagants.

En plus, le document mentionne la décision prise lors de l’AG du 12 décembre 2022, de ne pas aller en campagne rizicole de contre-saison sèche compte-tenu des effets dévastateurs des oiseaux granivores et du coût élevé de l’énergie. L’AG avait alors proposé une campagne maraîchère de soudure dès octobre 2021 et si les conditions financières le permettent, de mener une campagne hivernale précoce dès le mois de mai 2022.

Mais les audits des bilans annuels de 2020 et 2021 révélant des déficits cumulés de plus de 152 millions de MRO, ont remis en cause toutes ces tentatives d’exploitation et relancé le débat sur la refonte en profondeur des systèmes d’exploitation du CPB. Cela est d’autant plus vrai que les recettes ne peuvent plus couvrir les frais du personnel. Parallèlement à cela, les contacts entrepris récemment avec le ministère de l’agriculture pour tenter de mener une campagne hivernale de 700 ha n’ont abouti à aucun résultat concret.

C’est dans cette optique que le comité de pilotage, après avoir envoyé une mission d’évaluation sur le terrain le 7 juin dernier, a pris la décision, en accord avec le CA de DYNN, d’arrêter la campagne pour limiter les dommages qui pourraient en advenir et de suspendre ses contrats avec ses personnels.

C’est dans ce contexte de crise que se tient cette assemblée générale dont l’objectif principal est de proposer des pistes de solutions pour repartir sur de nouvelles bases. Parmi celles-ci figure au premier plan la recherche de sources de financement adéquat et compatible avec nos systèmes d’exploitation qui exige une mutualisation des moyens pour répondre aux exigences d’une agriculture de développement par le biais de partenariats gagnants-gagnants.

Pour ce faire, il s’agira de capitaliser les potentialités existantes (terres fertiles, eau, soleil, main d’œuvre jeune etc.), de rechercher des financements adéquats et une expertise avérée, de mettre en place des structures de base solides et durables avec une volonté politique réelle des pouvoirs publics d’appuyer le secteur agricole. Des partenaires fiables existent dans les pays voisins mais aussi dans notre diaspora qui a commencé à se structurer à travers trois sociétés (3G, Walomen et GBA).

Des pourparlers sont d’ailleurs en cours avec une firme marocaine dénommée AQUAMAG sans remettre en cause le partenariat avec INMA-AGRO. Dans quelle mesure ces alternatives pourraient sortir le CPB de cette impasse qui n’a fait que trop durer ?

Le rapport soumis à l’approbation de l’Assemblée générale recommande le changement de méthodes d’embauche en optant pour des contrats payés à la tâche et au rendement, la diversification des partenaires en raison de l’importance des superficies exploitées, la désignation des membres du CA et des comités de gestion selon des critères de compétence dans le domaine de la gestion, le maintien si possible de notre partenaire actuel en raison de « sa générosité et de son expérience dans la gestion », l’obtention d’un titre foncier collectif, la restructuration des coopératives et le règlement du problème des « 800 parcelles » entre autres.

Après la lecture du rapport, des membres du CA et de la direction du CPB ont présenté des comptes rendus de leurs rapports d’activités. MM. Djigo Moussa et Lam Aliou, respectivement SG du CA et directeur du CPB ancien ont mis l’accent sur les problèmes internes des coopératives après un diagnostic approfondi (dispersion des adhérents qui entraîne un déficit de communication, manque de ressources de fonctionnement, difficultés d’accès au Crédit agricole, réactualisation des listes des adhérents et les agréments).

Ensuite, le DG de l’extension du CPB, M. Ngaidé Amadou Moussa a présenté la situation financière (encaissements et décaissements) du GIE pour la période allant du 13 décembre 2021 au 31 août 2022 : les encaissements ont atteint la somme globale de 915 849,40 MRU alors que les décaissements sont évalués à 243 228,80 MRU.

