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B’ Il a dit…
Convention de pêche avec les chinois:Pillage en attendant le démarrage…
La convention de pêche signée, il y a deux ans, entre l’Etat mauritanien et la société chinoise Poly-hondone Pelagic Fishery.Co continue de provoquer beaucoup de bruit et suscite vraiment la colère au sein des milieux de pêche.
L’usine, dont la construction est achevée, n’a toujours pas démarré mais les bateaux, particulièrement les céphalopodiers, prévus dans l’accord, pêchent depuis plus de quatre mois chez nous et vendent leur production sans se référer à personne.
Un privilège qui n’est pas accordé à n’importe qui, n’est-ce pas ?
Il est vrai que la convention de pêche entre les chinois et l’Etat mauritanien n’a jamais eu bonne presse dans l’opinion. Le débat qu’elle a suscité au sein du parlement et au cours duquel ses détracteurs, les députés de l’opposition, avaient pris le dessus a bien contribué dans ce discrédit.
Mais il faut tout de même accepter que cette convention accorde tous les privilèges à un partenaire difficile à traiter, véreux et qui bénéficie de complicité réelle dans les hautes sphères de l’Etat ou de ses plus proches soutiens. Au sens propre et au figuré. C’est certainement ce qui explique que l’entreprise chinoise puisse se permettre de traîner et ralentir le démarrage de son usine, censée accueillir plus de 2000 travailleurs mauritaniens, mais dont la rentabilité n’est, peut-être, pas garantie. Du moins rapidement.
En effet Poly-hondone Pelagic Fishery.Co s’est limitée jusque-là à exécuter les parties qui l’arrangent du contrat léonin qui la lie avec la partie mauritanienne. Ainsi, elle a fait entrer, dans nos eaux territoriales, depuis déjà quatre mois, les bateaux qui pratiquent la pêche de fonds, l’un des chaluts à bœuf et plusieurs petits bateaux qui opèrent prêt de la côté, et qui, tous ne pêchent que le fonds. Les navires senneurs qui doivent théoriquement alimenter l’usine n’ont toujours pas été amenés dans notre pays.
L’autorité compétente, si on ose le dire, en pareille occurrence, le ministère des pêches, n’a pas jusqu’ici levé le petit doigt pour signifier au partenaire encombrant et gâté de satisfaire aux exigences de l’accord afin d’exécuter toutes ses clauses. Peut-être qu’il comprend bien ses limites ou plutôt les limites de ses prérogatives…’’Clémence pour celui qui sait mesurer sa taille, et se contente d’une posture bien en deçà.’’ Dit l’adage arabe..
En attendant de voir si les chinois vont enfin faire marcher leur usine, on dénonce, dans les milieux de la pêche, la pêche du poisson de fonds avec des méthodes archaïques et nocives pour la pérennité de la ressource. En attendant, les chinois vendent sur le marché au nez et à la barbe de la SMCP et ne rendent compte à personne.
L’accord, qui leur accorde tous les privilèges, ne prévoit pas pourtant ce cas de figure: pêcher dans les conditions avantageuses pour simplement vendre le poisson. Sinon pourquoi exclure les européens de la pêche des céphalopodes ? Ceux-ci exerçaient au moins dans un cadre moins opaque, l’accord de pêche Mauritanie-UE.
Tout cela se passe au moment où le secteur des pêches connait des difficultés énormes et suscitent tous les bruits à cause du débarquement d’un peu moins de trois mille personnes des bateaux européens et ceux des licences libres. Jusqu’ici, le gouvernement s’est limité à gérer le côté visible de l’affaire : exiger le versement des droits revalorisés des travailleurs.
Une action certes positive mais qui constitue juste un calment et non pas un remède à un problème qui apparaîtra, souligne un observateur, au lendemain de l’arrêt biologique, dans quelques jours. Après cela, poursuit-il, les travailleurs auront consommé leurs maigres droits et reviendront nécessairement de nouveau dans la capitale économique chercher du boulot.
Remaniement : Un scoop…
On aime bien, dans les parages du président de la République, parler, en privé, à la presse privée, d’une manière suggestive de l’imminence d’un changement de gouvernement. On espère que la presse fasse écho de ce remaniement, et aille même, jusqu’à la nomination des ministres. Notre source à la présidence de la République s’est empressée de nous fournir ce qu’elle considère comme un scoop. Un scoop, c’est peut-être vrai, ou faux ! De la pure manipulation de la part du directeur de cabinet du président de la République, par conseiller interposé ?!...Soit !
En tout cas, l’existence de l’évidence d’un intérêt, pour les hautes sphères, ou pour un de leur pan, semble être, pour nous, bien établi. On ne saurait donc avaler tout ce qui nous arrive de là-bas.
Un scoop. Soit ! On ne peut le traiter tel qu’il nous a été révélé. Analyse et recoupement s’imposent. On en parle de plus en plus, de l’imminence d’un changement gouvernemental.
