Cridem

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24-07-2013

18:16

Campagne agricole et campagne politique : Quant opposition et pouvoir font le mélange des genres

Loin de la politique politicienne, la nouvelle arène des confrontations politiques entre canonniers de l’opposition et flibustiers de la majorité présidentielle semble insidieusement s’être déplacée du milieu urbain vers le monde rural.

L’agriculture semble ainsi s’incruster dans une campagne qui n’a plus rien à voir, de prime abord, avec l’approche philosophique d’un ministère du Développement Rural qui ne voit que du vert et des ventres bombées, là où l’opposition ne perçoit que misère et fumisterie.

Un mélange de genre d’autant plus difficile à démêler qu’entre une campagne agricole et une campagne politique, il n’y a qu’un petit centiare d’illusion.

Réponse du berger à la bergère. Lors de sa dernière sortie dans la région de Maghta-Lahjar, le ministre du Développement Rural, Brahim Ould MBareck Ould Mohamed Mokhtar a tenu à répondre au communiqué persifleur de la Coordination de l’Opposition démocratique (COD) remettant en cause les données de son département et critiquant le manque de moyens suffisants pour la récolte prochaine. Qu’à cela ne tienne.

Pour répondre aux détracteurs du régime, le ministre qui effectue une tournée d’inspection dans les zones pluviales du pays, choisira ainsi comme prétexte à ses éclaircis, le site d’Agweïnitt relevant de la commune de « Ouad Amour », 30 Kilomètres de Maghta-Lahjar (Brakna). La digue qu’il inaugurait à cet endroit mesure 966 mètres de long pour 3 mètres de hauteur et profite à 2000 familles d’agriculteurs.

Les travaux sur place sont menés par l’Agence nationale d’aménagement agricole et des travaux et s’inscrivent dans le cadre du projet élargi de réhabilitation des digues situés dans la Moughataa de Maghta-Lahjar.

Brahim Ould MBareck, s’adressant aux populations, dira que sa visite actuelle dans les zones agricoles en ce début d’hivernage vise à s’assurer de l’état de préparation des projets d’aménagement agricole et de leur impact sur la vie des populations. Selon lui, le projet Agweînit joue un rôle important dans le développement agricole, l’approvisionnement en eau potable pour les populations de l’Aftout dont le sous-sol regorge selon lui d’eaux souterraines.

Dans le domaine rizicole, le ministre dira que la saison agricole présente est marquée par l’importance des étendues plantées, quelques 15.000 hectares, plutôt que 5.000 durant les années passées. Selon lui, cette augmentation importante a fait apparaître cependant quelques difficultés liées aux moissonneuses, ce qui devrait nécessiter la multiplication des outils d’accompagnement pour améliorer les surfaces cultivables.

« Il faut dire à l’opposition, que ce que nous avons réalisé en peu de temps dans le domaine agricole, ils ne l’avaient jamais réalisé pendant toutes les décennies où ils ont dirigé le pays ».

Allusion peut-être aux mandats, entre la transition de 2005 et la mandature de Sidi Ould Cheikh Abdallahi en 2007, où certains leaders et partis de l’opposition actuels avaient participé à la gestion du pays, en tant que ministres, conseillers, ou d’une manière générale, pièce maîtresse dans les pouvoirs de décision.Le communiqué de la COD reprochait en effet au ministère du Développement Rural son incapacité à mobiliser des moissonneuses, mettant en péril quelques 70.000 tonnes de récoltes.

En effet, c’est dans un communiqué publié vendredi 19 juillet 2013 qu’une telle alarme a été lancée par la COD en direction des acteurs agricoles du pays. L’opposition trouvait que par son incapacité, son insouciance et son manque de patriotisme, le pouvoir serait en train de compromettre 70.000 tonnes de production agricole, fautes de moyens suffisants pour une bonne moisson.

La COD fait ensuite porter la responsabilité de toute catastrophique économique pouvant résulter de cet état de fait sur le dos du pouvoir actuel. Cette situation, selon la COD, ne fait que prouver les fausses données et la propagande du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Pour la COD, les problèmes du pays et son sauvetage de la situation catastrophique qu’il vit, les conditions dramatiques dans lesquelles évoluent les populations, tout cela ne pourra être réglé qu’avec le départ du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Et là, s’opère la belle alchimie d’une jonction entre l’agriculture et la politique, entre une campagne et une autre, toutes les deux faites de moissons de voix ou de noix, de sillons profonds dans les lignes adverses, de tempête et de bourrasque hivernales dans les thèses et les antithèses des deux pouvoirs antinomiques. Un mélange de genre dans lequel opposition et majorité ont décidé d’inscrire leurs prochains duels.

Cheikh Aïdara



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