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04-05-2015

09:54

Les secrétaires généraux face aux contestataires du projet de l’AAAID sur 3200 Ha à Darel Barka

Brahim O Ahmed Heîbe - Une mission dépêchée par le gouvernement Mauritanien et composée du secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed El Hadi Macina et de Iziza Mint Kerballi, secrétaire générale du ministère de l’Agriculture a séjourné à Darel Barka le samedi 2 mai 2015 pour rencontrer les populations opposées à la location de la cuvette de "Karawlatt- Woulou N’Diaye" d’une superficie de 3200 hectares.

En plus de cette mission officielle, le pouvoir a mobilisé tous ses soutiens issus des tribus contestataires.

Il y’a d’abord, Sid’Amin O Ahmed Challa, conseiller à la primature, Ahmedou O Blal, secrétaire général de l’agence Tadamoun, Aîdahi O Cheîkh Ahmed, Ambassadeur de Mauritanie au Yemen et membre de la famille maraboutique de Bled Teîb (qui compte beaucoup de disciples dans la commune de Darel Barka), Mohamed O Soueîdatt maire d’Aleg, Mohamed O Jahloul, président de la fédération UPR du Brakna, Sidi O Yowme, ex-comptable de l’ambassade de Mauritanie à Dakar, Mohamed O Ahmedou, chef général des Oulad Abdallah, Moustapha O Oudaa, président de la section UPR d’Aleg et frère de l’ADG de la SNIM, Cheîkh Mohamed Mahfouth, de la famille maraboutique Bled Teîb ;

Mahi O Oumar O Sidi notable d’Aleg, Moustapha O Abdel Vettah, opérateur politique d’Aleg, Aliou Amadou Aw (Diattar) professeur et militant de l’UDP, Mamadou Boubacar Ly dit commissaire Ly ancien maire de Darel Barka (El Wiam), Fatimata Mamadou Diaw (UPR), cadre de l’aviation civile.

La veille, ces opérateurs politiques favorables aux thèses du pouvoir en place ont fait un intense lobbying auprès des contestataires dans les différentes localités pour briser la contestation. Sid’Amin O Ahmed Challa était en contact avec les éléments de sa tribu, les Gla ammi, le maire d’Aleg, Ould Jahloul et consorts avec les Idachfagha à Reghbe. La réunion a retardé de plusieurs heures dans l’espoir de voir les supporters du pouvoir fléchir la position des Haratines. Du côté des contestataires, on notait la présence de Kane Amadou Tidjane, ancien maire de Darel Barka (UPR), Kebad O N’Déyé ancien député de Boghé (UFP), Cheikh Tidjani O Bleîl (APP), président de la coordination contre l’accaparement des terres, Oumar Ousmane Dia (AJD/MR), Sidi O Yelli (UFP) entre autres.

Peu avant le démarrage de la réunion, la mission dépêchée par le chef de l’Etat a tenu une réunion avec les cadres UPR venus d’Aleg et de Nouakchott dans la résidence du chef d’arrondissement.

Après le mot d’ouverture prononcé par le Wali du Brakna, Ahmedou O Abdallah, c’est le Mohamed El Hadi Macina, secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation qui a pris la parole. Il a salué et remercié l’assistance avant de préciser qu’ils ont été envoyés par le président de la république écouter et sensibiliser les populations de la commune de Darel Barka sur l’importance de ce projet que l’Etat Mauritanien a décidé d’exécuter et qui va dans le sens de l’intérêt général des populations. L’Etat détient la force publique, il est vrai mais, ne veut pas exécuter ce projet sans discuter avec les populations concernées a-t-il ajouté. Ce projet a-t-il poursuivi aura des retombées positives énormes sur le plan local (lutte contre le chômage, l’aménagement de projets hydro agricoles en faveur des populations autochtones, la construction de postes de santé et d’écoles).

Compte tenu du fait que la terre était inexploitée, donc une terre morte a dit le secrétaire général, l’Etat va la mettre en valeur dans l’intérêt des populations. « Moi je suis de cette localité et je ne peux pas être contre l’intérêt de cette localité » a martelé le secrétaire général Macina avant de conclure en demandant aux populations d’être franches avec l’Etat.

Ensuite, c’est la secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, Iziza Mint Kerbali de s’adresser à l’assistance. Après des mots de remerciements à l’endroit de l’assistance, la secrétaire générale a dit que ce projet est une opportunité de développement, une chance pour les populations de Darel Barka. Elle a précisé que la terre appartient à l’Etat. Elle a été louée mais n’a pas été vendue comme le font croire certains. Ce projet avec l’AAAID va contribuer à l’amélioration de la production alimentaire de toute la Mauritanie et lutter contre le chômage a-t-elle dit. Toutes les procédures juridiques de domanialité ont été respectée et il n y’a eu aucune contestation a fait savoir la secrétaire générale. L’Etat a-t-elle poursuivi connait bien l’intérêt des populations.

« Il y’a une opposition au projet dès le début a-t-elle martelé avant de demander aux populations de comprendre que ce projet est dans leur intérêt ». L’Etat, c’est votre état et s’il accepte des doléances de votre part ce n’est pas considéré comme une contre partie. La décision est déjà prise par le gouvernement, il faut l’accepter a-t-elle ajoutée. Il y’a un groupe parmi la population qui s’est opposée à l’étude technique du projet, il doit se raviser et savoir que ce projet peut ne pas voir le jour, il est juste à l’état étude».

Les intervenants au nombre d’une trentaine ont à l’écrasante majorité rejeté le projet. A la différence de la réunion tenue avec le Wali du Brakna le 20 avril 2015, des voix discordantes ont été entendues. Il s’agit du commissaire Ly, de Mohamed O Sneîba, un notable du village de N’Gourdiane qui serait un proche du secrétaire général de l’agence Tadamoun, Marouf O M’Khaîtir de Ould Birome, un proche du SG de Tadamoun, Mohamed O M’Beyarik, un proche de l’actuel maire de Darel Barka, et Aliou Amadou Aw, professeur militant de l’UDP.

En conclusion, le Wali a repris la parole pour remercier la population pour sa discipline et demandé la poursuite de la concertation avec les représentants désignés par les contestataires. L’étude technique va reprendre et les autorités administratives demandent à la population de ne pas entraver le travail de cette mission technique et les contrevenants s’exposeront à la rigueur de la loi a dit le Wali. A sa suite Macina Mohamed El Hadi a dit ne pas comprendre ce rejet aveugle du projet par la population qui n’avance malheureusement pas des propositions alternatives. Les contestataires s’étaient donnés rendez-vous le dimanche 3 mai 2015 dans le village de Reghbe1 pour évaluer la réunion et déterminer la future conduite à adopter.

Compte rendu de Brahim O Ahmed Heîbe



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