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01-10-2012

13:39

Protocole de pêche RIM-UE : Esquisse d’une évaluation financière.

Le montant de la contrepartie financière prévue au nouvel accord de pêche entre notre pays et l’UE fait débat, à l’objet de savoir si le montant de cette contrepartie a augmenté ou a diminué, par rapport à l’accord précédent. Il nous semble que ce débat ne saurait être pertinent que si nous voulons savoir dans quelle mesure l’UE subventionne l’accès de ses navires aux zones de pêche extérieures.

En effet, ce qu’on appelle ici la contrepartie financière n’est que la part que l’UE prend en charge sur le montant global que nous demandons au titre de l’accord de pêche, le reste de ce montant étant payé par les Armateurs des navires concernés (sous la rubrique droit d’accès ou redevance).

Or ce qui nous importe à nous, c’est bien de savoir combien nous rapporte directement cet accord, la clef de répartition interne à l’UE entre elle et ses Armateurs ne pouvant nous intéresser que du point de vue de la concurrence éventuelle des navires en question aux nôtres, en termes de cout du droit d’accès et de conditions d’exploitations en général.

Dès lors et de notre point de vue, il serait plus à-propos de comparer l’apport global de l’accord précédent à celui du nouvel accord. Ainsi, sur la base des éléments publiés par l’UE (voir ici le Protocole 2012), le nouvel accord rapporte :







Quant à l’accord précédent (dont le montant de la contrepartie financière est dégressif), toujours sur la foi des éléments publiés par l’UE (voir ici le Protocole 2008), il a porté sur :




Sur la base ce qui précède, nous pouvons conclure qu’au titre du nouvel accord et comparativement à l’accord précédent, le rendement financier annuel direct a progressé de :

? +10,26 Millions € par rapport à 2008/2009 (+10%) 

? +20,26 Millions € par rapport à 2009/2010 (+22%)

? +23,26 Millions € par rapport à 2010/2011 (+26%)

? +26,26 Millions € par rapport à 2011/2012 (+31%)

Il faut rappeler que les chiffres présentés pour l’accord précédent (2008/2012) incluent le prix des licences et la contrepartie pour le droit d’accès de 32 navires de pêche aux céphalopodes, pour une capacité totale de 13.950 GT, ce qui est énorme, rapporté au nombre d’unités et au chiffre d’affaires de nos chalutier nationaux exerçant les mêmes activités.

Or le nouvel accord, tout en faisant progresser l’apport financier a exclu les céphalopodes, pour les réserver exclusivement aux nationaux et cette rente, probablement aussi importante que celle du nouvel accord de pêche, doit être ajoutée au rendement financier dudit accord.

Enfin, et pour avoir une estimation encore plus proche de l’impact et de la portée réels de la nouvelle convention (compensation financière totale de l’effort de pêche cédé), entre autres et en plus de l’augmentation du nombre de marins embarqués, il faut aussi ajouter les 2% des captures des navires pélagiques, soit 6.000 tonnes de poissons destinés à la consommation intérieure, etc.

Samouri Ould Mohd Saleck Ould Ahmed Yehdhih


 


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