C’est d’autant plus plausible et attendu qu’on ne peut occulter l’indiscrétion. Mais, il y a lieu de partir d’un postulat. Une vérité inébranlable. Un remaniement ministériel est le boulot du président de la République. C’est lui seul qui remanie et manie ses ministres. Dans ce domaine là, il n’a aucunement de conseiller.
Pourquoi donc on travaille, au niveau du cabinet du président, à manipuler la presse pour faire écho d’un changement gouvernemental, hypothétique, même si tant attendu ? Un intérêt. Certes. Quelque part…
Certains échotiers devisent, déjà, depuis quelque temps, sur un conflit opposant le directeur de cabinet du président de la République au premier ministre. Conflit supposé, vrai ou faux ? On ne saurait dire.
Ce conflit serait donc intimement ou, plutôt, ‘’in-intimement’’ lié à la rumeur de changement de gouvernement. On comprendrait bien, sans vouloir prendre partie dans une vraie fausse guerre futile et sans intérêt pour la Nation, que le directeur de cabinet du président de la République n’aille pas refuser d’occuper le poste de PM, à la fin des hostilités. Quoique l’hésitation du PM, après capitulation, à occuper le poste du dircab devait bien rester dans le domaine de l’inavoué. Et, rapidement réprimée.
Cela n’écarte pas l’objectivité d’un changement ministériel, tout de même. Dans une interview accordée, à Jeune Afrique, Mohamed Ould Abdel Aziz a bien souligné que les ministres sont nommés et dénommés et ne sont pas des élus à mandat électif. Ce qui rendrait crédible toute rumeur sur l’imminence d’un changement ministériel au sein d’une équipe qui n’a rien à envier, coté mandat, au président de la République. S’ajoute à cela l’absence de visibilité de l’action gouvernementale.
Mais, il faut dire qu’un remaniement ministériel, sous Ould Abdel Aziz, est un peu comme la fin des temps. Elle n’arrive, c’est connu, dans la tradition musulmane, qu’à l’improviste. Or, pour celle-ci on dispose tout de même de signes annonciateurs.
On ne sait pas vraiment si la rumeur soufflée par les airs du diracb est un signe annonciateur ou tout simplement, comme disait l’émérite poète maure, un signe prémices des signes annonciateurs ?
Yahya vs le Code des marchés publics…
A l’occasion de sa sortie, la semaine dernière, à la TVM, le ministre de l’équipement et des transports, Yahya Ould Hademine a dit beaucoup de chose. On en retient, particulièrement, quatre résolutions majeures :
‘’Plus de gré-à-gré ; plus d’avenants ; obligation capacité de physique à exécuter les marchés et l’application strictes des pénalités de retards accusés par les entreprises exécutrices des marchés publics.’’
Ould Hademine a conclu sa sortie médiatique sur ces quatre points. Revenons-en à la politique du secteur des marchés publics. Elle était, on le sait, l’objet de négociation ardue, pendant cinq ans, entre les différents acteurs et intervenants concernés et la banque mondiale. De ces rounds de négociations est née la loi régissant le code des marchés publics. Un code qui fait autorité. Anonyme et impersonnel.
C’est, en somme, un outil de base pour toute économie structurée et structurante. Dans ce code, on prévoit bien les cas de figures évoqués par le ministre. Mais, seulement, tous les cas de figure relatifs aux points évoqués par le ministre sont d’ores et déjà prévus dans le cadre de ce code.
Aussi, en vertu de cette même loi, on prévoit tout un dispositif et outils rassurant, à la fois l’Etat et les opérateurs du secteur. Ce n’est pas pour rien que des commissions des marchés sectorielles, des commissions de passations des marchés et une autorité de régulation des marchés publics ont vu le jour, dans le cadre de ce code. Dans un code, qui est la norme à tout, on est prévenant.
Car, la loi est d’abord faite pour être appliquée pour et sur des humains. Elle n’est pas si systématique que le propose Ould Hademine. Autrement, c’est l’arbitraire. ‘’ C’est tout simplement démagogique et insensé s’offusque un expert du secteur.’’ C’est peut-être pour ouvrir le boulevard à des abus, à des passe-droits, s’indigne un autre.’’
Yahya Ould Hademine s’inscrit, là, en porte à faux avec l’esprit de la loi régissant le code des marchés publics. C’est un appendice, en quelque sorte. Qui rappelle un peu le fameux article 104 greffé sur la Constitution, sous l’époque de Maaouya qu’on ne cesse là-haut d’accabler et de qualifier de tous les péchés d’Israël.
Une question demeure posée, tout de même. Va-t-on, dorénavant, statuer sur les quatre points évoqués par le ministre, en s’inspirant des dispositions prévues dans le code des marchés publics, ou systématisant au bon vouloir d’Ould Hademine ?
B'...