Cridem

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16-02-2014

10:49

Loupe du 'Le Rénovateur' : Main basse sur les terres de la vallée !

Temps Forts - Il y a un lien inséparable qui unit les populations de la vallée à leurs terres. Depuis des siècles, cette relation de la terre avec le sang est entretenue par la parenté lignagère remontant à des temps immémoriaux.

Des empires fonciers se sont bâtis ici, au fil d’âpres batailles. Dans ces royaumes terriens au milles récits épiques et où le sang a coulé à la gloire d’intrépides héros, pour l’instinct de conservation du droit à l’ascendance sur la terre, les biens fonciers sont le fruit d’un héritage auquel seuls ont accès ceux qui sont issus de la grande famille terrienne.

Ce partage de la terre est selon les communautés, extensible même à ceux qui ne sont pas souvent du même clan selon la décision du maître foncier. Dans la vallée, l’esprit de partage a permis de faire bénéficier à tous ceux sont établis dans le territoire naturel un lopin de terre.

L’administration coloniale a su préserver cette tradition sans nuire aux droits à la propriété. Evidemment avec le temps et les réformes foncières qui suivirent, les rapports ont changé entre l’Etat et les exploitants traditionnels.

Les enjeux autour de la mise en valeur des terres ont aiguisé les appétits chez les hommes d’affaires. Les collectivités traditionnelles ont même fait des concessions énormes en acceptant de céder une part importante de cet héritage à une administration qui fait de l’application des textes légaux une mesure dirigée contre s les communautés foncières de la vallée dans le but de les exproprier de ce qu’ils ont de plus précieux.

C’est à ce prix et avec un zèle sans limite des cols blancs que les populations riveraines du Fleuve ont été l’objet de confiscation de leurs trésors, source de leur vie. Arracher la raison de vivre et d’être à ces populations c’est les condamner à une mort certaine. Qu’est-ce que vivre au bord du Fleuve sans posséder un lopin de terre ?

La réforme foncière et domaniale a favorisé une ruée de nouveaux prétendants vers la vallée en vue de profiter de cette manne. Au lieu de protéger les authentiques propriétaires , l’administration locale sur ordre de la tutelle créée des litiges fonciers et pastoraux récurrents avec la complicité des usurpateurs pour aviver des tensions inter-communautaires pour mieux disposer d’arguments et imposer ses lois. Cette situation de main basse sur les terres de la vallée a atteint son summum durant les années 1989 pour se poursuivre à une cadence soutenue à nos jours .

Des milliers d’hectares ont ainsi été arrachés et redistribués à des arrivistes fortunés qui ont érigé partout des murs de barbelés maintenant les vieux maîtres dans un état ’ « d’exterritorialisation » forcé.

Cette volonté de paupériser les populations riveraines s’est doublée d’un sentiment de mépris à l’égard de tout développement dans cette zone fertile du pays. Comble de paradoxe que des populations au bord de l’eau meurent de soif faute d’eau potable alors que dans le désert des forages pullulent.

Cette politique de développement séparé est flagrante. Le point de parachèvement officiel vient d’être consacré par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qui ouvre les vannes non pas aux Sudistes pour les aider à mettre en valeur ce qui leur reste mais signe des protocoles d’accord avec des princes du Golf pour gruger la Mauritanie….

Cheikh Tidiane Dia




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