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Propagation ouestafricaine d’Ebola : A risque élevé, mesures préventives élevées …cas de la Mauritanie
Rapide Info - « L'équipe découvre vite un autre mode de transmission. Beaucoup des personnes infectées ont assisté à un enterrement la semaine précédant les symptômes. Elles ont participé aux rites funéraires, notamment au lavage du cadavre, souvent souillé par des vomissements, une diarrhée ou du sang provenant des hémorragies dues à la maladie. Des sécrétions hautement contaminantes, comme dans l'épidémie actuelle ».
C’est là un constat établi en 1976 par le chercheur Peter Piot, codécouvreur du virus d’Ebola sur la transmission de ce virus meurtrier, à Bumba au Zaire. Une réalité malheureusement mauritanienne aussi, puisque les citoyens sont en surnombre dans les hôpitaux, les cérémonies, les funérailles, n’observant généralement aucune consigne de prévention, abondant dans les salamalecs et les contacts corps à corps, crachant, vomissant, urinant, se serrant les mains...
La situation est inquiétante avec l’annonce d’un malien présentant des symptômes renvoyant à la fièvre Ebola selon des sources mediatiques aurait été admis par l’hôpital d’Ourossogui dans la région médicale de Matam (nord Sénégal).
Les mauritaniens sont aussi connu par leur nomadisme exagéré, leur irrespect des règles élémentaires d’hygiène, leur tendance à corrompre, au péril de leur vie et des leurs, les services transfrontaliers ou les barrières administratives, sociales ou économiques pour se rendre dans les autres Etats à risque, pour visiter un malade contagieux, utiliser les mêmes récipients que les patients, sècher les larmes du malade.
Ces données scientifiques conjuguées à la transmission d’Ebola à travers les personnes à risques dans un pays comme le nôtre, très vaste, trois fois plus grand que la France, d’où les difficultés de contrôle, et où transitent quotidiennement des dizaines de candidats à l’immigration clandestine, fait de la Mauritanie un espace à très haut risque, bien qu’en termes de moyens les pouvoirs publics peuvent relever le défi, surtout après ses mesures de surveillance renforcée au niveau des frontières prises par le ministère de la santé.
Les informations non encore confirmées sur la création à titre préventif d’un lazaret en Mauritanie, pour isoler les malades est également à encourager, car elle dénote réellement d’une décision de riposter avec vigueur et efficacité à un virus où un seul cas est déclaré épidémique et où le monde occidental, scientifiquement et médicalement très avancé, manifeste des inquiétudes et décrète quotidiennement des mesures de repli sur soi.
« Le patient travail de détective, avec pour armes les discussions, les statistiques et le raisonnement, commence à porter ses fruits. La mise en quarantaine des malades et des personnes en contact direct avec eux, l'information de la population et l'usage unique des seringues viennent à bout de cette première poussée connue de fièvre Ebola – du nom de la rivière proche de Yambuku –, qui fera près de 300 morts.
L'analyse des prélèvements confirmera qu'il s'agit bien d'un virus jusque-là inconnu » concluait le chercheur Peter Piot en 1976.
Autant dire qu’à risques élevés dus essentiellement aux mentalités rétrogrades des citoyens, à la multiplicité considérable des vecteurs de transmission, auxquels, il faut rajouter dans le contexte actuelle la période de l’hivernage, les moustiques et la transhumance ainsi que la place géostratégique de la Mauritanie en tant que pays central de la sous-région contaminée, interpellent les pouvoirs publics à mettre en place un dispositif de prévention urgent, musclé et puissant, en évitant toute politique d’autruche minimisant le danger, capable d’être comprise à travers ces mesures préventives timides prises pour contrer ce virus meurtrier.
En effet, limiter la prévention à des contrôle sanitaires au niveau des frontières avec le Mali et le Sénégal face à l'épidémie d'Ebola sévissant en Afrique de l'Ouest, multiplier les contrôles des passages de nuit aux frontières en vue d'un meilleur dépistage d'éventuels cas de voyageurs porteurs du virus, ne sont pas des mesures suffisantes pour une épidémie dont il est plus aisé d’assurer la prévention même à un prix onéreux que le traitement fatal et incontrolable pour les populations , dés lors où son entrée une fois confirmée, « qu’Allah nous en préserve » peut aussi tuer le personnel médical, comme cela est arrivé à un médécin américain.
« Le patient travail de détective, avec pour armes les discussions, les statistiques et le raisonnement, commence à porter ses fruits. La mise en quarantaine des malades et des personnes en contact direct avec eux, l'information de la population et l'usage unique des seringues viennent à bout de cette première poussée connue de fièvre Ebola – du nom de la rivière proche de Yambuku –, qui fera près de 300 morts. L'analyse des prélèvements confirmera qu'il s'agit bien d'un virus jusque-là inconnu » concluait Peter Piot.
Par Ahmed Ould Bettar