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09-03-2015

15:16

Spécial huit mars/(suite): La condition féminine en République Islamique de Mauritanie

En Afrique en général et en Mauritanie en particulier, les femmes sont celles qui souffrent le plus de la pauvreté, des maladies incurables, de mariages précoces, d’abus sexuel, d’excision… Mais, elles ont résolument décidé de pendre leurs destins en main.

A ne plus rester des victimes résignées et ballotées par un destin implacable. Après quelques profils de femmes brossés pour célébrer la journée mondiale de la femme 2015 célébrée sous le thème : « Femmes en marche pour l'égalité Solidaires contre l'austérité ! », est-ce qu’un autre destin est possible pour cette dernière chez nous. Un dossier de Cridem.

Avec courage, savoir, persévérance et abnégation, le leadership féminin peut exploser dans un pays où elles sont 52% de la population. Certaines éclaireuses donnent l’exemple que malgré toutes les pesanteurs et discrimination, un autre avenir est possible. Un avenir où femmes et hommes vivront, travailleront et s’épanouiront ensemble chacun selon ses potentialités et préférences avec l’égalité des chances comme point de mire. Bien sûr, il n’y a pas de destin forclos, il y a des responsabilités désertées !

Après un demi-siècle d’indépendance, la condition féminine mauritanienne est peu enviable. La santé maternelle est encore à des années lumières des normes de l’OMS. L’éducation des filles connait des fortunes diverses.

Taux de scolarisation en net progrès au primaire et au secondaire, mais faible dans le secteur de l’enseignement supérieur. Victimes de viols, d’incestes et d’excision…ses droits humains sont souvent bafoués. Le 8 mars est par essence la journée d’introspection sur le statut de la femme.

Instituée par les Nations Unies depuis 1977, la journée internationale de la femme est un moment solennel pour aiguiser la prise de conscience féminine et la valorisation du statut de la femme. Cette année le thème porte sur la condition féminine, épouse tous les secteurs où la femme présente encore une pale figure. En Mauritanie, le secteur de l’éducation a connu des progrès satisfaisants.

Le taux scolarisation des filles, à l’école primaire, est en nette progression par rapport aux garçons. Notre pays est l’un des quatre, en Afrique subsaharienne ayant déjà atteint la parité au niveau primaire à côté du Sénégal voisin, du Ghana et du Gabon. Cependant ce taux de scolarisation varie selon les régions.

Il est faible au centre et à l’intérieur profond mais assez élevé dans la capitale et certaines wilayas à forte densité humaine. Mais la problématique du maintien des filles à l’école demeure. Elle continue d’alimenter le débat. Nombre de filles victimes de viols ou exposées aux grossesses ou mariages précoces abandonnent l’école en secondaire. Et, au niveau de l’enseignement supérieur, le taux faiblit davantage.

Concernant l’éducation des adultes, les résultats du Quid (questionnaire unifié des indications de développement) annoncent les taux d’alphabétisation plus élevés chez les hommes que chez les dames, traduisant les énormes disparités qui marquent ce secteur. Au plan social, que de drames se jouent dans les chaumières, surtout sur les viols. La chronique quotidienne de faits divers de notre confrère Abdou Cissé, délivre des récits poignants de cette nouvelle forme de violence faite aux femmes.

Viols sur mineures, mariages précoces et non consentantes occasionnant souvent des grossesses indésirables, tout y passe. D’où le nombre d’infanticide qui ne cesse de croitre d’année en année. Les sorties de plusieurs organisations féminines, les féministes, pour freiner l’ampleur du phénomène, plaident pour le vote de lois sur l’avortement pour les femmes victimes de viol et d’inceste.

Sur un autre registre, le secteur de la santé, l’indice des composantes du Programme Maternel Néonatal (Mnpi), indique que chaque année dans le monde, plus de 500.000 femmes et filles meurent des suites de complications imputables à la grossesse et à l’accouchement. Plus de 99% de ces décès surviennent dans des pays comme la Mauritanie.

Où environ plus de 2.000 femmes et filles meurent chaque année suite aux complications imputables à la grossesse. Bon nombre d’entre elles souffrent aussi d’invalidités causées par les complications lors de la grossesse et de l’accouchement. Le taux de mortalité continue à être trop élevé, se situant à un niveau inacceptable. Il y a tout de même de l’espoir, la plupart de ces décès peuvent être évités à l’aide de services de soins de santé efficaces et accessibles.

De plus en plus de mauritaniennes sont aujourd’hui, capables d’assumer leur citoyenneté de manière pleine et responsable et de se positionner dans tous les secteurs qui déterminent la vie de nationale. Il n’en demeure pas moins cependant que la majorité d’entre elles sont encore tributaires d’une situation sociale qui appelle des mesures spécifiques. La marginalisation de la femme est une donnée structurante de la réalité mauritanienne.

En atteste la réticence des pouvoirs religieux à tout ce qui touche l’autorité parentale. Les faits étant têtus. La transformation de la situation réelle demeure un vœu pieux. En lieu et place on joue sur la gymnastique des vocables, sans s’appesantir sur leur contenu et signification.

En outre, dans une société juste, moderne et démocratique, les composantes les plus fragiles (femmes, enfants, minorités, personnes âgées) doivent compter sur un État qui leur garantisse la sécurité et une vie digne. Le système dans lequel est maintenue aujourd’hui la femme mauritanienne n’est enfin de compte que la résultante de l’échec à la protéger dans un pays où il est interdit qu’elle soit battue.

Cette faillite amène, ainsi, son lot de désastres sociaux et économiques : certaines femmes vendent leur dignité et leur intégrité dans une complaisante effroyable. Certaines familles marchandent leurs filles aux plus offrant, les marabouts maintiennent la société dans une structure féodale et réactionnaire ? Et, l’intelligentsia tantôt démissionnaire, tantôt opportuniste se montre incapable de reformer le système social.

Une intelligentsia composée d’intellectuels et d’opposants endogènes, est plus souvent occupée à décortiquer les intrigues du palais ou à renverser un régime, ignorant que ce qu’elle doit réformer, ce sont les mentalités, les manières de faire, de réfléchir, de vivre, bref, la société toute entière.

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