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REVE89/91 : Lettre ouverte n° 1 et 2 / 15 à Son Excellence, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz Président de la République
REVE89/91 - Lettre ouverte N° 1/ 15 A
Son Excellence, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz
Président de la République
Objet : Lettre de rappel
Par diverses correspondances, nous vous avions soumis les problèmes relatifs au règlement du dossier des fonctionnaires et agents victimes des évènements de 89/91 et avions sollicité en ces circonstances, votre soutien pour le rétablissement dans nos droits.
Nous n’avions pas manqué de relever les lacunes qui résultaient des solutions adoptées par l’Etat et qui ont conduit à diviser la Communauté des Refugiés, du fait du caractère discriminant qui a ponctué l’opération de règlement.
En effet, certains refugiés se sont vu accorder des indemnisations symboliques pour préjudice moral de : 1.200.000 UM – 1.100.000 UM – 1.000.000 UM – 90.000 UM, selon la catégorie, le temps de service effectif, etc. ; d’autres refugiés se sont vus exclus du bénéfice de cette réparation, sous le prétexte qu’ils ont été réintégrés avant la nouvelle mesure, et partant donc, leur sort a été scellé d’avance.
Cette décision de l’Etat qui ne renferme aucune considération de droit fondant ce droit (d’exclusion) est perçue comme une mesure illégale incompatible avec le principe constitutionnel tel celui de l’égalité de traitement.
C’est pourquoi, nous n’avions pas hésité à qualifier le comportement de l’Etat de celui « du fait du Prince » dans la mesure où, dans cette posture, il s’est arrogé le privilège du préalable en dehors de toute légalité.
Dans ces conditions, il nous sied de rappeler à votre attention, Excellence Monsieur le Président de la République, « la réintégration du fonctionnaire ne peut être assimilée ou confondue à l’action de réparation pour préjudice moral et ne saurait se substituer à celle-ci ». Elle l’englobe et constitue une mesure visant à rétablir le fonctionnaire évincé dans ses droits par la reprise de ses fonctions.
La jouissance de ces droits est exclusive et appartient seule et seulement à l’évincé ; donc toute décision prise unilatéralement par l’Etat sans son consentement est inadmissible et relève de l’injustice caractérisée.
Excellence, Monsieur le Président
Eu égard au contenu succinct de cet « exposé qui relate brièvement l’angoisse dans laquelle nous vivons », nous vous prions de donner instructions à vos différents Ministres de rouvrir ce dossier déclaré clos par certains officiels, et de lui consacrer un traitement ne souffrant d’aucune équivoque.
Excellence, Monsieur le Président
Espérant vous voir nous rétablir dans la plénitude de nos droits réclamés, nous vous prions de recevoir l’expression de notre haute considération.
Nouakchott, le 15 Janvier 2015
Le Bureau Exécutif
Source : reve8991@yahoo.fr
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