Cridem

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30-10-2014

22:30

L'éditorial de Biladi

RMI Biladi - Le gouvernement entier, son “petit” chef et son grand boss, toute l’administration, tous les corps de l’armée, les forces de sécurité, les simples citoyens “qui aiment leur pays’’…, tout ce monde est descendu, samedi dernier, dans les rues (juste certaines rues, pour être précis) de Nouakchott.

Objectif déclaré : débarrasser la capitale de ses ordures. Vaste programme ! Nouakchott n’a jamais été vraiment une ville propre. Mais depuis la rupture unilatérale du contrat de la société française de nettoyage, en début d’année 2014, les ordures se sont entassées, de manière ostentatoire, très visible et “agressive’’, dans toutes les rues et les espaces de la ville.

Les (sur) efforts consentis par la communauté urbaine dans le domaine n’ont pas réussi à combler le vide laissé par le départ de l’opérateur français. Mais ont tout de même atténué les souffrances des habitants de la cité, en attendant de trouver une solution durable à cette question.

Au lieu de laisser les services communaux imaginer la solution ou présenter les remèdes susceptibles d’endiguer le problème, les hautes autorités de l’Etat, plus démagogues que jamais, ont '’sauté sur l’occasion’’ et ont ordonné à tous les fonctionnaires de se jeter, pelle à la main, dans l’arène.

Du président de la République au planton, tous ont sacrifié à la mode du jour : porter des tenues de sport et donner -juste donner- l’impression de participer à la '’grande campagne’’ de nettoyage de Nouakchott. Sans vraiment faire de résultats spectaculaire…

D’ailleurs l’important dans ce genre de situation n’est pas d’aboutir à des résultats visibles et réels, non, le but est plutôt de paraitre à la télé afin d’impressionner le pauvre citoyen à travers ce montage monstrueux où chacun fait ce qui n’est pas, à l’origine, son boulot.

La mission première du président et de ses ministres n’inclut pas du tout le nettoyage direct des cités du pays, c’est le boulot des services d’assainissement au niveau municipal. Quant à eux, ils devraient plutôt s’arrêter à concevoir un mécanisme à même de résoudre définitivement cette question jusqu’ici insoluble.

Bien sûr il s’agit, comme disent les policiers, d’une simple opération coup de poing sans lendemain, menée par des non professionnels. Cette manière de faire nous rappelle de mauvais souvenir : l’époque des structures d’éducation des masses (SEM) et du volontarisme. Un eternel retour en arrière et des absurdes et archaïques méthodes qui ne mènent nulle part.



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