Un montant de 285 000 MRU a été viré sur le compte GIE. Il s’agit d’un montant financé par PRODEFI au profit d’un Champ Ecole Paysan (CEP). Un décaissement de 148 280 MRU a été opéré pour l’achat du matériel d’irrigation.

A la date du 29 juillet 2022, le compte du GIE DYNN à l’Agence BMCI à Boghé affichait un solde créditeur de 4 796 430 MRU. Le solde créditeur du compte était de 3 944 249, 98 MRU au 1er décembre 2021.

Quant aux délégués des coopératives villageoises membres du GIE, ils ont d’abord unanimement salué les efforts consentis par le CA et la direction du CPB avant d’aborder les difficultés auxquelles ils sont confrontés sur le terrain.

Parmi celles-ci, on peut retenir notamment la mauvaise qualité de l’aménagement (d’où la nécessité de réhabiliter le périmètre), l’accès aux machines agricoles en période de labour et de récolte, la gouvernance des coopératives, l’autonomie financière, la gestion du personnel, le recouvrement des redevances, la dispersion des adhérents des coopératives (d’où la nécessité d’autoriser les transferts), le manque d’implication des jeunes et les déprédateurs etc.

L’Assemblée générale a adopté à une écrasante majorité cinq résolutions adressées au prochain conseil d’administration du GIE. Ces résolutions recommandent entre autres « l’adoption de mesures appropriées en vue de préserver les intérêts des membres, la signature des protocoles d’accord avec des entités solvables et dotées d’expertises dans le domaine de l’agriculture irriguée sur une partie ou sur la totalité du périmètre de l’extension du CPB, le choix des administrateurs selon des critères de compétence, de disponibilité et de motivation et la prorogation de leur mandat pour une durée de 4 ans, l’engagement de procédures d’obtention du titre foncier collectif de toute la plaine au nom du GIE DYNN et enfin la régularisation de la situation des coopératives avant la fin de l’année 2022».

Enfin, l’Assemblée générale a abordé le dernier point inscrit à l’ordre du jour à savoir l’élection du bureau du CA du GIE dont le mandat est arrivé à expiration. Une commission de désignation de 7 personnes dont 5 issues des délégués des coopératives a proposé la reconduction du conseil sortant « en reconnaissance aux efforts inlassables qu’il a fournis durant ses deux premiers mandats ». M. NGaïdé Ibrahima Kayyou est réélu à la tête du Conseil d’administration de DYNN.

Il est secondé par deux vice-présidents : Mariata Abdallahi Dia et Oumar Sada Kelly. Moussa Abou Djigo, Moussa Alhousseïnou Dia, Elhadj Samba Ngaïdé sont respectivement SG, SG adjoint et Chargé des finances. Quant à la communication, elle est confiée à Yall Zakaria et Ndiaye Daouda.

Mohamed Mahmoud O. Aghrabat, Amadou Moussa Boye, Hamady Abou Wagne et Abou O. Ahmed Babou figurant aussi parmi les 12 membres. Ce CA qui a obtenu 100% des voix des délégués des 18 coopératives se succède à lui-même pour un 3e mandat. Au terme de plus de 8 heures d’horloge, la séance est levée vers 19 h.

Notons que le GIE DYNN est créé en juin 2018 après la fin des travaux d’extension du Casier pilote de Boghé. Après avoir cherché en vain des financements de l’Etat pour exploiter ces nouvelles superficies, le GIE a décidé de signer un partenariat avec INMA-AGRO, un groupe privé mauritanien qui opère dans le secteur.

Un comité de pilotage cogéré par les deux institutions a été mis en place pour assurer le suivi du projet. Deux directeurs se sont succédé jusque-là à la tête du projet : MM. Lam Aliou et Ngaïdé Amadou Moussa. La 1ère campagne rizicole avait démarré en février 2019 dans le cadre d’une exploitation collective des superficies emblavées.

Abdoulaye Dia













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