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Comment fonctionne vraiment le Pafpa? Non à la désinformation! Réponse du Gret et de l'Inap FTP à l'article erroné du 30/11/2014 sur Cridem
GRET - Le Gret et l’Inap FTP découvrent avec surprise cet article, basé sur des allégations et non des faits, et dont la publication survient malheureusement sans vérification préalable auprès de nos organisations, avec certains abus de langage qui prêtent à désinformation. Afin d’apporter des éléments sérieux aux lecteurs de Cridem et à nos partenaires, nous souhaitons publier les informations suivantes.
Le Pafpa est un programme d’appui au développement de la formation par apprentissage, soutenu par l’AFD et l’Union européenne, dont les lecteurs pourront apprécier la description sur le lien suivant : www.gret.org/projet/pafpa-benin-mauritanie/
Il consiste à renforcer l’employabilité des jeunes, encore trop nombreux à ne pas pouvoir accéder au marché de l’emploi en Mauritanie et au Bénin, et à développer une offre de formation adaptée aux compétences dont les entreprises ont besoin, en particulier celles du secteur informel.
En Mauritanie, ce programme est porté par le Gret et mis en œuvre par l’Inap-FTP. Très concrètement, l’Inap-FTP appuie une sélection de centres de formation, artisans et organisations professionnelles pour la mise en place d’une formation par apprentissage débouchant sur un diplôme d’Etat, le Certificat de Compétences, et attribue dans ce cadre une bourse mensuelle aux apprentis sélectionnés. Les activités sont mises en œuvre dans les mêmes conditions dans les quatre zones d’implantation (Nouakchott, Atar, Boghé et Rosso).
Objectif : 600 jeunes accèdent à une formation par apprentissage et un dispositif pérenne et viable est mis en place avec les différents acteurs afin de perdurer une fois le projet terminé, pour bénéficier à toujours plus de jeunes Mauritaniens.
L’article comporte plusieurs erreurs qu’il convient de rectifier. Voici comment fonctionnent les conditions d’apprentissage : les apprentis du PAFPA ont été sélectionnés dans 4 villes du pays à l’issue de deux campagnes de recrutement (2012/2013 et 2013/2014) dans le cadre d’un processus transparent auquel ont été associées les autorités administratives locales.
Les apprentis suivant la formation dans le cadre du PAFPA reçoivent une bourse dont le montant mensuel est de 4000 ouguiyas. Ce montant est fixé au niveau central comme pour tout diplôme de formation professionnelle validé par le Ministère en charge de la formation, et est inscrit dans une convention entre les six établissements de formation et le Pafpa. Il a été versé aux apprentis conformément aux dispositions des conventions signées.
Les apprentis ayant validé leur formation se voient remettre un relevé de notes, puis se verront délivrer un diplôme national par le ministère de la Formation professionnelle, ici le Certificat de Compétences. S’agissant là d’un nouveau diplôme, les diplômes n’ont pas encore été signés par le Ministère, et la cérémonie sera organisée dès leur disponibilité auprès des services techniques d’Etat.
Le Pafpa propose un appui non matériel aux artisans qui encadrent des apprentis dans leurs ateliers. Comme il convient pour un projet de formation et non un projet d’investissement, cet appui concerne un allégement de charges (eau, électricité, loyer) inhérentes aux activités de l’atelier où est formé le jeune, et aucunement une prise en charge durable.
Ces aides ont con-cerné à ce jour 99 artisans tuteurs ayant encadré des jeunes en apprentissage en 2012/2013 dans les quatre villes du projet. Le montant de la prise en charge a varié entre 40 000 et 70 000 ouguiyas, sur la base d’une grille d’attribution fixée en fonction du nombre d’apprentis encadrés et des justificatifs qui ont été communiqués par les artisans afin d’attester de l’existence et du montant minimal de leurs charges. Le montant réellement perçu par chaque artisan a été attesté par un reçu.
Il faut ajouter que les comptes du projet font régulièrement l’objet d’audits indépendants, qui ont confirmé la rigueur de gestion du projet et la conformité des pièces comptables et des procédures mises en place.
Le programme prévoit également la mise à disposition d’outillage et de matière d’œuvre au-près de six centres de formation et des artisans tuteurs. Cet appui accuse en effet un retard par rapport au calendrier que s’est fixé le Pafpa, lié à des appels d’offres infructueux à trois reprises, au regard des procédures exigeantes de notre bailleur de fonds, l’Union européenne. La cause est donc, au contraire d’une mauvaise gestion ou transparence, justement notre rigueur administrative. Une procédure de gré à gré a été autorisée par l’Union européenne le 30 avril 2014 et est en cours de traitement. Les engagements pris sont respectés.
Enfin, le projet prévoit d’organiser des formations techniques pour les artisans encadrant les jeunes en apprentissage, dans le but de les former sur le matériel acquis dans le cadre du pro-jet. Le retard accumulé dans l’acquisition du matériel a ainsi engendré un report de ces formations. Il est prévu d’organiser ces formations une fois l’appel d’offre pour l’acquisition du maté-riel finalisé et le matériel acquis et livré dans les quatre villes du projet.
Ces inexactitudes étant corrigées, le Gret et l’Inap-FTP souhaitent valoriser les bons résultats de ce programme qui a atteint ses objectifs! Parmi les résultats à souligner, le Pafpa a permis l’accès de 672 jeunes Mauritaniens à une formation par apprentissage débouchant sur un di-plôme national délivré par le Ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle, et des Technologies de l’Information et de la Communication.
Il a permis l’ouverture de 13 nouvelles filières de formation ciblant des jeunes en apprentissage dans les petites et moyennes entre-prises du secteur informel et le renforcement des capacités de 100 maîtres d’apprentissage pour l’encadrement pédagogique de ces jeunes.
Il a enfin permis de renforcer les capacités des services techniques du ministère de la Formation professionnelle pour concevoir un dispositif durable et diplômant de formation par apprentissage débouchant sur un diplôme d’Etat, le Certificat de Compétences, et de mener une réflexion pour mettre en œuvre le cadre réglementaire portant sur les passerelles pour l’accès au CAP, la certification des compétences, et les statuts de maître d’apprentissage et d’apprenti. Le Gret et l’Inap-FTP seront heureux de rendre visibles ces résultats à la clôture du projet, au premier trimestre 2015, aux côtés des bénéficiaires, bailleurs et parties prenantes ainsi, bien sur qu’auprès des lecteurs de Cridem.
Samassa Nalla
Représentant