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Encore un projet décrié.
L’ancien Commissaire Diop, surfant sur des contradictions internes aux communautés et des arrangements entre parents des deux rives du fleuve , a réussi à réaliser, à Tiofol, à près de deux km à l’est du chef lieu de la Commune de Ould Birem, un important projet d’environ 67 ha.
C’est au beau milieu du site de la célèbre forêt classée de Silbé dite EL Mavoud ou encore Wawe, grande de 2953 ha dernières caches des fauves, que ledit projet s’est installé. Un site superbe, aux écosystèmes variés. Ce projet a eu raison d’espèces arboricoles rares et d’arbres centenaires.
Des ressources compilées à travers les âges de la façon que seule la nature sait le faire. Aucun investissement public ou privé, si important soit-il, ne peut prétendre réparer les dégâts causés à ces ressources.
Quelques années après la réalisation de cette entreprise, outre quelques employés mal rémunérés dont le statut s’apparente aux domestiques plus qu’à autre chose, l’impact social est nul. Les campagnes agricoles sont improductives . Les paysans qui triment à longueur de journée voient passer, sans en profiter, de nombreux engins. Ce qui ajoute à l’amertume générale qui ne cesse de monter. Malgré cela, les terres mises en valeur ne constituent même pas la moitié de la concession. Le reste des terres sert de zones de transhumance au cheptel du patron.
Non content de la chance terrible qu’il a eue en exploitant judicieusement son projet, Monsieur Diop enfonce le clou, s’adonne à la provocation en décidant d’aménager une surface supplémentaire de 70 ha.
Les populations riveraines du site, toutes sensibilités confondues, n’entendent pas se faire avoir une seconde fois. Par une réunion des représentants des communautés voisines (Thiofol, Olologo 1 et 2, Daressalam, Zawaya) de 44 participants, tenue le 13 courant à Thiofol, à quelques 500m du projet, les populations décident de s’opposer à ce nouveau projet qui, à leurs yeux, comporte un fort relent de spéculation.
A cet effet, les participants ont convenu d’un certain nombre de modalités :
1. Informer l’administration locale par une plainte adressée au Hakem de Boghé ;
2. Ecrire une demande à l’intéressé en le suppliant de renoncer à cette extension qui pourrait engendrer des conséquences graves ;
3. Inviter les employés à ne pas s’aventurer sur le site de l’extension ;
4. Surveiller continuellement le site destiné à l’extension ;
5. Désigner un comité de gestion de cette question qui s’est mis à l’œuvre de suite.
A l’issue de la réunion, tous les participants se sont dirigés vers le projet en espérant rencontrer Mr Diop pour lui signifier le refus collectif du projet envisagé. Ne l’ayant pas trouvé sur place, ils lui ont laissé une demande de renonciation du projet signée des 44 participants.
Au cours de la réunion, il a été regretté l’absence de l’administration en la matière par le peu d’intérêt qu’elle accorde aux ressources environnementales ainsi que la grande attention qu’elle accorde aux soi-disant promoteurs au détriment de l’écoute que lui doivent les populations.
Moussa Ould Samba n’Diaye
Président de l’ONG ARDE.
Tel : 36347919