Cridem

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22-11-2014

13:10

Toile de fond : la chronique de Cridem. : Ne surchargez pas avec les gros !

« Non, ce n’est vraiment pas juste, je ne dois pas descendre, je suis venue la première ! » Cette petite phrase captée juste à notre arrivée au garage, suffisait amplement à me faire une religion sur l’humeur du moment dans ce lieu où se rencontrent tous les usagers de la route.

Mais ce qui m’intriguait surtout, c’est la raison de la « révolte » de cette femme assise au devant d’un taxi. Qu’est-ce qui pouvait la faire sortir de ses gongs ? La réponse est venue du chauffeur, « A peine avons-nous donné l’espoir à nos femmes d’échapper à certaines affections majeurs de notre temps du fait de leurs augustes rondeurs, elles le prennent pour un reproche ».

L’homme qui devait prendre sept personnes ne pouvait le faire avec les quatre arrivantes qui à elles seules avaient occupé difficilement le siège arrière à trois et la quatrième ne pouvait partager le siège avant avec sa devancière qui était elle aussi pas du tout petite.

Comme mesures salutaires pour soulager les amortisseurs de son véhicule, le conducteur ne pouvait que proposer à son premier passager de descendre.

Que nenni ! Fît entendre la bonne dame sûre elle aussi de son surpoids en criant à la discrimination, « vous surchargez, alors assumez ! Et si vous taxez les gros ils payeront, mais voyageront comme tout passager,… car mon billet de banque n’est pas plus pesant que le sien».

Une taxe pour les rondeurs ? Il ne manquait plus que çà, et certains conducteurs seraient, certainement pour l’application de cette mesure.

Mais ce serait appliquer une « double peine » aux gros : déjà qu’ils subissent toujours et partout le regard condescendant-appuyé-désolé-fuyant-réprobateur de leurs semblables, pas forcément comme eux ( !), s’ils doivent casquer davantage du fait de ce qui constitue dans leur vie de tous les jours une énorme infirmité.

Comme s’ils avaient choisi d’être obèses, de s’offusquer à chaque pas et d’être à la merci de toutes les infractions incapacitantes. Il est impensable de faire payer deux places à une personne obèse dans un taxi interurbain où long courrier.

Pourtant chacun a vécu une fois un voyage traumatisant, coincé entre deux « forces de la nature », sans oser piper mot ! Malgré la forte chaleur, l’étroitesse de la cabine, les puissants relents d’encens et autres mélanges odorants à vous étourdir un éléphant.

Qui n’a pas voyagé à l’arrière d’un taxi plein comme un œuf, se contentant de la portion congrue au profit d’un imposant voisin, que sa forte corpulence et ses ronflements intempestifs empêchaient de tenir en place ?

Le conducteur, a essayé à son corps défendant, toutes les positions assises possibles en asseyant de « logez » au siège avant les deux énergumènes, n’avait plus accès à son frein à main. Si l’on ne doit pas rembourser un passager pour son poids, on doit se doit bien de le transporter, une éventualité que nos chauffeurs n’ont pas prise en compte.

ADN





 


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