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Pêche : la visite d’une délégation sénégalaise en Mauritanie fait relancer de vieux débats...
La visite annoncée d’une délégation du Ministère chargé des pêches de la République sœur du Sénégal, met sur table un ensemble facteurs qui semblent brouiller la lisibilité pour le décideur et limiter sa capacité de prise de décision en ce qui concerne l’accès aux petits pélagiques, particulièrement dans le sous-secteur mauritanien de la pêche artisanale et côtière.
Suite aux discutions qui ont souvent eu lieu avant et après ce genre de rencontre, les concernés par ce dossier évoquent souvent plusieurs éléments de divers ordres.
D’abord, toutes les espèces des petits pélagiques sont pleinement exploitées ou surexploitées à l’exception de la sardinelle plate pour laquelle la Mauritanie envisage de développer une flotte nationale appropriée pour pêcher cette espèce ainsi que les petits thonidés, constituant toutes actuellement des prises accessoires pour d’autres pêcheries côtières et industrielles.
Sur un potentiel permissible annuel global de 1.200.000 de tonnes des petits pélagiques, la pêche industrielle capturent annuellement plus d’un million de tonnes laissant le reste à environ 100 navires côtiers mauritaniens, 65 embarcations affrétées et 81 sénégalaises clandestines opérant dans nos eaux.
L’effort de la pêche artisanale et côtière est mal cerné et le retard dans la mise en place d’un registre national d’immatriculation (support papier) où est consigné le nombre exact du parc, dissuade toute décision visant l’augmentation de la pression exercée sur les petits pélagiques en particulier. Ainsi, le nombre d’immatriculations détenues par les professionnels semblent dépasser celui des embarcations effectivement existantes.
La confusion qui règne dans ce sous-secteur a permis la multiplication du nombre des embarcations côtières en bois sous le double régime d’affrètement et de ‘’clandestinité’’. Les dernières délégations sénégalaises en Mauritanie avaient en effet recensé 81 embarcations sénégalaises clandestines opérant sous la protection d’opérateurs mauritaniens sans compter, selon la même source, les nombreuses pirogues immatriculées mauritaniennes alors qu’elles sont, en réalité, sénégalaises avec leurs équipages.
D’autre part, les professionnels mauritaniens s’opposent aux 300 licences octroyées habituellement au Sénégal et souhaitent plutôt l’ouverture totale de l’affrètement avec la possibilité de faire travailler des étrangers qualifiés.
La Mauritanie mise déjà sur la récupération de 2% de la production de tout navire industriel autorisé à pêcher les petits pélagiques dans ses eaux nationales pour favoriser l’approvisionnement de marché national et la réalisation d’une consommation nationale de 8-10 kg/h/an.
Les objectifs de préservation de la ressource et d’intégration du secteur des pêches à l’économie nationale, imposent à nos décideurs, entre autres, la domestication des activités du sous-secteur de la pêche artisanale et côtière afin qu’il contribue davantage aux objectifs spécifiques de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.
En ce qui concerne la partie sénégalaise, elle aurait souhaité que les mauritaniens continuent de fermer les yeux sur leurs embarcations ‘’clandestines’’ ou immatriculées mauritaniennes sur la base d’une vente fictive, souvent formalisée par une autorité publique mauritanienne. En d’autres termes, elle cherche à maintenir le nombre de 300 licences (sans précisions poussées) car le partage d’un nombre de licence réduit entre une clientèle trop hétérogène, lui poserait des problèmes internes insolubles.
Enfin, une équation à variables multiples est alors posée aux spécialistes de l’algèbre des boules, des théories des grands ensembles, des jeux, de l’amusement et même de l’indifférence.
Bienvenue à nos frères et amis du Sénégal et succès aux travaux qui débuteront demain, lundi 03 Décembre 2012.
Dr Sidi El Motar Ahmed Taleb