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Accès aux boutiques Emel 2012 : Bousculades et disputes au quotidien.
Les boutiques du programme d’urgence ouvertes par l’Etat pour permettre un accès à des prix abordables des populations aux denrées alimentaires, au cours de l’actuelle conjoncture, caractérisée par une sécheresse fortement ressentie et un affolement des prix, drainent beaucoup de gens, qui se rassemblent aux premières lueurs de la matinée devant les portes de ces points de distribution.
De l’aube, jusqu’à la fermeture de ces boutiques, les bousculades et les disputes sont le lot quotidien des longues files des femmes et hommes venus braver le soleil pour être servi.
Beaucoup de gens avaient salué le lancement du plan d’urgence Emel 2012 et l’ouverture des boutiques dans les quartiers précaires de Nouakchott ainsi que dans les zones reculées du pays.
Après quelques jours de fonctionnement, les populations commencent à manifester des signes de lassitude face à un programme qu’elles jugent insuffisant pour les aider à faire face à la cherté des produits de première nécessité.
Partout, comme dans les points de vente d’El Mina, c’est un parcours du combattant qu’il faut livrer pour se servir, en supportant les fortes bousculades et les insultes que peuvent proférer des femmes étonnées de l’absence de galanterie des hommes, pour qu’elles soient servies les premières. Pour avoir les 2 kilos de riz permis (ou du sucre), il faut également être capable de rester sous le soleil pendant quelques heures.
Un calvaire très dur pour les femmes alignées devant ces boutiques dont certaines portent sur leur dos leurs bébés. Sûres qu’elles peuvent perdre leur place dans le rang, ces mères sont obligées d’amener leurs enfants avec eux, pour leur éviter des pertes d’allaitées, qui peuvent avoir des répercussions sanitaires graves sur leurs bébés.
Enfin, notons l’approvisionnement desdites boutiques en produits n’est pas suffisant, parce que des femmes se voient parfois signer, après une longue attente que les stocks des pâtes alimentaire, du sucre ou du riz sont épuisés, l’invitant à aller dans d’autres points de vente. Ces femmes désabusées par ces frustrations fréquentes ont lancé à l’Etat un appel pour renforcer la capacité des boutiques, notamment en augmentant leur effectif et en garantissant en quantité suffisante, mais aussi en qualité les denrées subventionnées.
Ba Abou Oumar