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Hothiéré Thioubalel (Bababé) : Champs dévastés.
La collectivité paysanne du village de Hothiéré Thioubalel est au désarroi. Au moment où la famine menace plus d’un foyer en Mauritanie et que les ménages attendent, plus tôt que prévu, la période de soudure, cette collectivité a vu la quasi-totalité de ses cultures (Palé) le long du fleuve Sénégal dévastée par des troupeaux dont les propriétaires ne semblent pas se préoccuper outre mesure de la famine dans laquelle ils jettent ces pauvres cultivateurs.
Hothiéré Thioubalel est un village qui se trouve à 4 km à l’Est de Bababé sur la route de Kaédi. Ses habitants, pour l’essentiel des paysans, cultivent des Palé au lieudit « Lekko » le long du Fleuve Sénégal. Et cette année aussi, ces champs étaient prometteurs et ces cultivateurs, qui fondaient tous leurs espoirs sur les récoltes à venir, avaient une certaine assurance.
Malheureusement, la semaine dernière, des troupeaux d’animaux de toutes sortes se sont jetés, comme des morts de faim, sur ces champs, les dévastant et dévorant la quasi-totalité des cultures : maïs, niébé, tomates, boudi (espèces de melons cultivés localement)… Rien n’a été épargné.
Affligés au plus haut point, les cultivateurs sinistrés ont saisi le Hakem de Bababé qui les a fait accompagner d’un élément de la Garde nationale aux fins de constat. L’autorité locale a donné l’assurance aux victimes qu’il instruira leur plainte et donnera une suite…
Il faut rappeler que la récurrence des faits similaires dans la Vallée risquerait à la longue de déboucher sur un drame, surtout si l’on sait les risques de famine qui menacent cette année les populations rurales.
Les paysans de Hothiéré Thioubalel, qui crient à qui veut les entendre que les troupeaux qui ont dévasté leurs champs sont coutumiers du fait, déclarent être à bout et réclament justice. Leur regard est tourné vers le Hakem sur qui ils fondent leur dernier espoir de voir le préjudice subi ne pas passer pour pertes et profit.
En tout cas, il est temps que l’Administration territoriale s’émeuve du malheur des cultivateurs constamment soumis aux méfaits des éleveurs. La main de la justice doit être lourde pour dissuader les contrevenants qui agissent sciemment et au mépris de la plus simple des morales.