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Laver les mains: un geste "simple et efficace" [PhotoReportage]
Alakhbar - "On pouvait éviter beaucoup de maladies contagieuses, comme le rhume, l'Ebola et autres, en se lavant les mains", dit d'emblée docteur Ahmed O. Babah que Alakhbar a retrouvé chez-lui à l'occasion de la Journée mondiale du lavage des mains.
"Les médicaments ne sont pas toujours efficaces. Il faut alors de la prévention", recommande le médecin qui travaille à l'hôpital Mère et Enfants à Nouakchott.
Célébrée cette année sur le thème: "Choisir de laver les mains au savon c'est choisir la santé", la Journée mondiale du lavage des mains était l'occasion pour le Club des Jeunes Journalistes (CJJ) de sensibiliser les habitants au quartier El-Mina à Nouakchott sur l'importance de laver les mains.
"Le club des Jeunes journalistes, conscient de son rôle d’éducateur et de relais, a en effet décidé de profiter de cette opportunité pour vulgariser le lavage des mains par le savon, auprès de nos populations", a déclaré Cheikh Oumar Ndiaye, président du CJJ.
L'Islam recommande de laver les mains
Convié à cette campagne de sensibilisation, le coordinateur de Médecins Sans Frontières, Gabane Mahama, a tenu a rappelé que laver les mains est "un geste simple et efficace".
"La diarrhée par exemple constitue la 2e ou 3e cause des consultations chez les structures de Médecin Sans Frontière, a noté le coordinateur. Cette diarrhée peut être évitée en lavant les mains: un geste simple et efficace. Un geste qu'on doit faire après les toilettes et au retour de l'école, du marché ou du lieu de travail".
Laver les mains est "même recommandé par l'Islam, a noté l'imam du quartier d'El-Mina, Salif Ndiaye. Laver les mains est le premier geste du musulman lors des ablutions nécessaires avant la prière".
Laver les mains, un geste pas simple chez les pauvres
Mais si beaucoup estiment que laver les mains est un geste simple, tel n'est pas le cas chez les familles pauvres que le reporter d'Alakhbar a visitées dans l'un des "gazera (quartiers précaires)" à Arafat. Ici, nous retrouvons une maman, Zeinabou, entourée des ses quatre enfants. Ils ont le corps et les mains sales. Pire, ils mangent sans laver les mains.
"Le savon est cher et nous n'avons que ce bidon d'eau de 20 litres. Comment voulez-vous qu'on en lave les mains alors qu'on en a besoin pour boire et cuisiner!" s'insurge Zeinabou.
"Nous n'avons que peu d'argent et c'est pour se nourrir. Nous n'avons pas les moyens d'acheter de l'eau et du savon qui va servir à laver des mains", renchérit sa voisine Awa.
La question est d'autant plus complexe dans cette société mauritanienne où l'on n'est pas habilité à manger avec la cuillère et beaucoup ne se sentent pas gêner quand ils mangent sans laver les mains.