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Session de Formation régionale pour la lutte contre le trafic illicite des espèces de faune et de flore menacées d’extinction [PhotoReportage]
MEDD - L’Hôtel Atlantic de Nouakchott a abrité le dimanche 10 août 2014 les travaux d'une session de formation sur la lutte contre le trafic international illicite des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction ; organisée par le ministère de l'Environnement et du Développement Durable, cette formation de 4 jours est organisée en collaboration avec le Fonds International pour la protection des animaux (IFAW) et la Convention Internationale CITES.
Elle se tient avec la participation des départements impliqués comme le Ministère des Finances et celui du Commerce et notamment les agents et cadres responsables de la protection forestière et douanière ; la présente session compte aborder les instruments appropriés pour la mise en œuvre de la convention CITES sur le plan national ainsi que les acquis réalisés dans ce domaine.
La cérémonie officielle de la présente session de formation a été présidée par Son Monsieur Amedi Camara, Ministre de l’Environnement et du Développement Durable accompagné par son collègue le Ministre des Finances.
Ont assisté également plusieurs personnalités dont le Représentant du Programme des Nations Unies pour le Développement, le Représentant de la FAO, le Secrétaire Exécutif de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte, l’Ambassadrice de l’UICN, le Secrétaire Général du MEDD, et les Représentants du Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW).
Les participants à la présente session comprennent des représentants des pays de la sous région et notamment du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, ainsi que des cadres de la Douane mauritanienne en exercice dans les postes localisés au niveau des frontières, des ports et des aéroports.
Le ministre de l'environnement et du développement durable M. Amédi Camara a indiqué dans son discours que l'adoption faite en 2012 du gouvernement du 2ème cycle du plan d'action national pour l'environnement (PANE II) pour la période 2012-2016, a fourni un cadre d'orientations claires pour introduire les changements nécessaires dans le mode initial de gestion de l'environnement et fédérer les efforts déjà consentis par le Gouvernement en matière de gestion durable de l'environnement à travers la mise en place d'un cadre institutionnel de coordination et de suivi adéquat.
Il a précisé que cette action gouvernementale a amené les pouvoirs publics à améliorer significativement l'apport des actions pilotes dans l'atteinte des objectifs stratégiques d'une part, et à mieux assurer l'intégration de la gouvernance environnementale dans le 3ème cycle du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté qui représente la politique de référence en matière de développement économique et social en Mauritanie pour le quinquennat 2011-2015, d'autre part.
En effet, les aléas climatiques, la sécheresse et la gestion irrationnelle des ressources naturelles ont entraîné et accentué dans la région du Sahel, et plus particulièrement en Mauritanie des catastrophes naturelles et des phénomènes de désertification qui ont vite engendré la dégradation des terres, la perte de la biodiversité animale et végétale et l'extinction progressive des espèces.
Le Ministre a insisté également sur l'importance de la notion de synergie entre les conventions internationales, notamment celles portant sur la diversité biologique, les changements climatiques et la lutte contre la désertification.
Il a ajouté que ces activités et d'autres qui suivront représentent une partie intégrante des engagements du Président de la République Son Excellence Mohamed Ould Abdel Aziz, et sont traduites à travers la politique du gouvernement de Monsieur le Premier ministre, Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, engagements et initiatives qui font de la proximité à l'égard des pauvres et de la transparence, deux piliers majeurs de la gouvernance environnementale.
Dr Akram Derwich, porte-parole de l'IFAW, avait prononcé auparavant une allocution dans laquelle il a indiqué que son organisme s'intéresse à la protection des animaux, précisant que la faune et la flore constituent une partie difficile à compenser de l'écosystème et qu'elles doivent être protégées pour les élites actuelles et futures.
Il a souligné également que la zone arabe est l'un des importants points de passage du commerce de la vie terrestre mondiale entre l'Europe- l'Afrique- l'Asie, précisant que de nombreux Etats de la zone disposent de richesses naturelle de vies terrestres impossibles à compenser en cas de disparition.
Les participants à cet atelier de formation ont suivi un documentaire relatif au commerce illicite des espèces présentant des illustrations sur les effectifs anciens et actuels qui ont considérablement régressé en raison de la chasse terrestre, le trafic illicite et la destruction arbitraire des forets.
Il est à noter que la convention CITES crée en 1973 compte 180 pays à travers le monde dont les Etats africains, excepté le Sud Soudan, nouvellement créé. L'objectif essentiel de cette convention est d'organiser le commerce des espèces de faune et de flore menacées d’extinction ainsi que de leurs produits.
Nous vous livrons à présent le discours intégral de Son Excellence le Ministre de l’Environnement et du Développement Durable :
"Messieurs les Ministres,
Madame la Représentante Résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement
Monsieur le Représentant de la FAO en Mauritanie
Monsieur le Directeur Régional pour l’Afrique du Nord et du Proche-Orient du Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW)
Mesdames et Messieurs les Représentants de la Coopération Bilatérale et Multilatérale,
Mesdames et messieurs,
Permettez-moi tout d’abord de vous exprimer ma satisfaction d’être parmi vous aujourd’hui pour l’ouverture de l’atelier de formation sur la “lutte contre le trafic illicite international d’espèces de faune sauvage et l’application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) ».
En effet, notre présent atelier devrait permettre d’enregistrer des avancées significatives dans le cadre de la mise en œuvre de la convention CITES au niveau régional et national.
