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Réseau des ONGs sur la sécurité Alimentaire (ROSA): Alerte
ROSA - L’hivernage qui vient de s’achever a enregistré un déficit pluviométrique important au niveau de 80% des stations par rapport à 2013. Ce déficit va engendrer des conséquences négatives sur les activités pastorales.
Le constat admis par différentes sources concordantes est que la couverture herbacée reste faible, car consécutive au déficit pluviométrique ayant engendré de maigres pâturages. Dans les zones considérées comme disposant de pâturages bons à moyens, la pression ne peut excéder le mois de Février 2015.
Pour celles considérées comme faibles à savoir la quasi-totalité de la wilaya du Brakna, l’Est et le Nord des Wilayas de l’Assaba, du Gorgol et du Trarza, et le Hodh El Chargui, les pâturages disponibles ne pourront supporter la pression animale que jusqu’à fin Décembre 2014.
Cette situation alarmante a été confirmée par l’évaluation faite par la mission conjointe du MID, du ME et du MEDD. Dores et déjà, les éleveurs ont entamé une transhumance interne mais très précoce vers des zones où les pâturages sont jugés moyens. Cette mission estime les besoins annuels du cheptel en 2014 à environ 4 Millions UBT (unité de bétail tropical).
Cependant, la biomasse disponible ne pourra couvrir, pendant la période sèche, qu’environ 2,04 Millions d’UBT, soit une couverture de 51% des besoins et un déficit de 1,96 Millions UBT.
Par ailleurs, la situation pastorale du pays n’est pas loin de celle des pays d’accueil (Mali et Sénégal) également confrontés aux insuffisances pluviométriques similaires avec leurs conséquences sur les activités d’élevage notamment celles relatives aux bovins, ovins, caprins et camelins. Cette situation est exacerbée par la crise sécuritaire à la frontière avec le Mali, la crainte liée à la fièvre Ebola qui a déjà sévi au Mali et au Sénégal.
Ces obstacles réels pourraient contraindre les troupeaux à se cantonner en Mauritanie avec des risques: (i) des surcharges sur certains espaces pastoraux aux conséquences négatives sur un écosystème déjà fragile; et (ii) des conflits potentiels.
Dores et déjà, les marchés à bétail regorgent de bovins (notamment des femelles) avec des prix en chute de 40% par rapport à la même période de l’année dernière (selon l’Association des Producteurs de Lait et Viandes). Ce déstockage forcé, confirme la crainte des éleveurs sur les difficultés attendues si des mesures idoines ne sont pas prises dans les meilleurs délais pour une fourniture soutenue en aliment de bétail.
Compte tenu de l’importance de l’élevage et de sa contribution au PIB, et face à cette situation préoccupante, le Réseau des ONGs sur la Sécurité Alimentaire (ROSA) attire l’attention des autorités nationales sur les conséquences prévisibles de cette réalité pastorale et les exhorte à:
- évaluer les capacités de charge des espaces pastoraux pour limiter la dégradation desdits espaces ;
- anticiper et prendre les mesures idoines pour atténuer les conséquences d’un tel déficit qui va sans doute impacter négativement sur les activités d’Elevage ;
- combler ce déficit de pâturages en disponibilisant l’aliment de bétail;
- multiplier les points d’eau pastorale dans les zones non encore pourvues pour diminuer la pression des animaux sur des écosystèmes déjà fragiles ;
Nouakchott, le 12 décembre 1014
Réseau des ONGs sur la Sécurité Alimentaire (ROSA)
Appui au Développement Intégré des Communautés Rurales (ADICOR)
Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG)
Association des Producteurs de Lait et Viande (APLV)
Association Mauritanienne d’Auto- Développement (AMAD)
Association Nutrition et Développement (ANED)
Association pour la Recherche et le Développement en Mauritanie (ARDM)
Banlieues du Monde Mauritanie (BLM)
Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits de l’Homme (CSVVDH)
Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH)
M2000
ONG ACTIONS
ONG Au Secours
Réseau des Femmes de la Pêche