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Adrar / Emel 2012 : Entre rigueur donateur et souffrances bénéficiaires !
A l’instar des autres régions, le lancement en Adrar du plan d’urgence « Emel 2012 », ne s’est pas opéré sans problèmes. Son exécution en effet, semble patiner, tant les obstacles sont nombreux et multiformes. D’un coté, les pouvoirs publics, au plus haut niveau tiennent à faire aboutir convenablement, au risque de bousculer des habitudes très encrées, ce très couteux programme gouvernemental d’appui aux populations touchées par l’absence, cette année de pluie.
Un chargé de mission auprès du président de la république a été dépêché sur place. De l’autre coté, des éleveurs et agriculteurs réduits à augmenter la masse des nombreux pauvres sans revenus qui se débattent pour survivre.
Ils sont unanimes à la base et au sommet à admettre que la situation alimentaire des populations sur l’ensemble du territoire est très grave.
L’absence cette année de la pluie fut la goutte qui fit déborder le vase. Pour faire face à la situation, le gouvernement a élaboré un programme d’urgence appelé « Emel 2012 » .
En vue d’expliquer les et aboutissants de ce programme le chargé de mission à la présidence, a entrepris un périple explicatif et évaluatif avec le Wali de l’Adrar, qui l’a conduit à Atar, Aoujeft, Ouadane,Chinguetti. Mohamed Yahya Ould Horma s’est réuni dans les 4 Moughataas avec les chefs de ménage, notables, responsables de quartiers, représentants des partis politiques et de la société civile.
Il a expliqué les raisons qui ont conduit à l’élaboration de ce programme d’urgence ; Son énorme cout financier qui représente environ le 1/3 du budget de l’Etat ( en cumulant les 45 Milliards du programme proprement dit et 60 Milliards destinés à atténuer les effets de la hausse des prix au niveau des marchés internationaux du carburant, gaz, eau électricité)… ; Ould Horma a en outre défini les voies et démarches à suivre pour que ce programme se réalise dans toute la transparence pour que les personnes pauvres ciblées en bénéficient.
Il a reconnu que le retard de lancement de ce programme dans certains départements est dû au manque de moyens de transport insuffisants au plan national. Dans leurs interventions les assistants ont énuméré l’insuffisance des quantités de produits mises en vente, le manque de certaines denrées, le nombre insuffisant de boutiques communautaires, leurs répartitions géographiques, l’insuffisance des aliments de bétails en su de nombreux autres problèmes de santé, éducation, eau, infrastructures routières, chômage, contribution des sociétés de recherches pétrolières etc.…
Il importe de rappeler que le programme « Emel 2012 » qui s’étale sur une durée de 8mois à compter de février 2012, est constitué de quatre composantes : Une distribution de vivres gratuits à environ 5% de la population de la région ; La mise en service de 33 boutiques communautaires réparties sur les 4 Moughataas et vendant à moitié prix les produits de base (blé, sucre, huile, riz et pates alimentaires) ; La mise à disposition mensuelle de 100 tonnes d’aliments de bétails pour chaque département régional ; Le forage d’un puits pastoral (sondage ) en plein centre du Dhar de l’Adrar ( équidistant entre Ain Savra-Chinguett-Atar).
Ce programme d’urgence parviendra-t-il à atteindre ses objectifs , sera-t-il conduit différemment que ceux qui l’ont précédés comme l’affirme le chargé de mission envoyé en Adrar?…..Donnons le temps au temps !
Ely Salem Khayar