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14-06-2014

12:04

Communiqué de Presse Sur l’arrêt biologique de la pêche

IMROP - Suite aux dernières campagnes scientifiques menées par l’IMROP à bord du navire de recherche El Awam, nous avons observé des proportions importantes de juvéniles du poulpe, particulièrement en zone Nord et Centre.

Lors de la première quinzaine du mois de mai, cette proportion était de 48 % en zone nord, 46 % en zone centre, et seulement de 17 % dans la zone sud de Nouakchott.

Nous avons présenté, lors d’un séminaire hebdomadaire, tenu le 29 mai 2014 dans nos locaux à Nouadhibou, les résultats de ces deux premières campagnes où nous avons attiré l’attention sur cette proportion importante des juvéniles.

Ont pris part à cette réunion, outre les scientifiques de l’IMROP, des représentants de l’Autorité de la Zone Franche de Nouadhibou, de la Fédération de pêche, de la SMCP, de la Représentation de la Banque Centrale à Nouadhibou, des Gardes Côtes Mauritaniennes, des Douanes Pêches…

La campagne scientifique conduite en début juin, en zone nord, a mis en évidence une légère réduction de la proportion de juvéniles (44 %) avec des rendements toujours faibles qui s’améliorent au-delà de 80 m de profondeur, zone habituellement inaccessible à la pêche artisanale. En un mois, entre le début mai et le début juin, le gain pondéral individuel moyen n’était que 125 gr, alors que nous nous attendons à au moins le double (250 gr).

Cette situation, rare, serait imputable à un recrutement continu (la proportion des individus de 200 gr reste importante depuis le début du mois de mai) en raison d’une saison plus froide que la normale.

Tenant compte de ces différents éléments scientifiques et de l’impératif de la préservation de cette ressource stratégique, nous avons recommandé à notre Tutelle, le Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime, la prolongation de l’arrêt biologique de 15 jours supplémentaires.

Les raisons de la prolongation de l’arrêt biologique Les arguments scientifiques, techniques et historiques qui ont soutenu cette recommandation peuvent être résumés comme suit ;

- La protection des femelles en état de reproduction et les juvéniles (inférieur à 500g) sont les deux principaux objectifs de l’arrêt biologique. Il est clair que dans la configuration actuelle, avec une forte présence de juvéniles, ces objectifs ne sont pas atteints.

- Vu la très grande variabilité spatiale et saisonnière du poulpe, fortement dépendante des conditions environnementales, un arrêt dynamique est prévu dans le plan d’aménagement de cette ressource validé par tous les acteurs concernés ;

- Depuis août 2012, le poulpe est exclusivement réservé aux nationaux. Ce qui permet d’envisager la mise en œuvre de cet arrêt dynamique.

- Historiquement, des expériences douloureuses, sur le plan économique et social, ont été vécues dans une zone maritime d’un pays frontalier et il est opportun de retenir les leçons.

Dans cette zone, une suspension de la reprise de pêche du poulpe a été observée, après un arrêt biologique de 2 mois, en 2013, suite à une grande proportion de juvéniles. Par le passé, et dans cette même région, un arrêt biologique de 8 mois a été décrété dans le début des années 2000.

Nouadhibou, le 12 Juin 2014
La Direction de l’IMROP



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