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Mobilisation des populations de Darel Barka et de Ould Birome contre l’attribution de 31000 ha à 'Rajihi'
Le gouvernement Mauritanien a décidé par décret pris en conseil des ministres d’attribuer une concession rurale d’une superficie de 31 000 hectares à l’entreprise Saoudienne "Rajihi".
Cette concession rurale est située dans les communes de Darel Barka, Ould Birome (département de Boghé), allant jusqu’à la commune de Bouhdida, Azlat (département d’Aleg), en passant par la commune d’Ajouer (département de Boutilimitt) et la commune de Lixeîba (Wilaya du Trarza).
Depuis l’annonce de cette décision qui a surpris les populations qui n’ont pas été associées à ce projet considérée par les habitants comme une « mise à mort de l’activité agropastorale de la zone», qui demeure la principale source de revenue des populations vivants dans ces terroirs, les villageois s’agitent pour organiser la riposte.
Les élus des communes traversées par ce projet n’ont pas été consultés, tels que le stipule la législation nationale en matière du foncier rural. L’Etat Mauritanien a passé outre l’ORDONNANCE 83-127 DU 05 JUIN 1983 PORTANT REORGANISATION FONCIERE ET DOMANIALE.
C’est dans la clandestinité, l’opacité totale que l’Etat Mauritanien a décidé cette attribution pour satisfaire l’intérêt d’une société multinationale au détriment de l’intérêt des populations qui vivent dans cette zone depuis des décennies.
Les communautés concernées ont déjà tenu plusieurs réunions et un plan d’action sera adopté au cours d’une assemblée générale prévue le samedi prochain dans la localité de Zem Zem. Les habitants de l’arrondissement de Darel Barka, toutes sensibilités politiques et sociales confondues ne comptent pas croiser les bars face à cette situation.
Les nouveaux maires, celui de Darel Barka et de Ould Birome en l’occurrence ; ainsi que leurs deux anciens prédécesseurs vont apporter leur soutien au combat que comptent mener les populations vivants dans cette contrée. L’élite intellectuelle, les paysans et les éleveurs que nous avons rencontrés, clament haut et fort leur désapprobation de ce projet. Et en cela, ils bénéficient déjà du soutien de certaines organisations de la société civile comme le FONADH et l’AMAD.
Ces deux organisations très présentes dans la vallée du fleuve, vont accompagner le combat des populations pour faire échouer le projet de l’entreprise Rajihi.
Le Ministre Affaires Economiques et du Développement, M. Sidi Ould Tah, commentant la décision après le conseil des ministres, disait que le gouvernement Mauritanien a adopté « un contrat de location exclusif de deux parcelles de terrain dans les wilaya du Trarza et du Brakna de l'entreprise "Rajihi" qui a signé un protocole d'accord avec le gouvernement mauritanien au terme duquel elle doit entreprendre un investissement d'un milliard de dollars US aux fins de réaliser un projet agro pastoral et un autre pour l'aquaculture et sa transformation.
Il a précisé que les terrains en location sont loin du fleuve et qu'il n'y a pas de regroupements d'habitants importants aux alentours et la société va promouvoir, néanmoins, un projet humanitaire en faveur des populations locales. Le projet, poursuit le ministre, va assurer une récolte importante de blé et de mil et d'autres céréales en plus du maraîchage pour combler le déficit alimentaire.
Le ministre a relevé que la dite société va irriguer ces terres et utiliser des méthodes avancées d'arrosage en plus du développement de l'élevage à travers sa contribution par le biais de la fourniture des aliments de bétail et de produits vétérinaires soulignant qu'il s'agit d'un projet stratégique pour l'atteinte des objectifs de sécurité alimentaire en Mauritanie.
Le ministre a fait remarquer que ce genre d'investissements ne peut se réaliser que dans un contexte de sécurité, de transparence et d'existence d'un code d'investissements attractif, ce qui montre que la Mauritanie suit une bonne voie ». On imagine mal, le Royaume d’Arabie Saoudite à travers l’entreprise Rajihi louer nos terres, donc verser de l’argent au trésor public national rien que pour subvenir aux besoins alimentaires du peuple Mauritanien.
Bien que la Mauritanie reste un pays sahélien, frappé par un déficit alimentaire chronique. Il faut être vraiment dupe ou naïf pour croire aux affirmations du très respectable ministre Sidi Ould Tah. Il n’est un secret pour personne que ces multinationales convoitent depuis des années les terres fertiles de la Mauritanie pour combler avant tout, le déficit alimentaire du royaume Saoudien.