Mesdames et Messieurs,
L’adoption par notre Gouvernement en 2012 du 2ème cycle du Plan d’Action National pour l’Environnement (PANE II 2012-2016) a fourni un cadre d’orientations claires pour introduire les changements nécessaires dans le mode initial de gestion de l’environnement et fédérer les efforts déjà consentis en matière de gestion durable de l’environnement, à travers la mise en place d’un cadre institutionnel de coordination et de suivi adéquat.
C’est dans ce cadre que cette action gouvernementale a ramené les pouvoirs publics, d’une part, à améliorer significativement l’apport des actions pilotes dans l’atteinte des objectifs stratégiques et d’autre part, à mieux assurer l’intégration de la gouvernance environnementale dans le 3ème cycle du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté, qui représente la politique de référence en matière de développement économique et social en Mauritanie pour le quinquennat 2011-2015.
En effet, les aléas climatiques, la sécheresse et la gestion irrationnelle des ressources naturelles ont entrainé et accentué dans la région du sahel , et plus particulièrement en Mauritanie des catastrophes naturelles et des phénomènes de désertification qui ont vite engendré la dégradation des terres, la perte de la biodiversité animale et végétale et l’extinction progressive des espèces.
C’est aussi l’occasion de rappeler l’importance de la notion de synergie entre les conventions internationales, notamment celles portant sur la diversité biologique, les changements climatiques et la lutte contre la désertification.
Cette synergie met en jeu un certain nombre d’interactions qu’il serait fondamental de considérer dans le contexte d’une gestion intégrée et participative de nos projets et programmes.
Ces activités et d’autres qui suivront représentent une partie intégrante des engagements du Président de la République Son Excellence Mohamed Ould Abdel Aziz, traduits à travers la politique du Gouvernement de Monsieur le Premier Ministre, Dr. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, engagements et initiatives qui font de la proximité à l’égard des pauvres et de la transparence, deux piliers majeurs de la gouvernance environnementale.
Mesdames et Messieurs
L’exercice d’intégration des considérations environnementales dans les plans stratégiques sectoriels de la Mauritanie a fait l’objet d’efforts significatifs qui ont eu pour consécration récente l’intégration de la dimension du développement durable dans la mission assignée au département de l’Environnement et la promotion de ce département en tant que ministère à pleine mission et à part entière en termes hiérarchiques.
Mesdames et Messieurs
La nécessité d'une convention du genre de la CITES peut paraître évidente au vu des informations largement diffusées de nos jours sur le risque d'extinction de nombreuses espèces emblématiques telles que la Girafe, l’Eléphant, l’Autriche et la Gazelle dama. Cependant, dans les années 1960, à l'époque où l'idée de la CITES commençait à germer, le débat international sur la réglementation du commerce des espèces sauvages en vue de les conserver, ne faisait que commencer.
Avec le recul, la nécessité de la CITES s'impose. On estime que le commerce international des espèces sauvages représente des milliards de dollars par an et qu'il porte sur des centaines de millions de spécimens de plantes et d'animaux.
Ce commerce est varié, allant de plantes et d'animaux vivants à une large gamme de produits dérivés, produits alimentaires, articles en cuir exotique, instruments de musique en bois, souvenirs pour touristes, remèdes, et bien d'autres encore.
L'exploitation et le commerce intensifs de certaines espèces, auxquels s'ajoutent d'autres facteurs tels que la disparition des habitats, peuvent épuiser les populations et même conduire certaines espèces au bord de l'extinction. De nombreuses espèces sauvages faisant l'objet d'un commerce ne sont pas en danger d'extinction mais l'existence d'un accord garantissant un commerce durable est importante pour préserver ces ressources pour l'avenir.
Comme le commerce des plantes et des animaux sauvages dépasse le cadre national, sa réglementation nécessite la coopération internationale pour préserver certaines espèces de la surexploitation. La CITES a été conçue dans cet esprit de coopération. Aujourd'hui, elle confère une protection (à des degrés divers) à plus de 35.000 espèces sauvages – qu'elles apparaissent dans le commerce sous forme de plantes ou d'animaux vivants, de manteaux de fourrure ou d'herbes séchées.
Les parties contractantes de la CITES ont décidé lors de leur 16ème Conférence qui s’est déroulée à Bangkok du 03 au 14 mars 2014, de mieux réglementer le commerce international de certaines espèces. Elles ont également voté l'interdiction du commerce international de plusieurs autres espèces de poissons en les transférant de l’annexe II à l’annexe I.
Mesdames et Messieurs
La présente session de formation s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités des agents des eaux et forêts et de la douane des pays de la Tunisie, du Maroc, de l’Algérie, et de la Mauritanie. C’est ici l’occasion pour moi de souligner l’importance des efforts consentis par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction et le Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW).
Mesdames et Messieurs
C’est dans ce contexte que notre pays s’engage résolument dans la mise en œuvre de la Convention à travers la mise en application d’un certain nombre de mesures dont le renforcement du dispositif légal et réglementaire, le contrôle douanier et forestier au niveau des aéroports, des ports et des postes frontaliers, le renforcement des capacités scientifiques et techniques des agents qui participeront à la présente session.
Mesdames et Messieurs
Je ne saurai terminer sans remercier au nom du Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie, la Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, le Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW) et l’ensemble de nos Partenaires Techniques et Financiers qui ont, comme d’habitude, appuyer nos différents projets et programmes.
Tout en souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouvert l’atelier de formation “lutte contre le trafic illicite international d’espèces de faune sauvage et la mise en œuvre de la convention CITES.
Je vous remercie."